Chambre 128

Cathy Bonidan, Chambre 128, La Martinière, 2019

Par Anne-Marie-Debarbieux.

Le principal intérêt de ce petit livre réside dans le choix de la forme épistolaire. Choix original, presque désuet aujourd’hui, et de ce fait intéressant, d’autant plus que ces lettres sont bien écrites ; le style en est fluide, élégant même, et donc d’une lecture très agréable. Les correspondants aiment écrire ou découvrent le plaisir d’écrire ou le retrouvent peut-être, et se dévoilent peu à peu dans ces échanges de plus en plus personnels. La lettre manuscrite, même spontanée (et à plus forte raison si elle goûte le temps de la réflexion), s’attache davantage à la recherche de l’adéquation des mots et de la pensée et, qu’elle suscite la surprise ou impose le délai d’une attente pour parvenir à son destinataire, elle génère des réponses à leur tour fébriles ou longuement mûries. Elle a aussi le charme d’une calligraphie personnelle.

Au centre de cette histoire, le manuscrit d’un roman oublié dans le tiroir de la table de chevet d’une chambre d’hôtel. Celle qui l’a trouvé (et n’a pas résisté à la curiosité de le lire) cherche évidemment à le restituer à son propriétaire, sans se douter qu’elle entame un parcours compliqué qui prend la tournure d’une sorte d’enquête. En effet le manuscrit a toute une histoire et c’est entre ceux qui lui sont liés de près ou de loin (et ne se connaissent pas forcément), que s’élabore ainsi toute une correspondance.

Chambre 128 est donc un roman dont le thème est finalement l’écriture et le pouvoir du livre.

Très habilement, l’auteur ne nous dévoile pas le contenu du manuscrit (tout au plus devine-t-on qu’il s’agit d’une histoire d’amour) car en réalité ce qui est en jeu, ce sont les émotions et les partages qu’il génère chez ses lecteurs plus que le contenu lui-même.

Quelle influence un livre peut-il parfois avoir sur une vie ou à tout le moins sur l’évolution d’un lecteur ? Vaste question !

Ce petit livre n’est pas un chef d’oeuvre incontournable mais il est plaisant et le thème ne laisse pas indifférent les passionnés d’écriture.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Une fille sans histoire

Constance Rivière, Une fille sans histoire, Stock, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Ce premier roman de Constance Rivière est une vraie réussite.

Adèle, jeune femme de 25 ans, vit quasi enfermée dans son appartement situé près de la salle du Bataclan, triste, solitaire, inexistante et presque invisible, surtout depuis le décès de son père, la seule personne pour qui elle comptait un peu. Sa seule distraction, assise le soir devant sa fenêtre ouverte, est de scruter ses voisins dans leur appartement éclairé, imaginant leur intérieur et leur inventant une vie. Mais ce soir de novembre 2015, le calme de la nuit est troublé par le bruit des sirènes des pompiers et de la police. Intriguée, Adèle finit par allumer la télévision et découvre les attentats sur Paris dont celui du Bataclan si proche. Le lendemain, sur l’écran, une maman italienne brandit la photo de son fils Mattéo, dont elle est à la recherche. Adèle connaît un peu Mattéo, un étudiant des Beaux-Arts, gentil, souriant, et qui laissait parfois des esquisses sur les nappes en papier du petit bar où la jeune fille a été serveuse quelques mois.

Mue par un besoin irrésistible et incompréhensible, Adèle se précipite à l’École Militaire où se regroupent les familles des victimes en attente de nouvelles ; mais pour pouvoir y entrer, elle invente dans l’urgence une histoire d’amour, toute nouvelle et encore secrète, avec Mattéo, et un rendez-vous avec lui, chez elle après le concert. Ainsi commence, pour Adèle, le plus grand rôle de sa vie.

Ce roman est l’histoire d’Adèle, écrite à la troisième personne, entrecoupée des témoignages, écrits à la première personne, d’un bénévole psychologue de la Croix Rouge et de la mère de Mattéo. Bien qu’on sache dès les premières pages la chute de l’histoire, on est happé par le récit, par ce destin singulier, et on ne veut qu’une chose : comprendre le pourquoi, le comment et savoir jusqu’où la jeune fille va aller.

L’écriture est fine, précise, addictive ; rien n’est larmoyant ni sordide malgré ce sujet qui devient courant dans la littérature actuelle – les attentats de 2015.

Un excellent premier roman, qui fait partie de la sélection du Prix Lire Élire des Bibliothèques Pour Tous Nord-Flandre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Marche blanche

Claire Castillon, Marche blanche, Gallimard, 2020

Par Brigitte Niquet.

