Artmedia. Une histoire du cinéma français

Dominique Besnehard et Nedjma Van Egmond, Artmedia. Une histoire du cinéma français, Editions de l’Observatoire, 2021

— Par François Lechat

Tous les amateurs de cinéma français connaissent Dominique Besnehard, célèbre directeur de casting qui a longtemps travaillé pour l’agence Artmedia, qui lui a donné l’idée et les bases de la série « Dix pour cent ».

Ce n’est pas sa vie, mais celle de cette agence que Dominique Besnehard raconte ici, en couvrant un demi-siècle de cinéma sous l’angle du rôle joué par les agents d’artistes – agents d’acteurs, mais aussi de scénaristes et de cinéastes. Son livre, co-écrit avec une journaliste, s’adresse donc aux amoureux du cinéma français, et en particulier des décennies 1960 à 2000. On y découvre une machine économique étonnante, avec quelques liaisons dangereuses comme le monde du cinéma les affectionne. Et on y retrouve bien entendu une foule de noms célèbres qu’on connaît un peu mieux au terme de la lecture, en particulier les actrices et acteurs les plus fameux : c’est léger et plaisant, tout en étant apparemment bien documenté.

Ne vous attendez pas à un morceau de littérature, ce n’est pas l’ambition du livre. Mais profitez-en pour rafraîchir vos souvenirs et rêver un peu…

Catégorie : Essais, Histoire.

Liens : chez l’éditeur.

Aubervilliers

Léon Bonneff, Aubervilliers, L’arbre vengeur (« L’arbuste véhément »), 2018

— Par Jacques Dupont

LE classique de la littérature prolétarienne, œuvre posthume de Léon Bonneff qui, avec son frère Maurice, signa au début du XXème siècle les enquêtes les plus percutantes sur le monde ouvrier : « Les métiers qui tuent » (1905), « La vie tragique des travailleurs » (1908), ou encore « Les marchands de folie » sur les cabarets et l’alcool.

Aubervilliers est une ville de la proche banlieue parisienne. Elle nourrit la capitale (son maraîchage est renommé) et accueille une variété d’usines : engrais, boyaux, phosphates, feux d’artifice. Plus de soixante-dix nationalités de prolétaires y cohabitent. En 1900, on y vit dans des conditions épouvantables, on y exerce les métiers les plus dangereux et les plus répugnants.

Léon Bonneff nous raconte tout cela, avec précision, dans le détail … Il n’omet rien : ni les plus petits métiers et les plus répugnants métiers, ni les maraîchers qui ne dorment jamais, ni les faits du quotidien. Car s’il y a le travail, il y a aussi la vie, les émotions, les disputes, les enfants, les vieux, les amours.

Le livre est vif, il saisit le lecteur avec force, le sujet est noir, mais traité sans amertume, et avec l’espoir que porte le syndicalisme alors récent. C’est une fresque vivante de la chaleureuse et si humaine banlieue nord, qu’on appellera plus tard le 9.3.

Catégorie : Essais, Histoire – Redécouvertes.

Liens : chez l’éditeur ; et cet article du Parisien, pour l’histoire de ce roman et de sa publication.

La Traversée

Patrick de Saint-Exupéry, La Traversée, Les Arènes, 2021

— Par Jacques Dupont

Le rapport Duclert – il est sorti en mars 2021 – fait parler de lui. Il pointe, après deux ans de recherches, effectuées à la demande du président Macron, la responsabilité de la France dans le génocide rwandais de 1994.

Par volonté de ne pas déplaire au chef de l’État, pour des motivations idéologiques, par une lecture politique post-coloniale … l’entourage du président a suivi et encouragé Mitterrand dans son soutien quasi « inconditionnel » au régime « raciste, corrompu et violent » du président Habyarimana. Le rapport ne retient pas la complicité de génocide, mais la responsabilité française est qualifiée de « lourde et accablante » : la France n’a – c’est un euphémisme – rien fait pour empêcher ce génocide.

Je n’étais, jusqu’à la lecture ce livre, pas parvenu à bien comprendre la guerre du Rwanda, confondant la volonté meurtrière des Hutus et celle des Tutsis. Les premiers – 80 % de la population rwandaise – avaient tué les seconds, et ensuite : vice versa ? Car les Tutsis avaient sous la conduite de Paul Kagame reconquis le Rwanda. L’état-major génocidaire hutu avait alors pris la fuite et trouvé refuge au Congo voisin. Les Tutsis les y ont-ils poursuivis ? Des centaines de milliers de Hutus ont-ils été assassinés dans la jungle ? Y a-t-il eu un « génocide en retour », comme le répètent depuis 25 ans les autorités françaises ?

