Deux nouvelles

Par Catherine Chahnazarian.

Récemment, deux courtes oeuvres publiées sur Nouvelle Donne (qui promeut la nouvelle littéraire – à ne pas confondre avec l’association politique homonyme) m’ont procuré grand plaisir :

Hervé Gasser, « On voit s’obstiner, chez le poète vieilli, une volonté d’éblouir », Nouvelle Donne 2020

Un texte un peu farceur, superbement écrit. En quelque sorte, sur l’art de transmettre une bibliothèque à ses héritiers ! Une affaire peut-être pas très originale, mais si bien menée qu’on passe un excellent moment de plaisir.

Liens : la nouvelle en PDF ou sur le site de Nouvelle Donne.

Jean-Yves Robichon, « Comme à Ostende », Nouvelle Donne, 2020

Poignante. Une nouvelle en forme de journal, écrit par un adolescent à qui sa mère manque. En quelques phrases, l’auteur plante une atmosphère, suggère des caractères, exprime un malaise. Quel bon texte !

Liens : la nouvelle en PDF ou sur le site de Nouvelle Donne.

Empire

Alberto Angela, Empire, Payot et Rivages, 2016

Par Pierre et Catherine Chahnazarian.

— Je lis Empire, s’exclame Pierre, l’histoire du sesterce. Vulgarisation un peu didactique et moralisante, mais c’est passionnant, on apprend beaucoup et c’est amusant !

L’idée de départ est toute simple : on suit un sesterce qui passe de main en main, voyageant ainsi à travers tout l’empire romain, alors sous le règne de Trajan (l’empereur préféré d’Alberto Angela). C’est l’occasion de rencontrer des personnages représentatifs de ce qu’a pu être cet immense État – différentes nationalités, différents types sociaux, différentes occupations, différents modes de vie – où tout le monde parlait le latin et où la même monnaie était en vigueur. Ce « docu-fiction », comme le définit l’auteur lui-même, repose sur des savoirs historiques au point que la plupart des dialogues tenus par les personnages sont issus de textes latins parvenus jusqu’à nous.

Le découpage est géographique et une table, en fin d’ouvrage, reprend, ville par ville, le détail des chapitres – aussi variés que « Envoie-moi deux caleçons », « Parier au Circus Maximus », « Comment faire sauter une montagne sans dynamite » ou « Des villes dangereuses ? »

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; notre critique d’Une journée dans la Rome antique, du même auteur.

Une journée dans la Rome antique

Alberto Angela, Une journée dans la Rome antique, Payot, 2020

Par Catherine Chahnazarian.

Étonnante conception que celle de ce livre. L’auteur vous invite à visiter Rome en 115 après Jésus-Christ, sous le règne de l’Empereur Trajan. Vous vous levez à l’aube pour rencontrer votre guide et vous partez avec lui pour la journée !  Et comme ce guide est un archéologue italien auteur de nombreux documentaires historiques pour la télévision, vous entrez dans une sorte de script : vous êtes à la fois acteur et spectateur d’un documentaire – qui se déroule dans votre tête, parce qu’Alberto Angela sait que vous avez mémorisé des représentations diverses et s’appuie dessus, parfois pour les démonter, souvent pour les compléter. Selon votre culture romaine, vous apprendrez donc plus ou moins de choses – au cours de moments très intégrés à votre balade (vous arrivez devant un temple, l’autel est à l’extérieur, sur la place, et ça sent encore l’encens car un office vient de se terminer) ou plus proches du cours d’histoire, comme quand votre guide touristique s’arrête pour vous donner une explication. C’est un peu déroutant mais ça fonctionne bien et ça permet à l’auteur, au fil de cette journée balisée par un horaire précis, d’organiser ses chapitres selon des thèmes variés : Que mangent les Romains au petit-déjeuner ?  Que vaut un sesterce ? Comment faire quand on a une envie pressante en rue ? Etc.

L’ensemble ne se lit donc ni comme un roman, puisqu’il n’y a aucune intrigue, ni comme un livre d’histoire classique. C’est vraiment un documentaire, qui s’adresse à tous et vous permet d’observer la vie quotidienne des Romains du IIe siècle, riches et pauvres.

Quelques pages étant consacrées à la sexualité des Romains, je dirais que le livre peut être lu à partir de 15 ans – les parents décideront.

Catégorie : Essais, histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Le Destin brisé d’un village français

Pierre Bussière, Le Destin brisé d’un village français, TDO Éditions, 2016 (existe en Pocket)

Par Catherine Chahnazarian.

Ce bon roman aux parfums de terroir vous transporte près de Gap, dans les Hautes Alpes, entre 1888 et 1896. Chaudun est un petit village entouré de bois, de pâtures et des petits champs que les Chauduniers travaillent courageusement pour gagner tout juste de quoi vivre. Pendant les longs mois d’hiver, le village est inaccessible, donc isolé. Certains rêvent d’une vie meilleure… Et on leur en promet une en Algérie, au Canada ou aux États-Unis d’Amérique.

