Les fables de la Fontanel

Sophie Fontanel, Les Fables de la Fontanel, Robert Laffont, 2020

Par Florence Montségur.

 

Mais que sont donc ces fables ? Des moments polissons,

Des récits tout en joie dont la fin a du fond

(Pas des fonds de culotte, dirait la Fontanel,

Mais ce mot, je l’assume, est de moi et pas d’elle),

Des récits qui rimaillent. Mais la science des vers

C’est d’amuser l’oreille, et s’ils ne sont pas clairs,

Si le rythme est bancal, la lecture est troublée.

Or si la Fontanel est habile à croquer

Des problèmes charnels, des désirs maladroits,

Des membres trop petits ou bien pas assez droits,

Des idées toutes faites qui pourrissent la vie,

De grands malentendus et de petits ennuis,

Des passions flétries, des ratés du caleçon,

Ses vers laissent perplexe. Et quant à ses leçons

Certaines sont subtiles mais d’autres sont forcées.

Bref, l’intention de peindre et aussi d’amuser

En fait des fables drôles… et des textes moyens.

(Réservés aux adultes — Tu entends, galopin ?)

Catégorie : Extras.

Liens : chez l’éditeur.

Comment en parleraient-ils ?

Un petit extra de circonstance… Juste un. Pour vous faire sourire. Mais que vous pouvez prolonger en postant des idées à vous dans la case commentaire. Source : anonyme ou inconnue.

Flaubert : raconterait l’ennui d’une jeune femme confinée avec son mari.

Balzac : raconterait l’histoire de la fabrication du canapé où son héros est assis.

Proust : Son héros tond pendant le confinement. L’odeur de l’herbe coupée lui remémore son passé.

Beckett : Deux hommes attendent la fin du confinement – qui n’arrivera jamais.

Ionesco : Le confinement attend la fin de l’homme.

Zola : raconte avec précision le quotidien d’un ouvrier d’Amazon contraint de travailler.

Maupassant : Son héros confiné a des hallucinations et devient fou.

Feydeau : Un mari, sa femme et l’amant de celle-ci sont confinés ensemble…

Musso : Deux personnages que tout oppose sont confinés dans la même maison. Ils tombent amoureux.

Marguerite Duras : Confinée. Se confiner. Je crois que ça va durer 14 jours. Ou peut-être plus. Promener mon chien. Absence de chien. L’attestation était pourtant prête sur la table.

Stephen King : Un alcoolique repenti, confiné, est torturé par le fantôme de son frère jumeau mort à 8 ans qui le pousse à tuer sa femme obèse et fanatique religieuse.

Pascal : Confiné, l’humain lance une appli de paris en ligne à propos de la date de fin du confinement ou de la date de fin du monde.

Kafka : Un homme confiné s’ennuie, regarde une mouche courir sur son plafond… À la fin, c’est la mouche qui le regarde, courir sur les murs.

Bukowski : se lève à midi et boit une bière au petit déjeuner avant d’écrire le plus beau poème jamais écrit en se grattant les couilles.

Camus : Le confinement ne fait qu’accentuer l’esprit étroit de l’homme et enferme ses questions dans des bocaux sans réponses.

Lamartine : « Un seul cas de coronavirus et tout est dépeuplé. »

Pennac : L’adulte confiné retrouve son âme d’enfant et plonge dans des aventures imaginaires.

L’effet miroir et La face cachée

Vincent Rémont, L’effet miroir et La face cachée, Vincent Rémont, 2019

Par Catherine Chahnazarian.

Un petit extra, sur ce blog où nous ne critiquons en principe que des livres qui ont trouvé (un vrai) éditeur ; bien que L’effet miroir ait d’abord été publié chez Incartades avant d’être partiellement réécrit et réédité par l’auteur. Petit extra pour ces deux polars qui forment une suite et tiennent la comparaison avec nombre de romans grand-public en vente dans les supermarchés (ceux-ci se commandent directement à Vincent Rémont).

Xavier, qui a l’ambition de devenir écrivain, achète une vieille machine à écrire Underwood. Mais celle-ci lui joue le mauvais tour de le transporter dans la peau de quelqu’un d’autre… et ce n’est pas un cadeau.