Je me souviens de la première apparition de Claire Castillon dans une émission littéraire, en 2006 je crois, sous l’oeil ébaubi de Patrick Poivre d’Arvor, sidéré devant le phénomène : une jeune et très jolie fille venant présenter un brûlot intitulé Insecte (lisez Inceste), un recueil de nouvelles qui mettait le feu sans vergogne aux relations mère-fille et versait de l’huile sur ledit feu comme s’il ne prenait pas assez vite à son goût, le tout en écarquillant de grands yeux presque candides. Époustouflant.

J’appris alors que l’auteure n’en était pas à son coup d’essai, et venait de réussir son coup de maître médiatique. J’avais l’intention de suivre sa carrière, mais je l’ai un peu oubliée car elle fut étonnamment discrète, et c’est seulement en 2020 que la belle refait vraiment surface avec cette Marche blanche où l’on retrouve toute la virulence d’Insecte, mais comme inversée puisqu’il s’agit ici d’une mère dont on a enlevé la petite fille de 4 ans, jamais retrouvée, une mère qui ne s’en remet pas et en veut à la terre entière, et d’abord à son mari, qu’elle accuse d’avoir baissé les bras trop facilement. Dix ans plus tard, lorsqu’un couple avec deux enfants vient s’installer dans la maison d’en face, elle se persuade que la fille (qui a l’âge qu’aurait la petite disparue) est sa propre fille et elle perd peu à peu contact avec la réalité.

Voilà un beau sujet pour faire pleurer Margot, mais Margot ne pleure pas car l’histoire nous est racontée exclusivement du point de vue de la mère (qui parle de bout en bout à la 1e personne), bien trop ancrée dans ses révoltes et ses délires pour nous tirer des larmes. Cette femme est glacée et rien ne la réchauffe, cette femme est glaçante et, si elle ne nous émeut pas vraiment, elle nous inquiète profondément et l’on pressent que cela va finir mal, très mal. Il y a trente-six façons qu’une histoire finisse mal et l’on ne saura qu’à la toute fin laquelle Claire Castillon a choisie. Disons simplement qu’elle est dans la logique du personnage – et de l’auteure. À quand le prochain Castillon ? Nous l’attendons avec impatience.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Le Service des manuscrits

Antoine Laurain, Le Service des manuscrits, Flammarion, 2020

Par Sylvaine Micheaux.

Une maison d’édition reçoit en moyenne trois mille manuscrits par an, et deux ou trois sont édités et deviennent des succès. Ce roman d’Antoine Laurain nous fait pénétrer dans le saint des saints de la maison d’édition où Violaine Lepage, quarante-quatre ans, est directrice et éditrice : le Service des manuscrits. Chaque manuscrit reçu est lu et annoté d’un carré s’il est refusé, d’un croissant s’il mérite une seconde lecture et des corrections, ou enfin d’un soleil, le Graal qui mène à l’édition, voire au succès. Et un soleil, Marie, lectrice, vient d’en trouver un avec « Les Fleurs de sucre ». Ce roman, plein de suspense au sujet de meurtres commis en Normandie, mais qui n’est pas un polar, rencontre très rapidement le succès. Le souci est que son auteur, Camille Désencres, est non seulement invisible, mais injoignable, qu’on ignore même si c’est une femme ou un homme, et que le livre est sélectionné dans les Goncourables. Violaine cherche désespérément à mettre la main sur cet auteur qui devra forcément être présent lors de la remise du Goncourt, si remise il y a.

Le plus de ce roman, une plongée dans le monde de l’édition dans un pays, la France, où des millions de gens rêvent d’écrire un livre, où cinq cent mille le font chaque année, avec forcément d’innombrables refus à la clé. Autre plus, l’héroïne, Violaine : un portrait de femme complexe, secrète, qui a tout fait pour réussir ; et l’interaction entre l’histoire du roman « Les Fleurs de sucre » et des meurtres bien réels commis en Normandie.

Le moins, la fin bâclée, qui se précipite pour donner réponse à tout. Mais l’écriture est agréable, et cela se lit d’une traite.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Le pays des autres

Leïla Slimani, Le pays des autres, Gallimard, 2020

Par Brigitte Niquet.

Leïla Slimani ne chôme pas. Si l’on ne considère que son activité de romancière, trois romans en six ans dont un prix Goncourt, voilà qui vous pose une écrivaine, surtout aussi jeune. Quel étonnant parcours que celui de cette franco-marocaine, dont le premier manuscrit fut refusé par tous les éditeurs et le troisième (Chanson douce) couronné par un prix Goncourt mérité ! Et voici que sort maintenant le premier tome de ce qui va devenir une saga en trois volumes. Excusez du peu !