Ce roman historique raconte l’énorme sursaut d’orgueil d’un maire qui refuse la perspective que ses administrés désertent la terre de leurs ancêtres, celle qui nourrit leurs familles depuis toujours. C’est tellement bien mené qu’on a l’impression de faire partie des villageois et de devoir choisir de partir ou rester. Le vocabulaire précis et les expressions de patois du pays (savoureuses, traduites en bas de page) contribuent à vous plonger dans ce monde vrai, cette vie pauvre, cette société d’entraide (même si c’est par nécessité), bien sûr très patriarcale.

Pierre Bussière orchestre très bien sa description de la vie à Chaudun à la fin du XIXe siècle, les rythmes imposés par les saisons à l’agriculture et à l’élevage, et l’intrigue historique, humaine, qui vous plonge dans le tragique. Il subsiste, hélas, des erreurs dans le texte qui nous est proposé, certaines grossières. Il manque la dernière relecture d’un éditeur avisé ! Mais cela vaut vraiment la peine de passer outre car l’argument est excellent, la documentation indiscutable, l’écriture de qualité, et un réel suspense se développe.

À lire pour l’expérience de vie, pour l’ambiance, pour l’orgueil, pour l’espoir, et pour réfléchir à la tension entre développement et nature, mondialisation et écologie.

Catégorie : Littérature française.

Liens : Lisez.com.

La commode aux tiroirs de couleurs

Olivia Ruiz, La commode aux tiroirs de couleurs, J.-C. Lattès, 2020

Par Catherine Chahnazarian.

Dans les tiroirs de la commode de son Abuela – sa grand-mère –, enfouis parmi le fatras divers, une jeune femme trouve les objets qui constituent le legs, surtout symbolique, qui lui est fait, à commencer par cette longue lettre dans laquelle son Abuela lui raconte sa vie en neuf chapitres poignants. Victime du franquisme, de l’exil et de ses fantômes, ce caractère fort, en quête de racines et de liberté, aura connu la colère et l’amour, la souffrance et la volonté de continuer.

Ce merveilleux récit est conçu et écrit avec finesse et sensibilité. Il est fluide comme s’il coulait directement vers nous de la bouche de cette femme, une nuit, la nuit de la révélation.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Le Triomphe des Ténèbres

Jacques Ravenne et Éric Giacometti, Le Triomphe des Ténèbres, J.-C. Lattès, 2018 (disponible au Livre de Poche)

Par Catherine et Pierre Chahnazarian.

Le sujet de ce roman est le rapport du nazisme à l’ésotérisme, sujet très documenté aujourd’hui, et les auteurs ont visiblement plongé avec passion dans cette documentation. Ils en tirent un gros roman bien construit.

— J’ai bien aimé la trilogie à laquelle ce roman appartient, dit Pierre, parce que le sujet m’intéresse, même si d’autres auteurs ont fait de meilleurs romans sur le nazisme, comme Philippe Kerr, hélas décédé. Mais chez Ravenne et Giacometti, il y a des trucs pas mal faits, avec Churchill, des réseaux anglais, la résistance…

— Moi l’écriture m’a déçue, notamment des phrases choc excessives et des erreurs qu’on n’a pas d’excuse d’avoir laissé passer quand on est deux plus un éditeur. Ça m’a gâché la lecture. C’est vraiment dommage, surtout à ce niveau-là de connaissance du sujet. Mais je comprends qu’on passe outre et qu’on apprécie le livre voire la série : Le Triomphe des Ténèbres (2018), La Nuit du Mal (2019), La Relique du Chaos (2020).

Catégorie : Littérature française (roman historique).

Liens : chez l’éditeur ; au Livre de Poche.

La série des « Poulets grillés »

Sophie Hénaff, Poulets grillés, Rester groupés et Art et décès, Albin Michel, 2015, 2016 et  2019 (disponibles en Livre de Poche)

Par Catherine Chahnazarian.

J’ai dévoré ces trois polars à la suite l’un de l’autre et, le troisième à peine terminé, les personnages me manquent déjà ! Car l’humain tient, chez Sophie Hénaff, une place de choix. Ces « poulets » sont ceux d’une équipe de la police judiciaire parisienne qu’on voit grossir, se souder, et à laquelle on ne peut que s’attacher, chacun des personnages ayant ses fêlures et ses différences, et tenant un rôle spécifique dans les intrigues et les rebondissements. Rebondissements qui savent nous prendre par surprise : les actions sont comme des trébuchements, elles avancent, titubent comiquement, sont tout sauf linéaires, et c’est très bien comme ça.