Il ne manque à cette histoire que la relecture d’un bon éditeur, qui aurait pu faire couper quelques petites répétitions dues à la structure à plusieurs voix, structure efficace qui ménage des suspenses réussis et permet d’introduire progressivement des personnages qui ont leur épaisseur. Ajoutons que l’écriture se tient : homogène et efficace elle aussi, au service de l’histoire.

Ce n’est pas une découverte extraordinaire mais, je le rappelle, de la veine des polars grand-public, adaptés à ces moments de détente où l’on se laisse glisser dans la peau d’un personnage, dans la peau… d’un autre.

Catégorie : Policiers et thrillers. Extras.

Liens : le blog de l’auteur.

Hommage à Philippe Carrese

Hommage à Philippe CARRESE

Par Catherine Chahnazarian, avec la collaboration de Jacques Dupont-Duquesne.

Un jour, Jacques m’a dit : « Il y a un réalisateur de France 3 qui écrit des polars, tu devrais essayer. Il prétend qu’il écrit des séries B, et il assume, mais il s’est fait une sacrée réputation à Marseille. »

Ma curiosité était piquée : je me suis procuré Une petite bière, pour la route, qui venait de sortir. Comme ça m’a amusée, j’ai poursuivi avec Le bal des cagoles, que j’ai juste adoré et qui avait reçu le prix SNCF du Polar. Et dans la foulée, j’ai lu Conduite accompagnée, qui ne peut que parler aux jeunes qui apprennent à conduire, aux parents de ces derniers, aux moniteurs d’auto-école et à tous ceux qui empruntent régulièrement les grands boulevards marseillais. Ces trois opus, publiés au Fleuve Noir en 2000 et 2002, sont restés mes préférés. Ce n’était pas difficile de trouver un Carrese : il y a en avait dans toutes les librairies de la région. Quand on débarquait à Marseille ça aidait à se familiariser avec les personnages typiques de cette ville haute en couleurs, de comprendre la philosophie de la « cagole » [1]  et du « cake », et d’apprendre les expressions qui vont avec, comme le célèbre « on craint dégun » [2].

Dans la même veine, Philippe Carrese avait écrit un Petit lexique de ma-belle-Provence-que-j’aime, avec son ami Jean-Pierre Cassely : « Le premier Guide-Lexique foncièrement stupide, inutilement cruel et d’une mauvaise foi absolue sur la Provence » (Jeanne Laffitte, 1996, disponible en réédition numérique FeniXX). Vous voyez le personnage…

Mais il n’a pas fait qu’en rire. En 2006, il a poussé un coup de gueule intitulé « J’ai plus envie », qui traduisait – faut-il en parler à l’imparfait ? – qui traduisait si bien le malaise ressenti par de nombreux Marseillais qu’il a fait le buzz.

Puis, désireux de passer à autre chose, Philippe a écrit Enclave (Plon, 2009), un roman sérieux sur le pouvoir et la tentation totalitaire.

En 1945, les Allemands abandonnent le camp de Medved, au nord des Carpates, en Slovaquie. Les prisonniers… prisonniers de cette enclave entre une rivière et des montagnes infranchissables, décident de s’organiser en république. Le récit se développe à travers le regard d’un jeune garçon qui tient une sorte de journal de cette société dans laquelle, bien sûr, le pouvoir va faire ses ravages. L’écriture simple de Philippe Carrese, tout à fait sans prétention, met à la portée de tous un récit humainement puissant qui s’appuie avec intelligence sur l’Histoire. Lire la suite « Hommage à Philippe Carrese »

Hommage à Milena Agus

Hommage à Milena Agus

Par François Lechat.

Curieusement, c’est la France qui a porté chance à Milena Agus. Son premier roman, Quand le requin dort, a connu moins de succès en Italie en 2005 que la traduction française de son deuxième livre, Mal de pierres, qui a frappé la critique hexagonale en 2007 et, par contrecoup, a séduit le public italien puis mondial. La réalisatrice Nicole Garcia en tirera un film en 2016, avec Marion Cotillard dans le rôle principal.

