Double piège

Harlan Coben, Double piège, Belfond, 2017 (disponible en Pocket)

Par Catherine Chahnazarian.

Joe, le mari de Maya, est mort assassiné. Son beau-frère trouve que « la mort colle aux basques » de cette ex-militaire qui en a déjà vu de toutes les couleurs à la frontière irako-syrienne (il n’a pas tort). Peut-être est-ce ce qui lui procure le sang-froid dont elle va faire preuve tout au long de ce roman, malgré sa colère et ses angoisses. Harlan Coben nous embarque dans la recherche de la vérité que mène cette femme intelligente, à la fois courageuse et sans cesse à la limite de l’imprudence, qui pense et agit en militaire et n’échappe malheureusement pas au syndrome de stress post-traumatique. Son enquête avance à un rythme parfait et se découpe en chapitres bien pensés au terme desquels on n’a pas envie de souffler. Et la surprise est au rendez-vous.

Comme souvent, il y a un tout dernier chapitre, de quelques pages à peine, en forme d’épilogue, un peu forcé, comme destiné à vous remettre de vos émotions, quelque chose de très américain – mais c’est un détail. Jusque là, 422 pages tout à fait excellentes d’une histoire moderne sans être gonflée de nouvelles technologies, qui sait évoquer la guerre sans lourdeur, le monde des affaires sans complaisance mais sans parano, l’amour familial sans romantisme dégoulinant, la vengeance sans délire. Ça pourrait être vrai…

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction Roxane Azimi.

Liens : lisez.com. Nos autres critiques de romans d’Harlan Coben sont renseignées à la rubrique « par auteur ».

Helena

Jérémy Fel, Helena, Rivages, 2018

Par François Lechat.

Décidément, les éditeurs sont farceurs. Le dernier livre d’Aurélie Filippetti, Les idéaux, est présenté comme un roman alors que ce n’en est pas un, ou à peine ; et voici qu’un authentique roman, Helena, ne fait apparaître son personnage-titre que dans l’épilogue, pages 705 et suivantes, pour ne lui accorder qu’un rôle minime… Faux suspense, donc : la question n’est pas de savoir qui est Helena, de même que la jaquette de couverture, superbe, est assez trompeuse.

Pour le reste, et pour le dire vite, il s’agit ici d’un vrai thriller psychologique, passionnant, tendu, horrifique par moment comme il se doit, et qu’on ne lâche pas. Le sujet n’est pas d’une originalité folle : ceux à qui on a fait du mal sont enclins à en faire aussi, car ils souffrent. Le traitement non plus : un récit frontal entremêlé de nombreux flash-back et de percées dans l’imaginaire ou le délire. Mais on est plongé dans l’action et on se laisse prendre au jeu consistant à faire corps, successivement, avec tous les personnages principaux, dont l’évolution est bien rendue : il y a ici quelque chose comme une tragédie antique à l’œuvre, qui dévore presque tout sur son passage. Dommage, cependant, que les retours dans le passé, utiles, mais nombreux et détaillés, finissent pas donner un léger sentiment de surplace. Et que l’auteur, un Français qui situe son action au Kansas et dans d’autres Etats américains, abuse de pronoms dont le sujet reste flottant : il nous contraint parfois à le relire pour comprendre. Mais si vous aimez Dexter, pour prendre une référence commode, vous aimerez cet Helena sans Helena. Brr…

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Art brut

Elena Piacentini, Art brut, Au delà du raisonnable (rééd° d’un roman paru en 2009 chez Ravet Anceau)

Par Sylvaine Micheaux.

Une statue apparaît un matin sur le parvis du palais des Beaux Arts de Lille. C’est une réplique en 3D, parfaite et superbe, du tableau de Francis Bacon “Le pape qui hurle”. Une réelle œuvre d’art.

A l’intérieur, le corps d’un SDF : choisi au hasard ou victime d’une vengeance programmée ? Crime isolé ou tueur en série ? Le commissaire Pierre Arsène Léoni, corse muté à Lille, enquête dans le milieu de l’art, monde  éloigné de lui.

Elena Piacentini, elle-même corse vivant à Lille, nous offre un bon roman policier, bien écrit, bien mené, bien ficelé. Un chouette polar.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : page sur l’auteure chez Au-delà du raisonnable.