Dans Poulets grillés, la brigade des Innocents se constitue, ramassis de policiers dont les autres services ne veulent pas, dirigée par la commissaire Anne Capestan, intelligente et orgueilleuse, têtue et diplomate, une excellente flic et une chef sans besoin d’autorité – c’est un exemple de lucidité et de tolérance ! On y rencontre notamment Louis-Baptiste Lebreton, grand et bel homme, droit et triste – une occasion pour l’auteure d’aborder l’homophobie sous un angle inattendu, avec une finesse remarquable. Poulets grillés est le plus étonnant des trois romans. Peut-être du fait que quelque chose s’y construit contre toute attente ; certainement en raison de ses multiples qualités : originalité, sensibilité, justesse du ton, intelligence de la construction et j’en passe. Il mérite amplement les prix qui lui ont été attribués ! La brigade y résout sa première affaire puis, dans Rester groupés, alors qu’elle se croyait placardisée et juste bonne à enchaîner les parties de billards dans la « salle de jeu » du commissariat, l’équipe est plongée dans une nouvelle enquête, construite sur un modèle à tiroirs qui fonctionne parfaitement bien, avec notamment des courses-poursuite dans Paris, dont une qui m’a beaucoup fait rire, et une scène de rue (une manifestation de hooligans) exceptionnelle. Cet opus est le plus épique des trois, et la palme de l’originalité et de la drôlerie y revient sans conteste à Saint-Lô, le mousquetaire de la brigade. D’une dynamique assez différente, Art et décès, comme son titre l’indique, se situe dans le milieu du cinéma – à peine caricaturé –, autour du personnage d’Eva Rosière, capitaine excentrique s’étant enrichie sur le dos de la police (je vous laisse découvrir comment). Elle est cultivée et vulgaire juste ce qu’il faut pour constituer un excellent personnage de polar ! Dans cette histoire, un bébé vient constamment interférer et participera d’ailleurs à la résolution finale – un fameux clin d’œil aux femmes seules qui jonglent au quotidien entre enfant(s) et travail. C’est l’épisode le plus burlesque, et peut-être celui par lequel Sophie Hénaff démontre définitivement qu’elle n’est pas une auteure d’occasion, que les premiers opus n’étaient pas accidentels : elle a décidément à la fois une grande capacité à caractériser ses personnages, un fameux talent de narratrice, d’excellents dialogues et un style affirmé, homogène, drôle et efficace.

Une mention particulière pour ces tout petits chapitres, un pour chaque personnage dans chaque opus, distribués ici et là au fil des occasions et qui tombent toujours juste. Impressionnistes, hors champ, inattendus, délicieux, ils atteignent leur cible à chaque fois : le cœur du lecteur.

Inutile de dire que j’espère une suite !

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : La page consacrée à l’auteure chez son éditeur. Au Livre de Poche : Poulets grillés, Rester groupés, Art et décès.

L’outsider

Stephen King, L’outsider, Albin Michel, 2019

Par Catherine Chahnazarian.

C’est parce qu’il fait huit cents pages qu’il n’y a pas moyen de lire d’une traite ce roman qui commence comme un policier et se transforme progressivement en thriller, tendance fantastique.

Pour l’inspecteur Ralph Anderson, un homme ne peut pas être à deux endroits à la fois. Pour moi non plus. Et j’ai peut-être été d’autant plus scotchée à l’intrigue que j’attendais avec avidité une solution rationnelle. Stephen King sait s’adresser aux incrédules : le roman plonge le lecteur dans un univers d’un réalisme étonnant. Les décors et des allusions à l’actualité placent l’enquête dans un contexte très situé, dans lequel on se retrouve, même si l’on n’est pas américain. Les personnages sont formidables, tous différents, crédibles, humains, eux-mêmes. Ce qui leur arrive est traité par eux – à une exception près – avec la rationalité que des personnes ordinaires y mettent forcément. Et comme tout ce qui rend progressivement l’affaire plus complexe, les personnages plus tendus, l’enquête plus délirante, empêche le lecteur de prévoir quoi que ce soit et de s’endormir sur son livre, L’outsider est palpitant du début au dénouement, qu’on aime ou pas le fantastique.

Stephen King, qui a une cinquantaine de romans à son actif et quelques excellentes nouvelles, reste capable de livrer des textes de grande qualité. Celui-ci ne dément vraiment pas sa réputation : il est très bon, intelligent et spirituel. Mon seul regret réside dans cette solution du fantastique, que je trouve de facilité pour un auteur d’une telle inspiration et d’un tel talent, en particulier dans ce roman-ci. Mais c’est affaire de goûts personnels et – j’y insiste – j’ai vraiment beaucoup aimé L’outsider.