Milena Agus est aujourd’hui traduite dans 26 pays, alors que toute son œuvre est étroitement située : née à Gênes d’une famille sarde, elle est retournée en Sardaigne à l’âge de dix ans et n’a plus jamais quitté son île. Tous ses romans se déroulent à Cagliari, où elle enseigne, ou dans les environs, et sont profondément ancrés dans leur terroir.

Milena Agus, pourtant, nous épargne les fastidieuses descriptions des romans provinciaux. Elle évoque à peine les lieux et leurs noms, elle ne restitue jamais un folklore : elle écrit comme si elle appartenait encore à une terre aride, à un ciel pur, à une époque reculée, à un village comme on n’en fait plus. Chez elle, tout est dans le ton, légèrement candide, à la limite du conte de fées, empli de nostalgie, de sagesse et d’étonnement. Sa langue est légère et intemporelle, et rend surprenante l’apparition d’outils technologiques typiquement contemporains comme le téléphone portable.

Dès les premières phrases d’un roman de Milena Agus, on se sent transporté ailleurs, dans un lieu suspendu appelé littérature. C’est que les personnages, tout en étant profondément enracinés, sont des archétypes, auxquels on accolerait volontiers des majuscules. Les femmes sont plus féminines que chez d’autres auteurs, les hommes plus masculins, les enfants plus infantiles, les vieillards plus âgés : tous sont dépouillés de la moindre banalité, tous sont extrêmes, surprenants, en proie à des manies, des obsessions, des idées fixes, des espoirs et des désespoirs infinis. Dans chaque roman de Milena Agus, certains ne rêvent que de partir, ou s’en vont – surtout les jeunes, ou les hommes –, tandis que d’autres sont rivés à leur place.

     

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Hommage à John Irving

Hommage à John Irving

Par Brigitte Niquet.

Quand j’ai découvert John Irving, il venait de sortir son quatrième livre (Le Monde selon Garp), qui le propulsa d’un coup au firmament de la littérature, et je me souviens de cette lecture comme d’un événement. J’ai dévoré par la suite son œuvre complète et ma fidélité passionnée ne s’est démentie que récemment, quand il s’est mis à « bégayer » quelque peu, à ressasser les mêmes obsessions, et surtout à se recentrer exclusivement sur lui, alors qu’il savait si bien parler des autres, mixant leur histoire avec la sienne et pimentant le tout d’un zeste d’imagination pour créer ses personnages de fiction. « La condition de l’écrivain exige qu’il sache allier l’observation minutieuse à l’imagination non moins minutieuse de ce qu’il ne lui a pas été donné d’observer. » Belle profession de foi qui donne déjà une des clés du succès d’Irving, dès que la recette a été mise au point à la fin des années 70 et appliquée avec le bonheur que l’on sait dans Le Monde selon Garp. Je m’en tiendrai, dans cet hommage, à la période 1980-2005 qui recèle plusieurs chefs-d’œuvre, livres si « énormes » qu’il serait impossible et vain de raconter chacun d’entre eux et qu’on ne peut les considérer que dans leur globalité.

L’art où John Irving excelle, c’est celui de traiter les sujets graves de manière hilarante, voire loufoque, un peu à la Woody Allen –  « Pourquoi  les gens s’obstinaient-ils à prétendre qu’on ne pouvait être à la fois comique et sérieux ?  » se demande déjà Garp/Irving  –  et, plus généralement, de mêler intimement les émotions les plus diverses. C’est sa marque de fabrique, un cocktail détonnant qui confirme son efficacité dans L’Hôtel New Hampshire, où John Berry narre la jeunesse chaotique de sa fratrie, bringuebalée d’un hôtel et d’un continent à l’autre en compagnie d’un ours, sous la houlette de leur cinglé de père. Ici aussi, le sujet est grave (aucun ne sortira indemne de l’aventure, et l’ours non plus), mais le livre fourmille de passages rocambolesques, et on craque par ailleurs devant la solidarité indéfectible qui unit les enfants (jusqu’à mener à l’inceste deux d’entre eux).