Post-scriptum : Le temps que paraisse cette critique, je viens de lire, de la même auteure, Aux Vents mauvais, paru en 2017 : confirmation d’une écriture très belle, poétique. Un polar très efficace, avec une belle analyse de la psychologie des personnages et une profondeur dans l’histoire. A lire.

La Terre des Morts

Jean-Christophe Grangé, La Terre des Morts, Albin Michel, 2018

Par François Lechat.

Du noir de noir, à réserver à ceux qui aiment ça. Tout y est : une enquête pleine de suspense et de rebondissements, un flic à l’âme aussi tordue que celle des criminels qu’il traque, Paris sous la pluie ou dans ses bas-fonds, le 36 Quai des Orfèvres, des strip-teaseuses (quelques-unes), des obsédés sexuels (beaucoup, et des deux sexes), des perversions en tout genre (on enrichit son vocabulaire), des femmes fatales, des flics fatigués, véreux ou dévoués, une vie familiale remplie de contrariétés, des incursions éclairs en province et à l’étranger, une avocate arrogante et des magistrats dépassés, des petites frappes, un criminel de grand style, un dénouement un rien attendu mais bien amené après d’étonnantes fausses pistes… On peut reprocher à l’auteur d’avoir voulu faire vrai en adoptant quelques tics inutiles du polar à l’ancienne, alors que Fred Vargas a montré que le genre s’en passait fort bien. Et les invraisemblances sont légion, car évidemment le héros ne se laisse arrêter par rien, et surtout pas par le Code de procédure pénale. Mais ce sont des détails, si on a envie d’être scotché à une intrigue retorse dont on sort quelque peu sonné.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Fatherland

Pour la rentrée, et parce qu’il n’y a pas que les nouveautés qui comptent, quatre petits extras : des critiques enthousiastes de livres plus vieux que d’habitude (d’habitude ceux dont nous parlons ont dix ans d’âge maximum) → Dolce agonia, Fatherland, De chair et de sang, La chambre des officiers.

Robert Harris, Fatherland, Julliard, 1992 (existe en Pocket)

Par Catherine Chahnazarian.

Le contexte de ce thriller palpitant est d’une importance capitale, à la fois en raison de son originalité  (c’est même sacrément culotté) et de son rôle dans l’intrigue. C’est que l’enquête policière du Sturmbannführer Xavier March se déroule dans Berlin en 1964, sous un national-socialisme qui bat son plein. Hitler a gagné la guerre de 1939-1946, c’est bientôt son anniversaire (le Führertag) et l’ambiance est à l’ordre et à la soumission. Tous les ingrédients y sont : le meurtre, la confiance et la méfiance, la séduction aussi, la recherche de la vérité, le mensonge, la menace… Cette fiction, qui réécrit l’Histoire en même temps qu’elle nous en raconte une, est d’une cohérence et d’une fluidité remarquables, et les personnalités des deux personnages principaux sont nos bouées de sauvetage, à nous qui n’aimerions pas que le monde ait tourné de cette façon. Jusqu’au bout du roman, Robert Harris nous fait vibrer pour de petites et de grandes raisons. Admirable.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Hubert Galle.

Liens : sur Lisez.com. Nos autres critiques de romans de Robert Harris sont renseignées à la rubrique « par auteur ».

À vol d’oiseau

Craig Johnson, À vol d’oiseau, Gallmeister, 2016 (aussi en Points)

Par Florence Montségur.

Vous m’avez donné envie d’essayer un Craig Johnson et je suis tombée par hasard sur À vol d’oiseau. Au tout début, je trouvais ça confus. Le narrateur (dont on ignore d’abord qui il est, ce qui est inconfortable) donnait plein de noms de gens et de lieux, et des motifs d’action dont je ne savais pas quoi faire. Mais, assez rapidement, il y a eu cette jeune femme décédée sous les yeux du shérif Walt Longmire (le narrateur), et cette jeune policière cheyenne brutale et maladroite. Le flegme de Longmire et son humour distancié m’ont plu, alors j’ai poursuivi, frappée par l’authenticité du décor et des caractères.

