
—
Littérature française
Par Catherine Chahnazarian
Ce court roman commence bien. C’est réjouissant : Trump et Musk, dans des attitudes et dialogues d’un réalisme remarquable, apparaissent d’emblée comme les personnages principaux d’une farce dont on devine aisément la portée morale. Il y a de jolies idées, dans cette fiction amusante – mais dont le burlesque ne décolle pas, malheureusement, de même que le récit se développe peu. Notamment parce que la dynamique narrative est plusieurs fois brisée par des explications – à mon avis inutiles – sur le capitalisme et la dérive d’un monde dans lequel la vérité n’a plus la place qu’elle mérite, la morale non plus. Rien de transcendant quant à l’analyse, donc, et le lecteur aurait pu se contenter de ce qui compose le récit (coup de théâtre initial, déclarations des grands hommes, événements, interviews…), assez explicite pour suffire, au plan de la réflexion morale.
Mais encore fallait-il oser les personnages et leurs agissements. Le roman est léger mais assez culotté. On le lit jusqu’au bout pour voir où il va et pour les trouvailles qui amusent alors même qu’il n’est pas très substantiel.
Philippe Claudel s’explique ensuite dans une postface à la fois sympathique et naïve : le rire comme solution, c’est un peu maigre, je le crains. Mais espérons !
*
Philippe Claudel
Wanted
Éditions Stock
2025
Disponible au Livre de Poche
Tous nos articles sur Philippe Claudel : L’Archipel du Chien ; L’arbre du pays de Toraja ; Hommage à Philippe Claudel ; Fantaisie allemande ; Crépuscule.