Nous sommes au tout début des années 1950. Mathilde, une jeune Alsacienne, s’est éprise d’Amine, un colonel de spahis marocain venu se battre aux côtés des soldats français. Quand la paix revient, elle quitte tout pour lui, l’accompagne dans son pays et l’épouse. Hélas… Elle croyait vivre dans une belle maison, au soleil, roucoulant avec son époux chéri, et elle se retrouve dans une chambre insalubre dans la maison de ses beaux-parents, ne jouit d’aucune liberté, n’a aucun droit, et son mari, bien que lié à elle par une vraie passion charnelle, puis par la venue d’un enfant, n’hésite pas à l’« esclavagiser », voire à la frapper si elle se montre trop rétive : c’est ainsi qu’on traite les femmes dans la culture marocaine et nul ne s’en indigne. Mais Mathilde n’est pas prête à se laisser faire et Le pays des autres est avant tout l’histoire de son combat pour exister autrement que dans l’ombre d’Amine. Même si elle trébuche, même si elle tombe, elle se relève et va de l’avant. Sa fille Aïcha lui emboîte le pas ainsi que sa belle-sœur Selma, et l’on devine que l’émancipation des femmes, si elle n’est pas pour demain, sera pour certaines après-demain, tandis que le Maroc, sous tutelle française, s’ébroue lui aussi et refuse l’infantilisation dans laquelle la « mère-patrie » prétend le maintenir.

J’ai aimé ce livre, sa belle écriture, le souffle épique qui le porte et les échos de batailles que nous avions presque oubliées, mais j’avoue que j’ai peiné un peu à le terminer et je ne suis pas sûre que je lirai les deux tomes suivants annoncés. Comme pour L’amie prodigieuse, j’ai le sentiment d’en savoir assez pour imaginer la suite. Ou ne pas l’imaginer et passer à autre chose, par crainte de saturation, d’overdose… Mais c’est un point de vue très personnel et personne n’est obligé de le partager. Aucun risque, d’ailleurs, vu le formidable succès de librairie d’Elena Ferrante. Nous en souhaitons autant à Leïla Slimani.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Laura

Eric Chauvier, Laura, Allia, 2020

Par François Lechat.

Alors que c’est la mort qui rôde chez Julia Deck, dans Propriété privée, autre court récit à la première personne dont la fin reste ouverte, c’est l’incendie d’une usine qui menace dans Laura. Mais s’il entretient l’interrogation (Laura et son amoureux transi oseront-ils mettre le feu ?), Eric Chauvier n’en fait pas le centre de son roman. C’est Laura qui importe, avec toute l’ambivalence qu’elle inspire à Vincent, son soupirant. Car Laura, qui lui enflammait déjà les sens au collège, est restée désespérément belle mais, aussi, désespérément province, inculte et vulgaire, alors que Vincent a étudié la philosophie à Paris…

Sur cette trame banale, Eric Chauvier tresse un bel entrelacs de dialogues réalistes et de réminiscences pleines de finesse. C’est que Laura, star du collège et du village, désirée par tous les mâles du coin, a vu se fracasser ses rêves d’ascension sociale par le mariage, et que Vincent a tout enregistré, tout retenu, tout digéré. Le cynisme des puissants, l’humiliation des petites gens, la France des territoires perdus, la rage à l’égard des élites et la damnation des femmes, c’est tout cela qu’évoque Vincent par petites touches incisives alors même que, dans ces longues heures avant l’incendie, il ne rêve que de « conclure ».

Avec Laura, Eric Chauvier réussit le nouage de l’intime et de l’intelligence. Julia Deck avait atteint le même niveau de réussite dans Viviane Elisabeth Fauville, mais elle est moins ambitieuse dans son dernier roman, Propriété privée.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Propriété privée

Julia Deck, Propriété privée, Minuit, 2019

Par François Lechat.

Julia Deck s’est fait connaître en 2012 avec Viviane Elisabeth Fauville, court roman qui racontait les pérégrinations, dans le Quartier latin, d’une femme amenée à tuer son psychanalyste. Elle n’a changé ni d’éditeur ni de manière avec Propriété privée, dont l’action se situe cette fois, avec beaucoup de précision, dans un écoquartier de la banlieue est de Paris, et qui commence aussi par un meurtre – mais celui d’un chat, en l’occurrence.