L’action se passe dans une réserve indienne du Montana et tout paraît réaliste. Le pays a l’air très beau. Seul problème, un peu comme celui que Catherine soulevait dans son article sur Chiennes de vies, ça ne donne pas vraiment envie d’aller là-bas. On dirait qu’ils ne pensent que flingues, bières et vieilles voitures. L’intrigue est donc relativement simple, mais ce n’est pas ce qui compte. C’est plutôt qu’on se retrouve dans la peau du shérif Walt Longmire comme devant un bon film où le gentil va réussir à mettre le méchant en prison. Ça, c’est plutôt agréable.

Quant à la traduction, effectivement… Il y a des problèmes de conjugaison, quelques traductions littérales étranges, des mots manifestement mal choisis. Ce n’est pas terrible. Mais il y a aussi des mots de trop et des mots qui manquent, ce qui est plutôt le fait de l’éditeur ; et des problèmes dans certaines descriptions spatiales, ce qui est le fait de l’auteur. C’est la qualité générale que je mettrais en cause, la manière dont le public de ce genre de livre est considéré. Par ailleurs, Pierre a raison : il faut certainement lire les Craig Johnson dans l’ordre de leur parution, parce que les allusions à d’autres affaires sont nombreuses. À la fin, ça donne l’impression de ne pas faire partie du club.

N’empêche : bon auteur, bon divertissement.

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction : Sophie Aslanides.

LiensÀ vol d’oiseau au Cercle Points. L’article sur Dark Horse, du même auteur, et le débat qui suit. La critique de Chiennes de vies.

Dark Horse

Craig Johnson, Dark Horse, Gallmeister, 2013

Stylo-trottoir de Catherine Chahnazarian : Femme, environ 50 ans, dans un café.

Je la salue poliment et, quand je lui demande ce qu’elle lit, j’ai à peine le temps d’apercevoir le titre qu’elle agite sous mes yeux que déjà elle repose le livre ouvert devant elle et me lance « Vous connaissez ? », avec une agressivité étonnante. Mais non, je ne connais pas. Alors je me risque : « C’est de qui ? » Elle me regarde avec pitié. « Vous ne connaissez pas Craig Johnson ? Un type de là-bas. (Elle fait un geste de la main au-dessus de sa tête) Avec un chapeau de cow-boy ! » (Là-bas, c’est l’Amérique profonde.) « Ah ! Il sait de quoi il parle ! » continue-t-elle sur le même ton mordant comme si elle venait de faire l’expérience contraire et en voulait encore à son interlocuteur. Courageusement, je lui demande s’il y a donc des chevaux dans ce polar, histoire de sous-entendre que je sais tout de même qu’il s’agit d’un polar, et elle me répond : « Ben, horse en anglais, ça veut dire cheval ! » Je m’apprête à tourner les talons parce qu’enfin, je n’aime pas me faire engueuler mais, prise de remords, elle ajoute : « Oui. Ça se passe dans une région sauvage. Avec des chevaux. Et des gens pas commodes. Il y a Walt Longmire, le shérif. Un shérif qu’on retrouve dans d’autres romans de Craig Johnson. Un héros. Avec un peu d’humour. » Alors je tente une dernière question :  « Vous auriez une petite phrase pour donner envie de le lire ? J’anime un blog littéraire et, à cette époque de l’année, je pense à ceux qui partent – et à ceux qui ne partent pas !  » Elle réfléchit quelques secondes puis elle propose froidement : « Partez dans le Wyoming. »

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction : Sophie Aslanides.

Liens : chez l’éditeur. La photo de l’auteur avec son chapeau.

Emma dans la nuit

Wendy Walker, Emma dans la Nuit, Sonatine, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Le même  soir, les deux sœurs Tanner, Emma 17 ans et Cass 14 ans, disparaissent, bien que n’étant pas ensemble, l’une à la maison et l’autre à la plage. Enlèvement, fugue, meurtre, drame familial ? Les enquêteurs du FBI font chou blanc.

Trois ans plus tard, Cass sonne à la porte de chez elle, ne demandant qu’une chose : qu’on aille chercher Emma . Pourquoi  est-elle rentrée seule ? Où était-elle ces trois dernières années ? Coupable ? Mythomane ? Victime ?