Certains chapitres sont des petits bijoux : une scène de rue au cours de laquelle quelques personnes tentent de gravir un escalier dans une bousculade ; un suicide, à la fois dramatique et cocasse, écrit sans aucun irrespect pourtant ; une fusillade qui vous donne très envie de courir aux abris !

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction : Jean Esch.

Liens : chez l’éditeur ; au Livre de Poche.

Là où chantent les écrevisses

Delia Owens, Là où chantent les écrevisses, Seuil, 2018

Par Catherine Chahnazarian.

Le marais, les oiseaux et l’océan tumultueux des rives de Caroline du Nord constituent non seulement le décor mais le point d’appui essentiel de cet excellent roman. Les lagunes, la boue, les plages, les hautes herbes, les pinèdes et les forêts de chênes, les coquillages, les hérons, les goélands, la nature, enfin, y façonne les personnages, en particulier l’héroïne, Kya, six ans au début du livre. L’auteure harmonise avec un talent spectaculaire une approche documentaire, sa connaissance des hommes, un bon sens de la littérature et, notamment, du suspense. Car deux fils narratifs se déroulent et vont se rejoindre : Kya est enfant, grandit tant bien que mal, devient une femme… et le shérif de la petite ville proche de chez elle enquête sur une mort suspecte.

On pourrait être tenté, par moment, de reprocher à Delia Owens des passages lisses, trop beaux, d’un romantisme à l’américaine qui se nourrit de bons sentiments et qui veut que les tensions s’apaisent à la fin. Mais, loin d’être mièvres, chacun de ces passages est assorti d’un sentiment de danger ou d’une laideur sous-jacente qui grignote le beau, et plusieurs événements ramènent l’héroïne – et le lecteur – à d’autres états d’âme. Sur fond d’ostracisme envers les pauvres et de racisme contre les Noirs, l’auteure joue avec nos peurs fondamentales, celles de l’abandon, de la violence et de la mort. Et elle joue avec nos nerfs aussi bien qu’avec nos hypothèses d’explication, de suite ou de résolution.

J’ai adoré. Pour l’ambiance des marais, imprévue, saisissante, qui nous aspire en elle. Pour ce personnage de Kya, terriblement identificatoire. Pour l’affaire policière, ses rebondissements et son issue.

Prévoir une boîte de mouchoirs.

Catégorie : Littérature anglophone (U.S.A.). Traduction : Marc Amfreville.

Liens : chez l’éditeur.

Au 5e étage de la faculté de droit

Christos Markogiannakis, Au 5e étage de la faculté de droit, Albin Michel, 2018 (disponible au Livre de Poche)

Par Catherine Chahnazarian.

Au département de criminologie de l’université d’Athènes, il fait bien noir dans le couloir…

Le capitaine Markou, qui enquête sur un double meurtre, est dans son élément : il a fait son Master de criminologie dans cette université, au 5e étage de la faculté de droit où les faits se sont produits. Et auprès de qui enquêter sinon de l’équipe professorale qu’il a connue, dont les bureaux donnent dans ce couloir ? (Et dont le métier est précisément d’étudier le crime, de jongler avec mobiles, preuves et alibis, psychologie des criminels et techniques de police.)

Peu axée sur les expertises scientifiques, l’enquête de Markou va surtout reposer sur des interrogatoires, recroisant des témoignages pour tenter de démêler l’écheveau des amitiés et des inimitiés, des secrets et des mensonges. Dans les derniers chapitres, il nous fera une démonstration finale à la Poirot – dont il s’étonne lui-même d’en arriver là ! Et comme les protagonistes, le lecteur est obligé de l’écouter pour comprendre le pourquoi du comment du qu’est-ce, car ce récit, bien mené, comportant parfois des chapitres inattendus, un peu déroutants et relançant l’intérêt, nous tire vers le dénouement comme par le bras, sans nous lâcher.

L’auteur aussi est dans son élément : criminologue, il a étudié à Paris et… à Athènes. Le réalisme en est aussi amusant (surtout si on a fait des études universitaires) que saisissant. C’est peut-être un peu bavard à la fin pour faire durer le suspense — mais je pinaille.

Bonne pioche.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grèce). Traduction : Anne-Laure Brisac.

Liens : chez Albin Michel ; au Livre de Poche.

Un dernier pas de danse

Anabelle Read, Un dernier pas de danse, Nouvelles plumes, 2018

Par Catherine Chahnazarian.

Une jeune femme au caractère déterminé se voit confrontée à une série d’événements dont elle veut d’abord croire qu’il s’agit d’accidents ou de broutilles sans importance. Et pourtant…  Autour d’elle, pour une raison que je vous laisse découvrir, plusieurs flics, new-yorkais et français, dont un homme grand, fort et terriblement sexy… Eh oui ! Le lecteur – la lectrice – va fondre et trembler !

