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Littérature française
Par Catherine Chahnazarian
Ce livre est une plongée pleine de fraîcheur dans l’univers un peu décalé, drôle et émouvant du père de Clémentine Mélois — bien qu’il soit surtout question de sa mort. À l’issue de longues semaines à l’entourer, à tenter de rendre sa fin la meilleure possible, le deuil – ou simplement le choc – incite l’autrice à écrire qui était Bernard Mélois, quelle a été sa vie, et comment elle en a vécu l’ultime épisode. Elle se lance alors dans un récit qui sera forcément partiel et partial car, dans ces circonstances, on a le droit de ne pas être tout à fait objective. Et Clémentine est déterminée à ne se souvenir – à ne conserver que le meilleur : le caractère anticonformiste de Bernard, sa carrière de sculpteur et ses œuvres majeures, l’amour partagé avec sa femme, leur vie à la campagne… Les chapitres se succèdent au gré des images qui lui viennent, de l’idée qu’elle se fait, aussi, de ce qu’elle doit transmettre, mais surtout des sensations qui créent son besoin d‘écrire et guident sa plume. C’est sur un ton léger, charmant, qu’elle entrelace, d’une part, les récits retraçant la vie de son père et, d’autre part, des bouts de dialogues resserrés sur les jours qui ont précédé le décès. C’est à la fois touchant et joyeux. Parce qu’ils sont comme ça, dans la famille : pas doués pour les drames, heureux de vivre, (très) créatifs, cultivés et fantaisistes, et pleins d’humour. Clémentine rend, avec sensibilité mais sans aucune lourdeur, aussi bien le personnage qu’a été son père que ce qu’il leur a transmis, à sa sœur Barbara et elle. On sent, en filigranes, que la sœur aînée, d’un caractère différent et vivant au loin, est un peu à l’écart du cocon tendre dont Clémentine nous fait sentir la saveur. C’est un peu gênant et c’est le seul point noir de ce livre, qui s’explique sans doute par la démarche de l’autrice écrivant pour elle-même, sur ce qu’elle a vécu de ces moments forts et difficiles, partagés essentiellement avec Barbara et leur mère.
Le livre n’est ni triste ni donneur de leçons (de courage ou de quoi que ce soit)… Ce qui en ressort de la manière la plus frappante pour moi, c’est que j’envie leur liberté.
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Clémentine Mélois
Alors c’est bien
Éditions Gallimard (L’arbalète) 2024
Folio 2026
Le site de Bernard Mélois