C’est ce que Patrick de Saint-Exupéry est parti vérifier. Après un court séjour à Kigali, il va d’étape en étape traverser l’immense Congo sur les pas des réfugiés hutus. Un voyage infini, en moto, en camion, en barge sur le fleuve-océan, en antédiluvienne loco à travers la jungle. Il rencontrera des hommes et des femmes dans les lieux les plus improbables. Ils raconteront le périple des fuyards rwandais, de leurs alliés mobutistes, et du … cercueil du président Habyarimana. On se souvient que son assassinat avait sonné le déclenchement du génocide.

Au fil des rencontres et des étapes, les témoins parlent et la vérité émerge.

Le livre de Patrick de Saint-Exupéry remet plus qu’à propos les pendules à l’heure. C’est par ailleurs une enquête très documentée, écrite dans un style vif et alerte.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; interview de l’auteur sur Arte (28′).

L’inconnu de la poste

Florence Aubenas, L’inconnu de la Poste, L’Olivier, 2021

— Par Brigitte Niquet

Habituée à ne lire pratiquement que des romans, j’avoue que dans un premier temps, j’ai été un peu décontenancée par la relative sécheresse du style de Florence Aubenas, journalistique et très peu littéraire. Mais j’ai très vite été fascinée par L’inconnu de la Poste, regrettant seulement que les aléas de la justice n’aient pas permis de faire coïncider la résolution juridique de l’affaire et la sortie du livre.

La méthode Aubenas, peaufinée avec l’affaire d’Outreau et celle d’Ouistreham, n’a plus à faire ses preuves. Partant d’un fait-divers hyper-médiatisé, c’est avec une détermination sans faille mêlée à une remarquable qualité d’empathie que la journaliste ne tient rien pour acquis, prend son sujet à bras-le-corps, s’y immerge pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, gagne la confiance des protagonistes et ne lâche le morceau que lorsque, enfin, la vérité se fait jour.

Le cas qui nous occupe ici est à la fois symptomatique et atypique. Symptomatique parce que, comme souvent, les protagonistes, ce sont les paumés du coin – ici, une inénarrable bande de Pieds Nickelés basée à Montréal-la-cluse, petite commune rurale qui a cru trouver son salut dans l’usine de plastiques qui s’y est installée et qui a fermé ses portes quelques années plus tard, les laissant sur le carreau. Ils picolent, pointent au chômage, vivent de rapines et de troc mais globalement, ce sont de braves gens qui, comme on dit, ne feraient pas de mal à une mouche. La « mouche », c’est Catherine Burgod, la postière, tuée un matin de vingt-huit coups de couteau dans son bureau. A priori, tout le monde l’aimait. Qui l’a massacrée et pourquoi ? Atypique parce que, parmi les « braves gens », figure un OVNI : Gérald Thomassin, un jeune marginal sacré à 16 ans meilleur espoir de l’année cinématographique et titulaire d’un César, mais incapable de gérer sa vie. Rapidement, tout semble le désigner comme le coupable idéal, d’autant qu’il habite juste en face de la Poste. Et d’ailleurs il s’accuse lui-même. Mais ce n’est pas si simple.

Au lecteur maintenant de démêler cet imbroglio. Les faits datent de plus de dix ans et n’ont encore jamais été jugés. Le rôle de Florence Aubenas est terminé. Celui de la justice va peut-être enfin commencer.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : Au moment de publier cet article, le site des éditions de L’Olivier est en maintenance mais vous retrouverez prochainement L’inconnu de la poste sur editionsdelolivier.fr. Aux éditions Points : La Méprise. L’affaire d’Outreau (2010) et Le quai de Ouistreham (2021).

La voyageuse de nuit

Laure Adler, La voyageuse de nuit, Grasset, 2020

— Par Anne-Marie Debarbieux

La démarche adoptée par Laure Adler dans ce livre est proche de celle qui m’avait séduite dans celui d’Emmanuel Godo Ne fuis pas ta tristesse. Dans les deux cas, l’auteur emploie le genre de la « promenade littéraire » pour aborder, avec force références d’auteurs de tous bords, les injonctions de notre époque qui cherche à exorciser ses peurs : celle de la tristesse dans l’essai d’ E. Godo, et celle de la vieillesse et de sa cohorte de « déclins » dans le livre de L. Adler. Or les moments de tristesse, tout comme le vieillissement, sont des moments de la vie qu’il faut accepter de regarder comme des composantes inévitables de l’existence mais pas nécessairement négatifs.

Laure Adler aborde donc ici la question de la vieillesse sans tabou et sans restriction, avec une lucidité qui n’exclut ni la gravité, ni l’humour. Car ce livre percutant et réaliste ne prêche pas, on s’en doute, en faveur d’une passive résignation devant les avanies du temps et le regard que leur porte notre société. Bien au contraire !

Les personnes âgées, que l’on appelle pudiquement « seniors », pendant longtemps, ce sont les autres, jusqu’au jour où la disparition des parents âgés est un facteur déclenchant. On est désormais en première ligne et l’on fait partie de la génération des personnes vieillissantes. On n’a rien vu venir.