        

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Hommage à Robert Harris

Hommage à Robert Harris

Par Catherine Chahnazarian.

« Tous mes livres sont sur le pouvoir », dit Robert Harris (2019). C’est pourquoi on y trouve toujours l’ambition, la vanité, le courage, la lâcheté, le secret, le mensonge, l’admiration, la peur et quelques autres ingrédients qui font mouche. Robert Harris sait nous parler de choses qui font partie de nous : il sait s’adresser à notre culture, pas celle qu’on étale mais celle qui nous a façonnés. Dans ses histoires, il y a l’Histoire, et la nature humaine, la nôtre et celle de ses personnages, qu’on ne peut mettre à distance, qu’on découvre, qu’on vit et qui laissent des traces en nous comme si on les avait croisés. Il nous emmène aussi bien dans la Rome antique (avec Pompéï et la trilogie autour de Cicéron : Imperium, Conspirata, Dictator) que dans l’Allemagne nazie (Fatherland Munich), l’Amérique et l’Angleterre politiques récentes (L’homme de l’ombre), la France de l’Affaire Dreyfus (D.) ou le Vatican (Conclave).

Tous ses romans sont des thrillers, dans lesquels Robert Harris mêle avec une habileté déconcertante les personnages historiques et fictionnels, les lieux et les faits historiques et imaginaires. Journaliste en pratique et historien dans l’âme, il pose sur les événements un regard bien à lui, respectueux des vérités et libre face à elles. Je suis admirative de sa grande culture sans forfanterie, de son style sans effets ostentatoires, de son sens aigu de la littérature – par opposition aux auteurs qui ne sont que mots, aux romans qui ne sont que ficelles, à ceux qu’on a envie de lâcher en route et à ceux qu’on oublie aussitôt.

Certains, un peu moins aboutis, ne sont plus disponibles que d’occasion (Enigma, Archange), mais ses autres livres sont disponibles en français chez Plon dans les remarquables traductions de Nathalie Zimmermann.

J’aurais du mal à dire lequel je préfère : Conclave, peut-être, que je trouve presque parfait ; D., que j’ai adoré ; Fatherland, qui est une idée géniale et rudement bien menée ; la trilogie sur Cicéron, qui m’a fait voyager dans le temps et l’espace…

       

Un nouvel opus vient de sortir en anglais : The second sleep (septembre 2019). J’attends avec impatience sa traduction française. Je vous ferai une critique, pour sûr.

Robert Harris a 62 ans. Il a travaillé à la BBC et pour différents journaux anglais. Il vit en Angleterre.

Catégories : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne) ; Extras.

Liens : Robert Harris chez Penguin, son éditeur anglais, et chez Plon. Plusieurs de ses romans ont été chroniqués sur Les yeux dans les livres ; ils sont accessibles depuis le classement par auteurs. Et voici un bon article assez récent du Guardian, pour ceux qui lisent l’anglais.

Hommage à Philippe Claudel

Hommage à Philippe Claudel

Par Anne-Marie Debarbieux.

Après un parcours semé de quelques détours qui ne l’ont pas conduit directement à une carrière d’homme de Lettres et de scénariste, Philippe Claudel, né en 1962, est venu assez tardivement à l’écriture (en 1999), peut-être quand il a estimé avoir suffisamment vécu pour avoir quelque chose d’intéressant à dire. C’est aujourd’hui un auteur (et cinéaste) prolifique et reconnu (lauréat de nombreux prix prestigieux, il fait partie de l’académie Goncourt, et ses livres sont traduits dans le monde entier). Ce Lorrain, très attaché à ses racines et à sa famille en dépit de ses nombreux voyages, est décrit comme un homme modeste et peu friand de mondanités, écrivain solitaire appréciant néanmoins le travail d’équipe (indispensable au cinéma), à la fois sérieux et bon vivant, enclin à l’analyse et à la rigueur sans dédaigner les élans de la sensibilité.