J’ai hésité à chroniquer ce roman policier. Il n’est vraiment pas mauvais mais il bascule de temps en temps dans le style romance qui n’est ni ma tasse de thé, loin s’en faut, ni a priori celle des abonnés des Yeux dans les livres. J’ai pourtant envie de donner un petit coup de pouce à cette auteure dont c’est le premier roman. Car si, pour moi, il manque à cet ouvrage quelque chose qui relèverait de connaissances littéraires un peu plus fines, et humaines aussi (car la psychologie des personnages et leurs réactions aux événements sont assez simples), Anabelle Read a des qualités de bonne romancière : des facilités d’écriture, de l’inspiration, un bon sens de la construction et du suspense, un certain perfectionnisme.

Un dernier pas de danse est une oeuvre agréable à lire pour se distraire si l’on n’est pas spécialement amateur de grande littérature avec un grand G et un grand L – et on n’est pas obligé de l’être.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur, mais attention que cette page en dit trop sur le livre, comme la 4e de couverture qui en est la reproduction !

Un fils parfait

Mathieu Menegaux, Un fils parfait, Grasset & Fasquelle, 2017 (existe en Points)

Par Catherine Chahnazarian.

Sur un ton vif, enlevé, Daphné écrit à sa belle-mère pour lui donner sa version de l’histoire qu’Élise ne connaît qu’à travers les dires de son « fils parfait », sa traduction des événements. Elle explique ce que Maxime est réellement. Elle raconte tout : la surprise, la négation, le doute, la rage, l’écroulement du monde, l’injustice. Est-il vraisemblable qu’Élise ait la curiosité et surtout le courage de lire cette longue lettre dans laquelle la monstruosité progresse irrémédiablement ?  Ça n’a pas d’importance. Pour Daphné, la narratrice, la vérité doit être dite. Toute la vérité. Et nous, lecteurs, nous sommes pris par ce récit habile, réaliste, affolant, nous ressentons la sincérité et l’angoisse d’une mère qui va devoir protéger ses deux petites filles.

Avant d’en entamer la lecture, mieux vaut peut-être être averti que ce très bon roman – inspiré d’une histoire vraie – parle de l’inceste.

La première moitié du livre, psychologique, met en place la périlleuse situation de cette femme qui croyait avoir épousé un homme merveilleux. Daphné dit sa naïveté, son aveuglement, sa culpabilité bien sûr, le basculement du bonheur dans l’horreur. La seconde moitié est celle du combat, de l’insuffisance des lois de la République, des erreurs commises, des apparences trompeuses, des scandaleuses complaisances. Militantes, ces quelque quatre-vingts pages inquiètent, écœurent – et passionnent parce qu’il s’agit tout de même d’un roman. Mais la mise en forme romanesque s’efface le plus souvent, et nous oblige à penser à toutes les Daphné, aux Claire, aux Lucie et aux autres.

Catégorie : Littérature française.

Liens : le roman chez Grasset ; l’auteur aux éditions Points.

Dis, c’est quoi la démocratie ?

Vincent de Coorebyter, Dis, c’est quoi la démocratie ?, Renaissance du Livre, 2020

Par Catherine Chahnazarian.

Est-ce que mon vote sert à quelque chose ? Pouvons-nous obliger nos représentants à nous rendre des comptes ? Qu’est-ce que le tirage au sort ? Peut-on réclamer la démission d’un président élu quand on est mécontent ?…

Dans un tout autre registre que Jean-Claude Kaufmann dont François Lechat nous a parlé récemment, le philosophe et politologue belge Vincent de Coorebyter explique la démocratie à travers les questions qu’elle pose actuellement – les questions que pose un candide à un expert qui, d’une idée à l’autre, décortique le concept de démocratie sans reprendre le B-A-BA traditionnel et scolaire auquel on pourrait s’attendre. Et ce candide n’est pas un innocent ; il est déterminé, et ses questions vont toujours dans un sens précis : comment, malgré des écueils, des limites et des défauts, la démocratie peut-elle être aussi démocratique que possible ?

Le jeu de questions/réponses, qui est le principe premier de la collection, est si fluide et efficace que l’ouvrage peut se lire d’une traite. À la fois sans simplisme et sans complications, ces 80 pages s’adressent à tous, adultes aussi bien qu’ados, et autant aux Français qu’aux Belges. Voilà une bonne occasion de comparer les deux systèmes politiques et, peut-être, de mieux comprendre les phénomènes électoraux qui se produisent dans des pays voisins ou plus lointains ; de comprendre sur quels écueils butent les gilets jaunes les plus radicaux ; de comprendre ou confirmer ses propres attentes, déceptions et espoirs.

Limpide et éclairant.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur. Voir aussi Malaise dans la démocratie (J.-P. Le Goff), L’archipel français (J. Fourquet), La fin de la démocratie (J.-C. Kaufmann). Lire également Deux figures de l’individualisme de Vincent de Coorebyter.