Pour autant le vieillissement et la retraite professionnelle n’impliquent pas le retrait de l’existence et du bonheur de vivre. Pas question de renoncer à ce qui nous anime, à ce que nous aimons faire, à ce que nous savons faire. Il ne s’agit pas de se croire toujours jeune, il s’agit de ne pas se laisser déposséder par la société de nos compétences et de nos activités et de la laisser introduire des ruptures là où nous ne souhaitons que des continuités.

La colère anime l’auteur devant ce regard social posé souvent sur le vieillissement et elle rappelle avec conviction qu’à tout âge on demeure soi-même. Pas question donc de fuir son âge, ni d’en avoir honte, mais de lutter contre l’exclusion sociale, la surprotection, la pitié, et autres comportements engendrés par une société obsédée par la santé et le « jeunisme ». 

Certains esprits grincheux prétendent qu’un tel livre n’intéressera… que les vieux ! Franchement ce serait dommage, car ce regard tonique, intelligent et juste, a beaucoup à apporter à des lecteurs de tout âge.

Catégorie : Essai, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; un entretien du Monde avec Laure Adler.

Les Téméraires

Bart Van Loo, Les Téméraires, Flammarion, 2020

Par Jacques Dupont.

Sous-titré « Quand la Bourgogne défiait l’Europe », les « Téméraires » est une formidable leçon d’histoire. On y suit les tribulations des Burgondes depuis leur île danoise de Borgholm, jusqu’à leur implantation à Dijon, quelques siècles plus tard. C’est à partir de là, du XIVième siècle, que l’histoire commence à concerner de plus près les habitants du Nord de la France, de la Belgique, des Pays-Bas. D’alliances en ruptures et en réconciliations, par la guerre ou par l’héritage, Philippe Le Hardi, Jean Sans Peur, Philippe Le Bon et Charles le Téméraire vont agrandir leurs possessions, dans les Flandres et le Brabant, et ne plus cesser de s’étendre, au point que Charles le Téméraire allait de Mâcon à Luxembourg et à Amsterdam en demeurant en territoire Bourguignon.

En face, la France et l’Angleterre étaient en lutte (c’est la Guerre de Cent Ans) et le Saint Empire Germanique en embuscade. On connaît la fin : l’orgueilleux Charles le Téméraire est tué à Nancy en 1476. Louis XI met aussitôt la main sur Dijon, et c’en est fini du duché.

Fini ? Pas si sûr : sa fille, Marie de Bourgogne, épouse à Bruxelles Maximilien d’Autriche. Ils y verront naître leur petit-fils, Charles Quint. Un Habsbourg, certes, mais dont l’auteur nous montre comment il fut le dernier des Bourguignons.

Les portraits des ducs sont détaillés et saisissants, et cette histoire se lit comme un roman. On se sent comprendre une époque a priori confuse pour nous qui raisonnons sur le modèle des États Nations, et qui avons été nourris des légendes écrites pour nous y faire adhérer. Dans « les Téméraires », nous découvrons au contraire l’hétérogénéité des territoires, leur incroyable urbanisation, les relations entre les villes de Bruges, Gand, Lille et le pouvoir, qui tantôt cède des droits ou punit avec une violence inouïe. Nous voyons mieux aussi les relations d’amour, de haine et de pouvoir entre les cours de Bourgogne et de France, combien celles-ci sont étroitement mêlées avec la couronne d’Angleterre.  Il s’en est fallu de peu, à plusieurs reprises, pour que la France cesse d’exister.

Enfin, la cour de Bourgogne étonnait par son faste. On voit, dans leurs ateliers les « primitifs flamands » : Van Eyck, de la Pasture, Memling dont les œuvres illustrent ce livre magnifique, que j’ai lu d’une traite.

Catégorie : Essais, Histoire… (Belgique néerlandophone). Traduction : Daniel Cunin, Isabelle Rosselin.

Liens : chez l’éditeur.

Soit dit en passant

Woody Allen, Soit dit en passant, Stock, 2020

Par François Lechat.

J’ai acheté l’autobiographie de Woody Allen parce que j’aime ses films et que j’adore son personnage cinématographique, qui m’a toujours fait rire. Mais je l’ai aussi achetée dans un souci de réparation morale. Car Woody Allen fait l’objet d’une telle campagne de dénigrement, aux États-Unis, qu’il a failli ne pas trouver d’éditeur, et cette difficulté s’est répétée en France. Or personne ne devrait jamais être privé de son droit d’expression, d’autant que nul n’est forcé d’acheter ou de lire un livre.