Je l’ai découvert au hasard d’un vote auquel j’avais participé, entre 4 romans destinés à des adolescents. Parmi les œuvres proposées figurait La fille de Monsieur Linh, un petit livre dont l’originalité et la sensibilité m’avaient séduite : des pages captivantes, touchantes sans être mièvres, ce qui n’est pas si facile.

J’ai ensuite lu Le rapport de Brodeck, dont la tonalité est beaucoup plus grave, et qui pour moi est vraiment un livre très marquant, auquel j’associerais Les âmes grises, un peu plus ancien, et L’archipel du chien, un roman très récent. Trois livres qui déclinent, à travers des personnages issus du quotidien, la question de la peur de l’autre dès qu’il appartient à un univers différent du nôtre, et celle de la pression du groupe qui amène à franchir les limites irréversibles où l’humain devient inhumain, où l’homme devient un loup pour l’homme, quand la frontière entre le Bien et le Mal devient floue.

       

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Deux histoires de crêpes pour les enfants (6-9 ans)

Thérèse Bonté et Emmanuelle Massonaud, Sami et Julie font des crêpes et Le voleur de crêpes, Hachette Éducation

Sami et Julie forment un fameux duo. Toute une collection de livres leur est consacrée, avec pour objectif d’amuser les enfants tout en contribuant à leur apprentissage de la lecture. Public cible précis : les CE1 (2e année de l’école primaire).

Le coup de crayon est simple et efficace, les couleurs toujours bien vivantes ; les textes sont rédigés dans un français de qualité et écrits assez grands, en détachant bien les mots pour faciliter le déchiffrage.

La Chandeleur est l’occasion de faire un petit extra sur Les yeux dans les livres et de se pencher sur deux de ces albums : Sami et Julie font des crêpes, où les deux enfants vont tenter la recette la plus simple du monde… et trouver le moyen de faire des bêtises ; et Le voleur de crêpes où il faut élucider la disparition du précieux dessert :

Catégorie : Extras.

Liens : chez Hachette Éducation, Sami et Julie font des crêpes et Le voleur de crêpes.

Noël 2018 – Quel livre offrir? Et si on s’amusait avec un bon polar? (III)

Romain Puértolas, Tout un été sans Facebook, Le Dilettante, 2017

Stylo-trottoir : Homme, environ quarante ans, d’accord pour dire que dans l’ambiance actuelle on mérite de lire des romans légers et amusants . « Il ne lit jamais rien d’autre » précise sa compagne.

Dans ce roman, l’enquête policière n’est pas extraordinaire, mais le personnage qui la mène est truculent. Agatha Crispies, fliquesse au physique remarquable et au caractère bien trempé, s’est fait mettre au placard. Elle a été mutée à New-York… qui est une toute petite ville du Colorado où il n’y a rien, même pas une antenne relais pour se connecter à un réseau social. Agatha est obligée d’ouvrir un club de lecture au commissariat pour tuer l’ennui. Mais quelqu’un d’autre va tuer, et pas l’ennui mais de vrais gens, ce qui va mettre de l’ambiance. C’est drôle, loufoque, satirique, léger comme tous les Puértolas, le papa du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, si vous vous souvenez… Un auteur qui ne se prend pas au sérieux et qui nous veut du bien.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Noël 2018 – Quel livre offrir? Et si on s’amusait avec un bon polar? (II)

Frédéric Lenormand, Le retour d’Arsène Lupin, Le Masque (JC Lattès), 2018

Par Florence Monségur.

Après avoir fait vivre à Voltaire des aventures amusantes, Frédéric Lenormand s’attaque à Arsène Lupin – à moins que ce ne soit Arsène Lupin qui s’attaque à… car tout est possible avec cet as du déguisement (et Lenormand adore les déguisements), de la pirouette (et Lenormand adore les pirouettes), des rebondissements et du second degré (et Lenormand adore…).

Lecture légère mais cultivée quand même, comme toujours avec Frédéric Lenormand ; légère mais pétillante, comme toujours avec Arsène Lupin.

Pour se changer les idées et se détendre.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur. Et profitons-en pour rappeler que le même auteur a aussi repris les aventures du vénérable Juge Ti et écrit des livres pour les jeunes.