C’est un récit incroyable à deux voix : Cass qui, petit à petit, se souvient, ou pas, de ces trois années, et Abigail, la psychologue du FBI qui est hantée par cette enquête qu’elle n’a pas su résoudre.

Un roman policier qu’on ne lâche pas. Passionnant .

Catégorie : Policiers et thrillers. Traduction : Karine Lalechère.

Liens : chez l’éditeur. Du même auteur, voir aussi la critique de Tout n’est pas perdu (par François Lechat).

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, de Fallois/L’âge d’Homme, 2012 (aussi en de Fallois Poche)

Par Catherine Chahnazarian.

Ce roman policier, paru il y a six ans déjà, se lit avec passion. C’est que l’auteur y mêle au moins trois fils : l’histoire d’un grand amour (ou deux), une histoire d’amitié (hum… deux, finalement), l’histoire d’un jeune écrivain (pardon, deux jeunes écrivains) en proie à l’angoisse de la page blanche. On se trouve tour à tour dans les années 2000, en 1975, un peu avant, un peu après… Tout ceci rend l’intrigue riche, complexe et sinueuse, mais fluide et passionnante. Si vous ne l’avez pas encore lu, cela pourrait être votre gros-roman-à-lire-cet-été, sur une plage, dans une forêt, sur la route (mais pas au volant, bien sûr), dans une petite ville des Etats-Unis (ou d’ailleurs), au bar d’un bistrot-resto (en mangeant ou non des œufs au bacon). Tous ces lieux sont centraux dans ce roman à l’américaine écrit par un Suisse et coédité en France. Dans une construction savamment pensée, l’auteur déroule de bonnes scènes de rencontre, des interrogatoires et des confidences, de nombreuses fausses pistes et d’aussi nombreux rebondissements. Quelques facilités viennent troubler l’ensemble : une mère juive caricaturale, un flic qui enquête avec un écrivain (ce qui n’est pas du tout crédible mais très sympathique relationnellement). Mais Joël Dicker connaît les ficelles et sait les tirer. On comprend les lecteurs de 2012 : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert a reçu le Prix de la Vocation Bleustein-Blanchet, le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le Goncourt des Lycéens. Pour Arnaud Vivant cependant (voir l’Obs ci-dessous), ce roman ne serait qu’une pâle resucée de La tache de Philip Roth, ce que je ne peux discuter, n’ayant pas lu ce livre. Pâle du point de vue de la qualité de l’écriture, je peux le croire, car Roth est un très grand auteur et la plume de Dicker est simplement naturelle. Resucée, c’est difficile à imaginer tant la construction de ce livre-ci semble personnelle. Mais peut-être faut-il, à un énième degré de lecture, voir dans le personnage du jeune écrivain narrateur un aveu de dépendance à l’égard du maître ? Tout commence comme cela, en tout cas : Marcus Goldman ne respectera pas les délais de livraison de son second roman parce qu’il n’a pas d’idée et n’écrit pas une ligne. Il va chercher les encouragements dont il a besoin chez son ami et mentor, Harry Quebert, professeur de littérature et auteur d’un grand roman célèbre. Puis Harry a des ennuis et Marcus ne peut pas s’empêcher de vouloir lui porter secours… Dès les premières pages, ça y est, vous avez mis le doigt dedans et vous n’avez plus le choix : vous devez poursuivre votre lecture jusqu’au bout.

Catégorie : Policiers et thrillers (Suisse/France).

Liens : le roman en de Fallois Poche ; le site de l’auteur ; l’article de l’Obs.

Une femme à la fenêtre

A.J. FINN, Une femme à la fenêtre, Presses de la cité, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Depuis le départ de son mari et de leur fille, Anna vit  recluse dans sa grande maison de Harlem dont elle ne peut sortir, souffrant d’une profonde agoraphobie. Très peu de visites, sa kiné et parfois le jeune homme qui lui loue son sous-sol. Anna, pédopsychiatre, noie ses angoisses et sa solitude dans le Merlot et les psychotropes, passe son temps en visionnant des vieux classiques du cinéma, en conseillant sur internet des personnes subissant la même pathologie qu’elle, et en s’adonnant à sa passion, la photo : derrière sa fenêtre, elle observe et photographie les voisins, leurs maisons, tout ce qui se passe dans sa rue.