Bien entendu, Soit dit en passant revient longuement sur les accusations d’inceste et de viol lancées par Mia Farrow contre Woody Allen. Au terme de ces pages, qui sont d’une grande précision et d’un calme olympien, le doute ne paraît plus permis : comme l’a établi la justice à maintes reprises, ces accusations sont dénuées de fondement. Cela n’oblige personne à approuver la relation d’amour entre Allen et sa très jeune fille adoptive, Soon-Yi. Mais le tableau dressé ici du comportement de Mia Farrow et de l’attitude de certains juges fait froid dans le dos. Et la manière dont Woody Allen y revient en fin d’ouvrage est admirable de nuance et de placidité.

Pour le reste, cette autobiographie est assez conforme à ce que l’on pouvait attendre. Un tableau amusé et haut en couleur d’une famille juive, une enfance et une jeunesse lunaires, un succès progressif et, en permanence, de l’humour et de l’auto-flagellation, apparemment sincère. Woody Allen ne se prend jamais pour un génie, trop convaincu que son œuvre est modeste à côté de celle de ses idoles. Du coup, ses Mémoires constituent, à côté d’anecdotes sur ses sketches et sur ses films, un exercice de célébration du talent d’autrui. C’est sympathique mais parfois lassant, car la plupart des noms évoqués sont inconnus en dehors des États-Unis. Il n’empêche : si Woody Allen s’adresse à ses fans et ne prétend pas créer de suspense, il fait souvent sourire et parfois réfléchir. Et l’on admire son sens de la formule ainsi que le talent, remarquable, de ses traducteurs.

Catégorie : Essais, Histoire (U.S.A.). Traduction : Marc Amfreville et Antoine Cazé.

Liens : chez l’éditeur.

Empire

Alberto Angela, Empire, Payot et Rivages, 2016

Par Pierre et Catherine Chahnazarian.

— Je lis Empire, s’exclame Pierre, l’histoire du sesterce. Vulgarisation un peu didactique et moralisante, mais c’est passionnant, on apprend beaucoup et c’est amusant !

L’idée de départ est toute simple : on suit un sesterce qui passe de main en main, voyageant ainsi à travers tout l’empire romain, alors sous le règne de Trajan (l’empereur préféré d’Alberto Angela). C’est l’occasion de rencontrer des personnages représentatifs de ce qu’a pu être cet immense État – différentes nationalités, différents types sociaux, différentes occupations, différents modes de vie – où tout le monde parlait le latin et où la même monnaie était en vigueur. Ce « docu-fiction », comme le définit l’auteur lui-même, repose sur des savoirs historiques au point que la plupart des dialogues tenus par les personnages sont issus de textes latins parvenus jusqu’à nous.

Le découpage est géographique et une table, en fin d’ouvrage, reprend, ville par ville, le détail des chapitres – aussi variés que « Envoie-moi deux caleçons », « Parier au Circus Maximus », « Comment faire sauter une montagne sans dynamite » ou « Des villes dangereuses ? »

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; notre critique d’Une journée dans la Rome antique, du même auteur.

Bleu. Histoire d’une couleur

Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur, Points (Seuil), 2014

Par Michèle Thierry.

Faire l’histoire des couleurs est un exercice qui ne va pas de soi, mais que Michel Pastoureau entreprend en nous présentant l’histoire sociale et symbolique d’une couleur qui est passée, au cours des temps, de l’ombre à la lumière.

Dès l’introduction, l’auteur avertit le lecteur : « La couleur n’est pas tant un phénomène naturel qu’une construction culturelle complexe », dans cet ouvrage très documenté, le bleu est étudié dans une perspective historique. S’il est aujourd’hui la couleur préférée de tous les Européens, au Moyen Age c’était la couleur associée aux Barbares. Dans l’Antiquité, le bleu est rare, ce qui pose la question de savoir si les Grecs et les Romains le voyaient.

Le lecteur apprend la fabrication du principe colorant, notamment à partir du lapis lazuli ou de l’azurite, employée dans la palette des peintres dès le XIème-XIIème siècle pour colorer le vêtement de la Vierge et le blason royal. Le bleu se développe à partir des progrès des teintes et des techniques de teinture. S’amorce alors un renversement du goût, jusqu’au triomphe du bleu à l’époque contemporaine.

Pastoureau interroge la symbolique de la couleur, notamment pendant la révolution de 1789. C’est pendant cette période que le bleu entre dans le drapeau de la France. Il devient aussi la couleur des soldats de la défense de la République.

Captivant et savant, Bleu donne l’occasion au lecteur de s’intéresser à l’histoire par un côté inattendu. Michel Pastoureau, historien, spécialiste des couleurs, est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Il a aussi publié Noir. Histoire d’une couleur, chez le même éditeur – que je vais bientôt lire avec grand intérêt.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Une journée dans la Rome antique

Alberto Angela, Une journée dans la Rome antique, Payot, 2020

Par Catherine Chahnazarian.