Noël 2018 – Quel livre offrir? Et si on s’amusait avec un bon polar? (I)

Marie Fitzgerald, De l’infortune d’être un anglais (en France), Fleuve Editions, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Si vous aimez les thrillers intenses, durs et sanglants, qui vous empêchent de dormir la nuit… c’est loupé.

Si vous aimez les polars du Grand Nord, où l’inspecteur dépressif et torturé erre tristement sur la banquise, un verre d’aquavit à la main… c’est raté.

Si vous aimez le Sud, la bonne bouffe et un enquêteur classique fan d’Hercule Poirot, c’est pour vous.

Dans la région de Vaison-la-Romaine, cinq Anglais sont morts en quelques mois, de causes totalement différentes. Mais en ces jours de Brexit, où le moindre frémissement pourrait faire capoter des négociations qui n’avancent pas, un consul anglais outré a contacté les Affaires étrangères, qui ont mandaté le préfet, qui s’en est pris au procureur, qui a appelé le commissaire, qui a sommé l’inspecteur Escariot d’enquêter fissa.

Cinq Anglais morts en quelques mois, vu le nombre installés dans la région est-ce si  anormal ? Dur, dur d’enquêter en zigzagant entre les Rosbifs francophobes qui ne font rien pour s’intégrer et les Grenouilles anglophobes qui veulent venger Napoléon, entre les « amis de l’Empereur » et le « club Wellington ». Surtout que les mêmes mots prononcés par un anglais ou par un français ne veulent absolument pas dire la même chose.

Un vrai policier avec une vraie enquête mais dans l’humour et la dérision, ciblant les travers des uns et des autres, qui m’a souvent fait sourire voire rire et m’a fait penser à Une année en Provence de Peter Mayle (1989).

Bonne lecture et joyeuses fêtes à tous.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : De l’infortune d’être un Anglais (en France) sur lisez.com.

Des guides de voyage pour les enfants

Vous avez la chance de partir en vacances ? Vos enfants trépignent d’impatience ? Offrez-leur un guide de voyage adapté à leur âge.

Les Éditions Bonhomme de chemin proposent un assez vaste catalogue de guides pour enfants : Paris, Bordeaux, Nantes, la Bretagne, les châteaux de la Loire, la Provence, Londres, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Allemagne, le Maroc, le Monde Arabe, la Turquie et New-York ! Votre enfant peut même se procurer un pack composé du guide de voyage et d’un guide de conversation dans la langue du pays. Oh, et… If you are visiting France, buy the book in English (The Loire Valley, Paris for kids, France for kids) o en Español (Paris para niños).

        etc.

Les  Éditions Autour du monde, outre trois beaux guides de voyage pour les adultes (Sri Lanka, Bali, République Dominicaine), ont sorti quatre guides pour la jeunesse (à partir de 6 ans) pour ceux qui partent au Sri Lanka, à Bali, au Cambodge ou en Bulgarie. Ce dernier guide, en co-édition avec Pulsio, peut être choisi en français, en anglais ou en édition bilingue.

     

Dans un autre genre, et en partenariat avec France Info, les  Éditions Nomades publient un guide de Paris conçu avec des enfants. Découvrez la capitale française à travers 12 balades et les adresses que vous recommandent des jeunes trotters de 7 à 12 ans !

Cette (courte) liste n’est sans doute pas exhaustive… Si vous en connaissez d’autres à recommander, postez un commentaire ?

Des livres pour Pâques et pour les enfants

(C’est toujours un plaisir de faire un zeugme !)

Pénélope, la poule de Pâques, d’Hubert Ben Kemoun et Jess Pauwels, chez Flammarion-Jeunesse, 2017 (de 4 à 6 ans)

La couverture précédente (la brune) était beaucoup plus pertinente et attrayante, mais dans la nouvelle édition il y a des stickers et des pochoirs ! Ce mini-thriller pour enfants vous fera fondre… comme fondra peut-être au soleil du jardin cette poule de Pâques en chocolat que personne ne trouve malgré ses cris !

