L’armée furieuse

Fred Vargas, L’Armée furieuse, Viviane Hamy, 2011 (disponible en J’ai Lu)

Par Catherine Chahnazarian.

Fred Vargas, plus je la lis, plus je l’aime. J’aime le commissaire Adamsberg, étrange et poétique ; j’aime ses acolytes : Danglard, l’encyclopédie, Retancourt, la déesse, Veyrenc, avec ses mèches rousses, Luìs, le voisin espagnol… Tous plus typés les uns que les autres. Leur personnalité et leur consistance restent intactes d’un roman à l’autre, prouesse qui suscite mon admiration. Aussi,  L’Armée furieuse est à la hauteur de la réputation que s’est faite l’auteur. Et rien que pour ça déjà, je lui tire mon chapeau.

L’Armée furieuse commence par un petit chapitre un peu décalé, un peu hors sujet, tout à fait délicieux. C’est le début de la journée d’Adamsberg, et ce qui se passe dans ces premières pages n’est pas le début de l’intrigue du livre. C’est juste comme un petit cadeau que l’auteure nous fait, une petite nouvelle qui nous replace en douceur dans le monde de Fred Vargas et dans l’univers mental d’Adamsberg. C’est juste étrange, beau et fin et ça m’a laissée tellement heureuse, sur le coup, que j’ai attendu quelques jours avant de lire la suite, d’entamer, en fait, le roman.

Fred Vargas impose au lecteur des personnages bruts, culturés voire stéréotypés, mais singuliers et nus. On aurait pu les ignorer et on se retrouve, en quelque sorte, à les fréquenter. Comme cette fratrie de surdoués fous, démolis par la violence du père, bizarres et attachants. Une fois que l’auteure nous les a mis sous les yeux, on les sait et on compose avec leur existence, avec leurs valeurs et leurs croyances. L’auteure nous rend, en quelque sorte, tolérants.

L’Armée furieuse est un livre à double intrigue. Le commissaire Adamsberg est pris par deux affaires à la fois et ce qui se passe dans son esprit est encore plus intéressant que d’habitude, son système de fonctionnement, sa relation aux autres. L’une des intrigues nous mène en Normandie et – purée ! – je me serais bien assise moi aussi sous ce pommier pour prendre le café du matin…

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : aux éd° J’ai Lu ; nos autres critiques de Fred Vargas dans le classement par auteur.

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