Un soir, elle est témoin, chez ses nouveaux voisins, un couple avec un adorable ado, du meurtre de l’épouse ; mais est-ce réel ? a-t-elle rêvé, abusée par l’alcool et les médicaments ?

C’est un excellent thriller, en huis clos puisque, comme Anna, on ne sort pas de la maison. Un roman riche en suspense, en angoisse et en rebondissements, d’une écriture très cinématographique. Très bon polar pour cet été, ou avant.

Catégorie : Policiers et thrillers (USA). Traduction : Isabelle Maillet.

Liens : chez l’éditeur.

Le président a disparu

Bill Clinton et James Patterson, Le président a disparu, J.-C. Lattès, 2018

Par Florence Montségur.

Un article de l’Express m’avait donné envie de boycotter les romans de Patterson, mais le partenariat avec Bill Clinton a attiré ma curiosité. Bonne surprise ! Voici un bon thriller politique plein d’action et machiavélique. C’est plein de pièges, d’attaques, de secrets et de calculs.

Le président des Etats-Unis, Jon Duncan, doit faire face à de graves attaques politiques et à une menace terroriste sans précédent. Priorité absolue au terrorisme, bien sûr ! Mais de quoi s’agit-il au juste ? Nous n’apprendrons d’abord que ce que le président peut nous dire sans dévoiler de secret d’Etat ! Car c’est le plus souvent lui qui raconte et il distille les informations au compte-goutte. A chaque étape du récit ce sont de nouveaux rebondissements, et en plus il y a urgence. On peut dire que Duncan passe les trois pires jours de sa vie ! Mais quand on est le président des Etats-Unis d’Amérique et que la Nation est en jeu, on tient bon.

Côté Clinton, ça sent le vécu ; côté Patterson, ça sent le cinéma.

J’aurais trouvé plus fin de supprimer le dernier chapitre avant l’épilogue et quelques petits passages un peu donneurs de leçon à l’américaine, mais comment donner tort à Clinton/Duncan sur ce coup-là ? Je me suis aussi étonnée de plusieurs choix de la part des traducteurs. Mais si vous aimez les thrillers, n’hésitez pas, vous aurez votre dose d’adrénaline !

Catégories : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction : Dominique Defert, Carole Delporte et Samuel Todd.

Liens : chez Lattès ; l’article de l’Express sur James Patterson.

Un carrosse nommé Désir

Frédéric Lenormand, Un carrosse nommé Désir, J.-C. Lattès, 2018

Par Florence Montségur.

Ce nouveau roman tient les promesses de la série des « Voltaire mène l’enquête ». Le héros est toujours aussi égocentrique et vaniteux ; l’on s’amuse d’un tas d’allusions et de bons mots ; l’intrigue s’efface un peu devant l’esprit, mais titille la curiosité du lecteur qui veut savoir la fin.

La maîtresse de Voltaire, la marquise du Châtelet, voudrait faire l’acquisition d’un palais sur l’île Saint-Louis. Voltaire rêve d’y avoir ses appartements. La terrasse du premier étage propose une très belle vue sur le fleuve et il pourrait, chaque matin, ouvrir les yeux sur « les nymphes dans[ant] au plafond peint par Le Brun », ce qui met évidemment « de bonne humeur pour la journée ». Mais voilà que le banquier qui était supposé prêter à la Marquise la somme nécessaire a disparu. Très motivé, Voltaire tente de le retrouver.

Le Paris de l’époque est un décor intéressant et amusant pour cette intrigue sans analyses ADN et sans caméras de surveillance. Ses rues boueuses, son fleuve immonde et ses drôles de pâtisseries participent du plaisir de voir Voltaire virevolter d’un indice à l’autre avec sa perruque en rouleaux et ses grandes idées sur la science et la philosophie.

Si vous préparez le bac de français, attendez un peu avant de lire cet ouvrage car il pourrait vous inciter à l’impertinence à l’examen oral. Si vous êtes un  intellectuel et que vous craignez qu’elle soit trop légère, gardez cette lecture pour les vacances ! Sinon plongez sans attendre dans le mensonge, le déguisement et la mauvaise foi.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; notre article générique sur la série « Voltaire mène l’enquête ».

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