Étonnante conception que celle de ce livre. L’auteur vous invite à visiter Rome en 115 après Jésus-Christ, sous le règne de l’Empereur Trajan. Vous vous levez à l’aube pour rencontrer votre guide et vous partez avec lui pour la journée !  Et comme ce guide est un archéologue italien auteur de nombreux documentaires historiques pour la télévision, vous entrez dans une sorte de script : vous êtes à la fois acteur et spectateur d’un documentaire – qui se déroule dans votre tête, parce qu’Alberto Angela sait que vous avez mémorisé des représentations diverses et s’appuie dessus, parfois pour les démonter, souvent pour les compléter. Selon votre culture romaine, vous apprendrez donc plus ou moins de choses – au cours de moments très intégrés à votre balade (vous arrivez devant un temple, l’autel est à l’extérieur, sur la place, et ça sent encore l’encens car un office vient de se terminer) ou plus proches du cours d’histoire, comme quand votre guide touristique s’arrête pour vous donner une explication. C’est un peu déroutant mais ça fonctionne bien et ça permet à l’auteur, au fil de cette journée balisée par un horaire précis, d’organiser ses chapitres selon des thèmes variés : Que mangent les Romains au petit-déjeuner ?  Que vaut un sesterce ? Comment faire quand on a une envie pressante en rue ? Etc.

L’ensemble ne se lit donc ni comme un roman, puisqu’il n’y a aucune intrigue, ni comme un livre d’histoire classique. C’est vraiment un documentaire, qui s’adresse à tous et vous permet d’observer la vie quotidienne des Romains du IIe siècle, riches et pauvres.

Quelques pages étant consacrées à la sexualité des Romains, je dirais que le livre peut être lu à partir de 15 ans – les parents décideront.

Catégorie : Essais, histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Les Inséparables

Dominique Missika, Les Inséparables. Simone Veil et ses soeurs, Seuil, 2018 (existe en Livre de Poche)

Stylo-trottoir : Jacques, de l’autre côté d’une grande table de jardin.

« Je ne dois pas t’expliquer qui est Simone Veil et je ne vais pas te raconter sa vie. Ce livre, c’est Simone Veil et ses soeurs. Toute la famille avait été déportée : il y avait le père, un gamin, trois filles et leur mère. Ils n’étaient pas tous ensemble, ils ont été dispersés dans différents camps de concentration. Mais le livre n’est pas fait pour raconter les camps : la plus grande partie est consacrée au retour. Parce que les trois soeurs ont survécu et elles ont été déçues par l’accueil qu’elles ont reçu en revenant des camps. Ce n’est pas qu’elles attendaient quelque chose d’extraordinaire, mais ça a été difficile, elles ne pouvaient pas raconter… »

– Et c’est bien, le livre est bon ?

– C’est très bien, très intéressant. À lire.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : Au Seuil ; au Livre de Poche.

Il nous reste les mots

Georges Salines et Azdyne Amimour, Il nous reste les mots, Robert Laffont, 2020

Par Sylvaine Micheaux.

Je voulais lire ce livre qui est un dialogue entre deux hommes, deux pères que tout oppose et qui n’auraient, dans la logique, jamais dû ni se rencontrer, ni se parler, ni se raconter. Georges Salines est le père de Lola, morte à 28 ans le 13 novembre 2015 lors de l’attentat du Bataclan ; Azdyne Amimour est le père de Samy, même âge, qui était un des trois terroristes du Bataclan abattus ce soir-là par la police.

Georges est président d’une association, 13onze15 Fraternité-Vérité, créée suite aux attentats pour les victimes de ce jour et pour leur famille, et qui, peu à peu, est entrée en lien avec des associations de victimes d’attentats de tout pays et de tout type (pas seulement commis par Daesh). Azdyne va un jour le contacter car il se considère aussi, d’une certaine façon, lui le musulman modéré, très peu pratiquant, victime des actes de son fils – qu’il a perdu deux fois : le jour où il est parti en Syrie faire le djihad et le jour où il est mort. Les deux pères vont se rencontrer, se raconter leurs enfants, leurs familles, leurs enfances, leurs voyages, l’avant et l’après 13 novembre, le deuil. Azdyne Amimour voudrait comprendre comment et pourquoi son fils Samy a pu prendre un tel chemin. Entre eux se noue un vrai dialogue ; ils ont tous deux un parcours différent mais parfois proche, ayant beaucoup voyagé et vécu quelquefois dans les mêmes contrées, chacun comprenant la souffrance de l’autre.

Mais j’apporterai de petits bémols. Le dialogue est parfois très littéraire, on sent que cela a été corrigé, voire réécrit. Leurs pensées repartent par moment très loin dans leur passé, leur enfance, et cela n’apporte pas grand-chose, même si c’est souvent ce qui arrive dans une discussion : on parle, on parle et on s’éloigne du sujet…

J’ai également trouvé que Georges Salines – tout en se voulant très tolérant – était moralisateur et paternaliste. Il sous-entend qu’Azdyne Amimour approuve la théorie du complot, qu’il a un petit fond antisémite, etc. Le livre m’a intéressée, mais il est évident que le père de Lola a le plus beau rôle : Lola était gaie, ses deux frères heureux, on a l’impression que ses parents ont tout bien fait.