Élevez le niveau !

Mary Higgins Clark

Par Catherine Chahnazarian.

Paix à son âme, mais lisez autre chose. J’ai acheté un Mary Higgins Clark en partant en vacances pour en avoir lu au moins un dans ma vie et pour me distraire dans le train. Dernière danse (2018). C’était encore pire que ce à quoi je m’attendais. Ce livre, écrit sans style au point qu’il aurait pu être l’ouvrage de n’importe qui, se déroule dans une petite ville des Etats-Unis dont on n’apprend rien et qui ne nous apprend rien sur l’Amérique ou les Américains ; les personnages sont insignifiants ; le meurtre qui a été commis n’a rien pour nous toucher ; et le bon se mariera avec la gentille à la fin. Difficile de faire plus léger et stéréotypé. Même le suspense est relatif, car on comprend qui est l’assassin vers la moitié du livre (si on lit vraiment sans réfléchir) : il est grand et séduisant mais il met mal à l’aise, et il sera arrêté à la fin. Voilà, vous savez tout.

Une dame rencontrée dans le train au retour de ces vacances, et qui m’avait vue jeter le livre dans une poubelle sans états d’âme, me disait son amertume devant les choix offerts en gare pour se divertir pendant le voyage : nombre de ces romans lui sont tombés des mains alors que « Je ne suis pas une grande lectrice et je lis juste pour passer le temps. » (Lisez Robert Harris ou l’un des auteurs recommandés sur Les yeux dans les livres !) Une autre, intervenant dans la conversation, était bien d’accord avec nous : elle avait feuilleté en kiosque un roman à l’eau de rose comme elle croyait « qu’on avait cessé d’en écrire après la première Guerre Mondiale ».

Alors nous lançons un vibrant appel aux responsables des points presse des gares de France : par pitié, élevez le niveau !

Catégorie : Policiers et thrillers, Stylo-trottoir.

L’effet miroir et La face cachée

Vincent Rémont, L’effet miroir et La face cachée, Vincent Rémont, 2019

Par Catherine Chahnazarian.

Un petit extra, sur ce blog où nous ne critiquons en principe que des livres qui ont trouvé (un vrai) éditeur ; bien que L’effet miroir ait d’abord été publié chez Incartades avant d’être partiellement réécrit et réédité par l’auteur. Petit extra pour ces deux polars qui forment une suite et tiennent la comparaison avec nombre de romans grand-public en vente dans les supermarchés (ceux-ci se commandent directement à Vincent Rémont).

Xavier, qui a l’ambition de devenir écrivain, achète une vieille machine à écrire Underwood. Mais celle-ci lui joue le mauvais tour de le transporter dans la peau de quelqu’un d’autre… et ce n’est pas un cadeau.

Il ne manque à cette histoire que la relecture d’un bon éditeur, qui aurait pu faire couper quelques petites répétitions dues à la structure à plusieurs voix, structure efficace qui ménage des suspenses réussis et permet d’introduire progressivement des personnages qui ont leur épaisseur. Ajoutons que l’écriture se tient : homogène et efficace elle aussi, au service de l’histoire.

Ce n’est pas une découverte extraordinaire mais, je le rappelle, de la veine des polars grand-public, adaptés à ces moments de détente où l’on se laisse glisser dans la peau d’un personnage, dans la peau… d’un autre.

Catégorie : Policiers et thrillers. Extras.

Liens : le blog de l’auteur.

Congo

Éric Vuillard, Congo, Actes Sud, 2012 (disponible en Babel)

Par Catherine Chahnazarian.

Ce court livre est à peu de choses près une suite de portraits. On n’avait pas besoin d’un nouveau livre d’histoire (il y en a plein), ni que ce soit un roman : en la matière, tenter d’être objectif c’est risquer de ne pas dénoncer avec assez de force ; être romanesque c’est risquer de ne pas être cru. Alors Vuillard s’exprime à travers une série de portraits, issus d’une documentation notamment photographique : « Si je veux mettre à côté de ces géographes en habit un nègre du Congo (…) qui peut m’en empêcher ?» (p. 70). Il évoque la Conférence de Berlin (1884-1885) où des messieurs aux mains propres ont scellé le destin du Congo sous prétexte de libre-échange ; il décrit Chodron de Courcel, Malet, Léopold II, Stanley, Lemaire, Fiévez. On passe du cynisme à la folie et au sang. C’est que Vuillard éprouve un besoin irrépressible de dire le mal qui a été fait là-bas. C’est pourquoi son style, pourtant fluide et poétique, sait aussi être incisif, clair et net. Bien sûr, comme tout coup de gueule, ce texte échappe à la perfection des grands écrits. La fin, un peu déjantée, et certaines métaphores filées qui exigent une lecture attentive, ne doivent pourtant pas balayer la saine révolte qui est, à mon sens, ce qu’il faut retenir : « Bien sûr, un nom, ce n’est pas grand-chose, c’est tout petit un nom, plus petit encore qu’un visage, et si fragile ! Oui, ce n’est rien du tout un nom de petit garçon, et Yoka, à qui les hommes de Fiévez et la loi de Fiévez ont coupé la main, il se tient devant nous, le visage fermé, et par un petit trou son âme nous regarde. Dieu que ça fait mal une âme ! Que c’est petit et violent ! » (p. 72).