J’attendrai Pâques, d’Alexandra Junge et Géraldine Elschner, aux éditions Mijade, 2015 (à partir de 5 ans)

Ce petit poussin a décidé de naître à Pâques parce qu’il a entendu dire que c’est une jolie fête. Mais quand est-ce, Pâques ? Sa maman la poule ne le sait pas non plus. Alors l’enquête commence… Un beau livre pour apprendre comment est déterminé chaque année le jour de Pâques.

La poule qui ne pondait pas, de Julie Paschkis, au Genévrier, 2016 (à partir de 5 ans)

Les autres poules pondent des œufs, mais pas elle. Elle est bien trop occupée à regarder le monde coloré autour d’elle ! Un beau livre sur la différence, par une coloriste experte.

50 activités pour Pâques, collectif, chez Usborne (à partir de 4-5 ans et jusqu’à…)

Parce que la chasse aux oeufs ne durera pas toute la journée, encore moins toutes les vacances. Cuisiner, peindre, découper, etc., il y en a pour tous les goûts dans ce livre qui servira aussi l’année prochaine, et pour d’autres fêtes.

La cuisine et la pâtisserie sont un jeu d’enfants

Michel Olivier, La cuisine et la pâtisserie sont un jeu d’enfants, Plon, 2013

Notre petit extra Chandeleur !

Réveillez votre âme d’enfant prêt à mettre ses mains dans la farine, avec ce mix des deux célèbres ouvrages, La cuisine est un jeu d’enfants (1963) et La pâtisserie est un jeu d’enfants (1979), sans cesse réimprimés depuis leur première publication. Les recettes sont accompagnées de dessins amusants et efficaces : Michel Olivier vous dessine une tranche de lard grandeur nature, de face et de profil,  pour que vous voyiez la longueur et l’épaisseur qu’elle doit avoir dans telle recette ! Fils du grand chef Raymond Olivier, il est convaincu depuis toujours que les enfants savent faire « autre chose que de la pâte à sel », et il a raison.

Voilà un joli cadeau-livre à offrir, à partir de 7 ans. Et une source d’inspiration pour varier les plaisirs à la Chandeleur. Car si vous pourrez retrouver la recette des crêpes à la page 201, vous découvrirez aussi la « crêpe aux croutons » (p. 53) et les « crêpes de pommes de terre » (p. 105) !

Catégorie : Extras.

Liens : La cuisine et la pâtisserie sont un jeu d’enfants et, paru en 2017, Les Inratables.

Offrir un livre… Mais lequel ?

Notre sélection de cadeaux pour Noël/Nouvel An (2017/2018)

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Il n’est pas tout récent, mais « délicieux » est le mot qui vient naturellement à la bouche quand on referme ce livre burlesque et attendrissant, dont l’intrigue principale se déroule pendant la 2e Guerre mondiale alors que l’île britannique de Guernesey est envahie d’Allemands. Lire la critique de Catherine Chahnazarian et le commentaire de Sylvaine Micheaux qui la suit.

Le dimanche des mères, de Graham Swift. Un petit roman court qui se passe sur une seule journée, celle de l’envol d’une jeune servante anglaise dans l’entre-deux-guerres, le début de sa liberté. Un livre simple d’une très belle écriture, et beaucoup plus profond qu’il n’y parait. C’est la première sélection de Sylvaine Micheaux pour Noël. Voici la critique qu’en avait fait Brigitte Niquet.

La fiancée américaine, d’Eric Dupont. Un ton de conteur à la veillée, une imagination débordante, des scènes hallucinantes, des personnages hors norme, une délicatesse de tous les instants. Le coup de cœur de François Lechat qui pardonne même, dans sa critique, les curieuses fautes de langue ou d’orthographe qui émaillent ce roman-fleuve venu du Québec.

Les furies, de Lauren Groff. Deux jeunes gens solaires, beaux, talentueux, charismatiques, se rencontrent et tombent éperdument amoureux. Où est la faille ? Dans le passé de l’un et de l’autre, sur lequel ils ne se sont jamais menti mais se sont tus. Une recommandation de Brigitte Niquet, pour ceux qui aiment la « grande » littérature, avec un style magnifique, mais qui se lit comme un thriller. Lire ici la critique complète.

