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Policiers et thrillers (France-Canada)
Par François Lechat
Tout le monde ne peut pas se prévaloir d’une préface de Michel Houellebecq, ni d’un article louangeur dans le Nouvel Obs. Encore que la préface, ici, tienne en moins de quinze lignes, et porte sur un seul point : le Grand Ecrivain applaudit à la lecture d’un roman policier écrit du point de vue, non pas d’un enquêteur ou d’un juge d’instruction, mais d’un procureur.
C’est en effet fort rare, à ma connaissance. Mais cela change-t-il quelque chose ? Pas vraiment : Panthères est un policier on ne peut plus classique, avec ses meurtres, ses faux et ses vrais suspects, ses personnages attachants ou inquiétants, son suspense et ses surprises. L’originalité est le soin apporté à nous expliquer les procédures et leurs contraintes, au point que l’autrice se fend de notes de bas de page pour apporter plus de précisions…
La personnalité de la narratrice est bien affirmée, quant à elle. Substitute du procureur (comme Valentine Vendôme dans la vraie vie), c’est une femme encore jeune, victime d’un trauma datant de l’enfance, élégante sur ses Louboutin, en proie à ses désirs mais soucieuse de ne pas choquer dans ce monde très codé de la magistrature. Et en colère devant tout ce qui irrite aujourd’hui les féministes : le patriarcat, l’égoïsme masculin, le non-consentement, la violence physique et psychique… Cela donne du peps, à certains égards, mais cela me paraît tout de même assez prévisible, par les temps qui courent. D’autant que le style, très soigné mais sans invention, ne donne pas plus de singularité au récit.
Au total, ce premier roman délasse et nous instruit un peu, mais n’a en rien la patte d’un Houellebecq. Ce qui n’est pas grave, évidemment.
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Valentine Vendôme
Panthères
Éditions Michel Lafon
2026