Mais au moins le père musulman, qui a été harcelé longtemps, qui a perdu ses amis en grande partie, a pour une fois la parole. Cet essai a donc le mérite d’exister, de rendre réel et humain un père souvent jugé aussi coupable que son fils.

A lire, mais sans plus.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Ne fuis pas ta tristesse

Emmanuel Godo, Ne fuis pas ta tristesse, Salvator, 2017

Par Anne-Marie Debarbieux.

Ce titre avait d’emblée éveillé ma curiosité : la forme un peu injonctive mais néanmoins amicale, la formulation d’un conseil allant à contre-courant de la tendance actuelle qui nous incite à « positiver »… J’étais intriguée et la lecture d’un article élogieux a achevé de me convaincre d’ouvrir ce petit livre difficile à qualifier. Il se présente comme une sorte de promenade méditative autour du thème de la tristesse. Si l’auteur annonce très vite la couleur en écrivant qu’il est bien loin « des sirops et bluettes qui promettent la zénitude en patch et le nirvana en dix leçons », il n’écrit pas pour autant un livre austère et réservé à quelques initiés familiers de l’introspection spirituelle.

Ne pas fuir sa tristesse ne signifie pas qu’il faut s’y complaire et s’y lover en se pensant le plus malheureux du monde. Cela signifie seulement qu’il ne faut pas la refouler mais la prendre pour ce qu’elle est, un moment qui survient dans toute vie quand surgit une étape douloureuse. Vouloir s’en débarrasser rapidement pour rejoindre l’euphorie obligée, la considérer comme une défaillance qu’il faut dépasser au plus vite est une erreur et une illusion. Il faut prendre le temps d’accepter sa tristesse, de l’écouter, de la laisser parler et d’en faire une étape qui nous fera avancer. Il y a une tristesse mortifère et une tristesse d’où jaillit sinon une espérance, du moins une sérénité. Celle qui sait que tout passe, que toute joie est à savourer et que la tristesse peut aussi être une sève.

L’auteur est professeur de littérature et sa réflexion est émaillée de nombreuses références aux grands écrivains : penseurs, philosophes, essayistes bien sûr, mais aussi poètes, romanciers, ou dramaturges, qui ont tenté de traduire en mots la tristesse et ses corollaires.

La lecture de ce petit livre est donc aussi un voyage littéraire dont on se délecte, de Dante à Bernanos, de Virgile à René Char, de Racine à Giraudoux, de Nerval à Baudelaire et bien d’autres.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Houellebecq

Denis Demonpion, Houellebecq, Buchet-Chastel, 2019

Par François Lechat.

Une biographie non autorisée de Houellebecq, déjà parue en 2005, mais actualisée et augmentée d’une centaine de pages. Un bon signe : Houellebecq n’a pas trop apprécié, notamment parce que l’auteur a mis le doigt sur ses mensonges répétés autour de sa date de naissance et de certains événements familiaux. La force du livre est là, dans la bonne distance avec son sujet : jamais dupe ni complaisant, mais curieux et assez empathique pour éviter de condamner Houellebecq à chaque occasion. Or elles ne manquent pas, car si l’écrivain apparaît habile et intelligent, méritant une bonne partie de son succès, c’est aussi, de toute évidence, un triste sire, peu reluisant et faisant plus que flirter avec le racisme, le sexisme et le décadentisme. Mais Houellebecq en sort grandi, aussi, par la fulgurance et le caractère prémonitoire de ses intuitions (notamment ses déclarations sur l’islamisme juste avant le 11-Septembre). A lire pour découvrir la pensée de Houellebecq et le petit jeu du monde littéraire, qui ne manque pas de piquant.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : l’ouvrage chez l’éditeur ; notre critique de Sérotonine (par Brigitte Niquet).

Dis, c’est quoi la démocratie ?

Vincent de Coorebyter, Dis, c’est quoi la démocratie ?, Renaissance du Livre, 2020

Par Catherine Chahnazarian.

Est-ce que mon vote sert à quelque chose ? Pouvons-nous obliger nos représentants à nous rendre des comptes ? Qu’est-ce que le tirage au sort ? Peut-on réclamer la démission d’un président élu quand on est mécontent ?…

Dans un tout autre registre que Jean-Claude Kaufmann dont François Lechat nous a parlé récemment, le philosophe et politologue belge Vincent de Coorebyter explique la démocratie à travers les questions qu’elle pose actuellement – les questions que pose un candide à un expert qui, d’une idée à l’autre, décortique le concept de démocratie sans reprendre le B-A-BA traditionnel et scolaire auquel on pourrait s’attendre. Et ce candide n’est pas un innocent ; il est déterminé, et ses questions vont toujours dans un sens précis : comment, malgré des écueils, des limites et des défauts, la démocratie peut-elle être aussi démocratique que possible ?