Judas, d’Amos Oz (Gallimard, coll. Du monde entier). S’y entrelacent plusieurs trames : le lien entre Schmel, devenu « pour un temps » l’homme de compagnie d’un grand aîné, et Atalia, une femme mystérieuse qu’il aime dès le premier regard ; l’histoire du sionisme, de ses contradictions, de ses luttes internes. Il y a aussi, distillée, une réflexion puissante sur Juda l’Iscariote. « Amos Oz en retourne l’ignominieuse image. Il m’a convaincu que le traître pourrait bien être le premier et peut-être le plus grand chrétien. C’est saisissant de justesse », ajoute Jacques Dupont dont ce livre est « sans hésitation » le premier choix de cadeau pour Noël/Nouvel An.

L’amie prodigieuse, le premier d’une série de romans d’Elena Ferrante dont on a beaucoup parlé et dont le succès est bien mérité. L’Italie, deux amies, la vie, la vraie. Lire la critique de François Lechat. Les volumes suivants sont très bien aussi ! Mais il faut commencer par le commencement.

L’archipel d’une autre vie, d’Andreï Makine. L’action se passe aux confins de l’extrême-Orient russe, dans un froid glacial et sur fond de Guerre froide. Un prisonnier s’évade et une longue traque commence, mais le gibier va se jouer des chasseurs… Pour ceux qui aiment le genre « aventures » mais complètement décalé. C’est un choix de Brigitte Niquet et sa critique se trouve ici.

Conclave, de Robert Harris. Construction presque parfaite que celle de ce roman à suspense, sujet original, personnage central exceptionnel, univers merveilleux. On apprécie sans doute mieux ce livre quand on a un minimum de culture catholique, mais ce n’est pas indispensable, et que l’on soit croyant ou non n’a aucune importance. À partir de 15 ans. Lire la critique de Catherine Chahnazarian et le commentaire qui suit, de François Lechat.

Les Plantagenêts, de Dan Jones. Un livre d’histoire qui se lit comme un roman. Trois siècles pendant lesquels l’histoire de l’Angleterre était intimement mêlée à l’histoire de France dans un livre qui nous offre tout ce que l’on aime : du bruit et de la fureur, des grands rois et des petits tyrans, des reines puissantes et des prélats sûrs de leur bon droit, des barons tantôt fidèles tantôt rebelles. Lire ici la critique complète de François Lechat.

Partir et raconter – une odyssée clandestine, de Mahmoud Traoré et Bruno Le Dantec (Lignes poche). Mahmoud quitte la Casamance. Il raconte la traversée du Sahel, du Sahara, de la Libye, du Maghreb. Tout ce périple… que l’obstacle de la Méditerranée occulte.  Les migrants ne forment pas qu’un peuple nomade, ils sont aussi une myriade de communautés, qui s’allient, qui s’opposent. Il est une société de la migration, avec des règles et des rapports de pouvoir, qui se faufile à travers des territoires incertains, aux intérêts changeants. La migration est une aventure, une odyssée ; Mahmoud est un aventurier,  peut-être même un explorateur, parti à la conquête d’un territoire inconnu : le nôtre. C’est Jacques Dupont qui recommande d’offrir ce livre.

Par amour, de Valérie Tong Cuong (chez Lattès). Un beau livre, souvent dur mais avec une belle fin, recommandé par Sylvaine Micheaux. Nous sommes au Havre pendant la Seconde Guerre mondiale, le Havre sinistré, bombardé. Deux familles avec enfants, l’une très droite et patriote, l’autre plus fantasque. Un roman choral très poignant, la petite histoire des sentiments humains au milieu de la grande Histoire. Passionnant.

Les filles de Roanoke, d’Amy Engel. Yates a adoré ses filles et ses petites-filles. Seule Lane a eu le courage de fuir pour lui échapper. Les autres femmes de la famille en sont mortes. Un roman pour adultes, à la psychologie complexe, à réserver à ceux qui aiment les sagas familiales bien noires. Lire la critique de Brigitte Niquet.

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