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Hommage à Philippe Carrese

Hommage à Philippe CARRESE

Par Catherine Chahnazarian, avec la collaboration de Jacques Dupont-Duquesne.

Un jour, Jacques m’a dit : « Il y a un réalisateur de France 3 qui écrit des polars, tu devrais essayer. Il prétend qu’il écrit des séries B, et il assume, mais il s’est fait une sacrée réputation à Marseille. »

Ma curiosité était piquée : je me suis procuré Une petite bière, pour la route, qui venait de sortir. Comme ça m’a amusée, j’ai poursuivi avec Le bal des cagoles, que j’ai juste adoré et qui avait reçu le prix SNCF du Polar. Et dans la foulée, j’ai lu Conduite accompagnée, qui ne peut que parler aux jeunes qui apprennent à conduire, aux parents de ces derniers, aux moniteurs d’auto-école et à tous ceux qui empruntent régulièrement les grands boulevards marseillais. Ces trois opus, publiés au Fleuve Noir en 2000 et 2002, sont restés mes préférés. Ce n’était pas difficile de trouver un Carrese : il y a en avait dans toutes les librairies de la région. Quand on débarquait à Marseille ça aidait à se familiariser avec les personnages typiques de cette ville haute en couleurs, de comprendre la philosophie de la « cagole » [1]  et du « cake », et d’apprendre les expressions qui vont avec, comme le célèbre « on craint dégun » [2].

Dans la même veine, Philippe Carrese avait écrit un Petit lexique de ma-belle-Provence-que-j’aime, avec son ami Jean-Pierre Cassely : « Le premier Guide-Lexique foncièrement stupide, inutilement cruel et d’une mauvaise foi absolue sur la Provence » (Jeanne Laffitte, 1996, disponible en réédition numérique FeniXX). Vous voyez le personnage…

Mais il n’a pas fait qu’en rire. En 2006, il a poussé un coup de gueule intitulé « J’ai plus envie », qui traduisait – faut-il en parler à l’imparfait ? – qui traduisait si bien le malaise ressenti par de nombreux Marseillais qu’il a fait le buzz.

Puis, désireux de passer à autre chose, Philippe a écrit Enclave (Plon, 2009), un roman sérieux sur le pouvoir et la tentation totalitaire.

En 1945, les Allemands abandonnent le camp de Medved, au nord des Carpates, en Slovaquie. Les prisonniers… prisonniers de cette enclave entre une rivière et des montagnes infranchissables, décident de s’organiser en république. Le récit se développe à travers le regard d’un jeune garçon qui tient une sorte de journal de cette société dans laquelle, bien sûr, le pouvoir va faire ses ravages. L’écriture simple de Philippe Carrese, tout à fait sans prétention, met à la portée de tous un récit humainement puissant qui s’appuie avec intelligence sur l’Histoire. Lire la suite « Hommage à Philippe Carrese »

Hommage à Robert Harris

Hommage à Robert Harris

Par Catherine Chahnazarian.

« Tous mes livres sont sur le pouvoir », dit Robert Harris (2019). C’est pourquoi on y trouve toujours l’ambition, la vanité, le courage, la lâcheté, le secret, le mensonge, l’admiration, la peur et quelques autres ingrédients qui font mouche. Robert Harris sait nous parler de choses qui font partie de nous : il sait s’adresser à notre culture, pas celle qu’on étale mais celle qui nous a façonnés. Dans ses histoires, il y a l’Histoire, et la nature humaine, la nôtre et celle de ses personnages, qu’on ne peut mettre à distance, qu’on découvre, qu’on vit et qui laissent des traces en nous comme si on les avait croisés. Il nous emmène aussi bien dans la Rome antique (avec Pompéï et la trilogie autour de Cicéron : Imperium, Conspirata, Dictator) que dans l’Allemagne nazie (Fatherland Munich), l’Amérique et l’Angleterre politiques récentes (L’homme de l’ombre), la France de l’Affaire Dreyfus (D.) ou le Vatican (Conclave).