Le jeu de questions/réponses, qui est le principe premier de la collection, est si fluide et efficace que l’ouvrage peut se lire d’une traite. À la fois sans simplisme et sans complications, ces 80 pages s’adressent à tous, adultes aussi bien qu’ados, et autant aux Français qu’aux Belges. Voilà une bonne occasion de comparer les deux systèmes politiques et, peut-être, de mieux comprendre les phénomènes électoraux qui se produisent dans des pays voisins ou plus lointains ; de comprendre sur quels écueils butent les gilets jaunes les plus radicaux ; de comprendre ou confirmer ses propres attentes, déceptions et espoirs.

Limpide et éclairant.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur. Voir aussi Malaise dans la démocratie (J.-P. Le Goff), L’archipel français (J. Fourquet), La fin de la démocratie (J.-C. Kaufmann). Lire également Deux figures de l’individualisme de Vincent de Coorebyter.

La fin de la démocratie

Jean-Claude Kaufmann, La fin de la démocratie, Les liens qui libèrent, 2019

Par François Lechat.

Jean-Claude Kaufmann s’est fait connaître comme sociologue de l’intime, voire de l’apparemment futile (la mode des seins nus sur les plages, par exemple). C’est dire qu’on ne l’imaginait pas s’interrogeant sur la fin de la démocratie : s’il y consacre son dernier livre, c’est parce qu’il est profondément inquiet.

En 300 pages très vivantes et lisibles, sans jargon ni pesanteur, Kaufmann fait le tour des bouleversements qui menacent notre civilisation : l’individualisme, la crise de l’autorité, le populisme, la montée de l’irrationnel, l’esprit sectaire, les fake news, la prise de pouvoir des algorithmes et de la technique… Sa théorie des failles identitaires est un peu courte, et il confond démocratie et République comme souvent en France. Mais son tour d’horizon est pédagogique, bien informé et interpellant. Un bon complément au Malaise dans la démocratie de Jean-Pierre Le Goff, ou à L’archipel français de Jérôme Fourquet. La réflexion sur les motifs de la crise de la démocratie ne fait que commencer.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Congo

Éric Vuillard, Congo, Actes Sud, 2012 (disponible en Babel)

Par Catherine Chahnazarian.

Ce court livre est à peu de choses près une suite de portraits. On n’avait pas besoin d’un nouveau livre d’histoire (il y en a plein), ni que ce soit un roman : en la matière, tenter d’être objectif c’est risquer de ne pas dénoncer avec assez de force ; être romanesque c’est risquer de ne pas être cru. Alors Vuillard s’exprime à travers une série de portraits, issus d’une documentation notamment photographique : « Si je veux mettre à côté de ces géographes en habit un nègre du Congo (…) qui peut m’en empêcher ?» (p. 70). Il évoque la Conférence de Berlin (1884-1885) où des messieurs aux mains propres ont scellé le destin du Congo sous prétexte de libre-échange ; il décrit Chodron de Courcel, Malet, Léopold II, Stanley, Lemaire, Fiévez. On passe du cynisme à la folie et au sang. C’est que Vuillard éprouve un besoin irrépressible de dire le mal qui a été fait là-bas. C’est pourquoi son style, pourtant fluide et poétique, sait aussi être incisif, clair et net. Bien sûr, comme tout coup de gueule, ce texte échappe à la perfection des grands écrits. La fin, un peu déjantée, et certaines métaphores filées qui exigent une lecture attentive, ne doivent pourtant pas balayer la saine révolte qui est, à mon sens, ce qu’il faut retenir : « Bien sûr, un nom, ce n’est pas grand-chose, c’est tout petit un nom, plus petit encore qu’un visage, et si fragile ! Oui, ce n’est rien du tout un nom de petit garçon, et Yoka, à qui les hommes de Fiévez et la loi de Fiévez ont coupé la main, il se tient devant nous, le visage fermé, et par un petit trou son âme nous regarde. Dieu que ça fait mal une âme ! Que c’est petit et violent ! » (p. 72).

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

L’archipel français

Jérôme Fourquet, L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée, Seuil, 2019

Par François Lechat.

Vous avez au moins trois raisons de ne pas passer à côté de ce livre : si vous vous intéressez à la politique, ou à l’évolution de la société, ou à la France, il est pour vous. Accessoirement, vous pouvez aussi l’acheter parce qu’il a obtenu le prix du livre politique 2019.