Tous ses romans sont des thrillers, dans lesquels Robert Harris mêle avec une habileté déconcertante les personnages historiques et fictionnels, les lieux et les faits historiques et imaginaires. Journaliste en pratique et historien dans l’âme, il pose sur les événements un regard bien à lui, respectueux des vérités et libre face à elles. Je suis admirative de sa grande culture sans forfanterie, de son style sans effets ostentatoires, de son sens aigu de la littérature – par opposition aux auteurs qui ne sont que mots, aux romans qui ne sont que ficelles, à ceux qu’on a envie de lâcher en route et à ceux qu’on oublie aussitôt.

Certains, un peu moins aboutis, ne sont plus disponibles que d’occasion (Enigma, Archange), mais ses autres livres sont disponibles en français chez Plon dans les remarquables traductions de Nathalie Zimmermann.

J’aurais du mal à dire lequel je préfère : Conclave, peut-être, que je trouve presque parfait ; D., que j’ai adoré ; Fatherland, qui est une idée géniale et rudement bien menée ; la trilogie sur Cicéron, qui m’a fait voyager dans le temps et l’espace…

       

Un nouvel opus vient de sortir en anglais : The second sleep (septembre 2019). J’attends avec impatience sa traduction française. Je vous ferai une critique, pour sûr.

Robert Harris a 62 ans. Il a travaillé à la BBC et pour différents journaux anglais. Il vit en Angleterre.

Catégories : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne) ; Extras.

Liens : Robert Harris chez Penguin, son éditeur anglais, et chez Plon. Plusieurs de ses romans ont été chroniqués sur Les yeux dans les livres ; ils sont accessibles depuis le classement par auteurs. Et voici un bon article assez récent du Guardian, pour ceux qui lisent l’anglais.

13 à table (hiver 2019-2020)

Les Restos du Coeur, 13 à table, Pocket, 2019

Par Catherine Chahnazarian.

Dans « Dorothée », de Michel Bussi, un vendeur de chez Renault fait plus de quatre heures de route au volant d’une voiture formidable – mais avec une enquiquineuse de première. Oserais-je dire qu’il m’a embarquée ?

Chelly s’est arrêtée dans une station-service de nuit pour prendre un café. Pourquoi est-elle là ? C’est ce qu’Adeline Dieudonné nous raconte dans une excellente nouvelle éponyme, soignée et très aboutie, qui donne envie de lire ses romans.

« Le regard de la Méduse », d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne, nous emmène à Florence où une touriste française traîne son adolescente de fille dans un musée. Et tout ce qui intéresse Chloé, c’est de faire des selfies ! Surprenante et interpellante idée que l’argument, assez sophistiqué, de cette nouvelle. Très d’actualité. À débattre…

Et ceci n’est qu’un petit aperçu du recueil de cette année. Car, sans faillir à ce qui devient, heureusement et hélas, une tradition, dix-sept auteurs et tous ceux qui sont associés à cette édition offrent un recueil de nouvelles aux Restos du Coeur – cette fois autour du thème du voyage.

Philippe Besson, Françoise Bourdin, Michel Bussi, Adeline Dieudonné, François d’Epenoux, Éric Giacometti, Karine Giebel, Philippe Jaenada, Yasmina Khadra, Alexandra Lapierre, Agnès Martin-Lugand, Nicolas Mathieu, Véronique Ovaldé, Camille Pascal, Romain Puértolas, Jacques Ravenne et Leïla Slimani.

Une belle brochette. Brochette ? Manger ? 1 livre (à 5 euros à peine) = 4 repas offerts !

Catégorie : Nouvelles.

Liens : le livre sur Lisez.com ; Les Restos du Coeur.

Questions sur l’Encyclopédie

François-Marie Arouet dit Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, 1770-1772 (écriture), Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2019

Par Catherine Chahnazarian.

C’est grâce à la Voltaire Foundation, centre de recherche de l’université d’Oxford (Grande-Bretagne), que nous avons la chance de pouvoir découvrir cet inédit. Le manuscrit est fidèlement retranscrit et dûment annoté par des spécialistes : Nicholas Cronk, Christiane Mervaud et Gillian Pink. L’édition chez Robert Laffont coûte 34 euros, mais pour 1728 pages ! On en a pour son argent. D’autant que c’est un condensé de connaissances — dans le style typique de l’auteur : ironie, hyperboles et autres farces et attrapes destinées à faire réagir et réfléchir le lecteur.

La couverture n’est pas d’une grande originalité, mais ça pétarade dans tous les sens, et ça donne une bonne idée de l’état des connaissances de l’époque, comme de la puissance de travail, la force de curiosité, la volonté de transmettre aussi, qui habitaient Voltaire.

Pour les férus du maître, et pour tous ceux qui veulent dépasser Candide, mieux connaître les Lumières, en savoir plus sur le XVIIIe siècle, enrichir leurs connaissances littéraires, ou briller dans les salons ou les salles de classe.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; la Voltaire Foundation.

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