Pourquoi tant d’éloges ? Simplement parce que Jérôme Fourquet manie un genre difficile, la sociologie statistique, en évitant ses deux écueils : nous noyer sous les chiffres, ou leur faire dire n’importe quoi. Directeur du département « opinion » à l’IFOP, il connaît la France sur le bout des doigts, mais il ne donne que des statistiques significatives, qu’il insère dans une mise en contexte très parlante, qui peut aller de considérations portant sur la France en général à la différenciation entre quartiers d’une même ville. Vous verrez dans ce livre comment la France se transforme au plan des valeurs, avec l’effondrement de la « matrice catholique » au profit d’un relativisme apparent mais aussi de poches de communautarisme. A l’aide d’indicateurs très concrets, comme l’attribution des prénoms aux nouveau-nés, vous toucherez du doigt une évolution qui sépare radicalement les jeunes générations des plus anciennes, et qui supplante les oppositions idéologiques. Vous comprendrez, surtout, pourquoi les résultats électoraux ont progressivement pris les formes surprenantes qu’on leur connaît depuis plusieurs décennies, et à quels facteurs ils obéissent – ici encore, à l’échelle du pays entier comme de villes de province, de régions côtières ou des Français de l’étranger. C’est lumineux, convaincant, prudent, et surtout troublant : on voit se dessiner sous la plume de Jérôme Fourquet une société plus divisée que jamais, en proie à une nouvelle lutte des classes fondée sur le niveau des diplômes. On peut regretter l’absence de certains enjeux, concernant notamment les femmes, mais on ne peut pas manquer ce livre si on s’interroge sur la France des gilets jaunes, des banlieues, de Marine Le Pen ou d’Emmanuel Macron.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Notes à usage personnel

Emilie Pine, Notes à usage personnel, Delcourt, 2019

Par Jacques Dupont.

À la fin du livre, j’avais le sentiment d’un long article d’un journal féminin, pas mal, un peu banal, facile peut-être. Et puis, un ami m’a dit que sa sœur avait fini par lâcher que, bourrée, elle avait eu un rapport non consenti avec un gars qu’il connaissait : ils étaient les meilleurs amis. Le lendemain, le garçon lui avait présenté ses excuses, et elle avait répondu : « Ce n’est rien ». Voilà ce que, dix ans après, elle ne se pardonnait pas. J’ai alors repensé à Emilie Pine que je venais de terminer. Notes à usage personnel n’est pas un journal, l’auteure considère plutôt qu’elle a écrit une série d’essais. L’un d’eux évoque un viol, dans une séquence de vie où, gamine en rébellion, elle vit de manière dangereuse et en paie le prix. Le prix n’étant pas le viol, mais « je ne vaux rien », qui prétend que « je vais bien » jusqu’à le croire vraiment, et presque parvenir à me le faire croire à moi, lecteur.

Le livre s’ouvre sur une séquence émouvante, lorsque son père manque de mourir d’alcoolisme ; il y a ensuite la séquence « Les années bébé » ; les parents divorcés, « Se parler ou pas » ; « Saigner et autres crimes » … Les Notes forment un livre éminemment féministe, écrit par une femme « fatiguée d’être féministe », fatiguée de « voir que c’est aux femmes d’identifier le sexisme ».

Emilie a peur « d’être cette femme qui dérange. Et peur de ne pas déranger assez. » Elle a peur, mais elle le fait quand même. Elle nous décille les yeux, à nous hommes, et aux femmes tout autant.

Son livre a été primé dans son pays d’origine, l’Irlande. Je le recommande chaleureusement.

Catégorie : Essais, Histoire… Traduction : Marguerite Capelle.

Liens : Au moment de mettre cet article en ligne, la page du livre chez l’éditeur est presque vide — c’est étrange —, alors compensons en signalant la page que le Cercle culturel irlandais lui consacre.

Questions sur l’Encyclopédie

François-Marie Arouet dit Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, 1770-1772 (écriture), Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2019

Par Catherine Chahnazarian.

C’est grâce à la Voltaire Foundation, centre de recherche de l’université d’Oxford (Grande-Bretagne), que nous avons la chance de pouvoir découvrir cet inédit. Le manuscrit est fidèlement retranscrit et dûment annoté par des spécialistes : Nicholas Cronk, Christiane Mervaud et Gillian Pink. L’édition chez Robert Laffont coûte 34 euros, mais pour 1728 pages ! On en a pour son argent. D’autant que c’est un condensé de connaissances — dans le style typique de l’auteur : ironie, hyperboles et autres farces et attrapes destinées à faire réagir et réfléchir le lecteur.

La couverture n’est pas d’une grande originalité, mais ça pétarade dans tous les sens, et ça donne une bonne idée de l’état des connaissances de l’époque, comme de la puissance de travail, la force de curiosité, la volonté de transmettre aussi, qui habitaient Voltaire.

Pour les férus du maître, et pour tous ceux qui veulent dépasser Candide, mieux connaître les Lumières, en savoir plus sur le XVIIIe siècle, enrichir leurs connaissances littéraires, ou briller dans les salons ou les salles de classe.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur ; la Voltaire Foundation.

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