J’ai lu Propriété privée juste avant Laura, d’Eric Chauvier, et l’analogie est frappante : deux auteurs français confirmés, fidèles à leur éditeur, adeptes du format court, du récit à la première personne et des fins ouvertes, et qui mêlent un suspense à un arrière-plan sociologique affirmé. Mais si Julia Deck l’emporte pour le suspense, et aussi pour l’humour (le livre commence ainsi : « J’ai pensé que ce serait une erreur de tuer le chat, en général et en particulier »), elle n’a pas osé aller au bout de son propos. Son écoquartier rempli de citoyens de bonne volonté n’est qu’un décor, et ce qui aurait pu être une étude de mœurs se focalise, avec l’arrivée de nouveaux voisins appelés Lecoq, sur une querelle de voisinage. Une belle querelle, avec des temps forts et des rebondissements, et qui conduit à soupçonner un vieil ermite d’être capable du pire. Mais une querelle malgré tout : un moment savoureux, guère plus – peut-être la base d’une mini-série télévisée…

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Place Colette

Nathalie Rheims, Place Colette, Ed° Leo Scheer, 2015

Par Anne-Marie Debarbieux.

La narratrice est une adolescente qui a passé 4 ans dans une coquille de plâtre à la suite d’une erreur de diagnostic. La lecture a comblé en partie l’horizon bouché par cette immobilisation forcée et inutile. Elle a à peine 13 ans quand elle réintègre difficilement la vie « normale » : c’est une pré-adolescente solitaire, à la fois trop mature et  sans grâce, décalée  dans une famille d’intellectuels aisés où l’on se soucie surtout du paraître et des relations mondaines. Elle continue de nourrir cependant une passion, celle de la littérature et surtout du théâtre. Aussi quand ses parents reçoivent un comédien connu, qui appartient au cercle très élitiste de La Comédie Française, est-elle  fascinée et sent-elle décupler sa vocation de consacrer sa vie au théâtre.

C’est évidemment là le tournant du récit – et le début d’un malaise pour le lecteur qui voit soudain se jouer un scénario assez inattendu.

Cette histoire de vie est intéressante mais dérangeante ou peut-être intéressante parce qu’elle est dérangeante et que l’ambiguïté des personnages (y compris les personnages secondaires) suscite des questions ! Car la passion du théâtre et la passion amoureuse se nourrissent mutuellement en cette très jeune fille qui avait une revanche à prendre sur une enfance « volée » en quelque sorte.

Un livre que certains trouveront choquant et qui est, à tout le moins, audacieux.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

La vie qui m’attendait

Julien Sandrel, La vie qui m’attendait, Calmann Levy, 2020

Par Sylvaine Micheaux.

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Julien Sandrel, La chambre des merveilles, si poignant avec l’histoire de cette mère dont le jeune enfant est entre la vie et la mort et qui décide de réaliser les rêves de son fils pour le faire revenir à la vie. Donc j’ai plongé dans le second, La vie qui m’attendait.

Romane, 39 ans, médecin généraliste, terne, hypocondriaque et angoissée, passe sa vie un sac en papier à sa portée pour combattre l’hyperventilation dont elle souffre chaque fois qu’elle stresse. Et tout, absolument tout, la stresse. Elle vit sans vivre vraiment.

Jusqu’à ce qu’une de ses patientes lui dise : « Je vous ai vue sortir en larmes du bureau de ce pneumologue à Marseille. Pourquoi vous cachiez-vous sous une perruque rousse ? »  Or, même si depuis l’adolescence Romane se teint en brune, elle est d’un roux flamboyant au naturel et n’a jamais mis les pieds à Marseille, ni nulle part ailleurs.

Elle, si timorée, descend dans le Sud sur la trace de cet hypothétique sosie.

C’est vif, cela se lit d’un trait. C’est parfois tiré par les cheveux, même si au fil du récit l’auteur nous donne des explications qui se tiennent à peu près. Au final, c’est un bon roman de détente, assez touchant, qui risque de ne pas rester longtemps en mémoire mais qui est idéal pour une fin de confinement ou sur une plage cet été – si on a le droit d’y aller…

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

La femme révélée

Gaëlle Nohant, La femme révélée, Grasset, 2020

Par Brigitte Niquet.

Ce roman pourrait donner le vertige, car tout y est double : les deux identités du personnage principal, les deux vies qu’elle mène alternativement sur deux continents différents, son double exil (géographique et affectif), le mariage étroit de la petite et de la grande histoire qui interfèrent sans cesse… Belle pâte à pétrir pour un auteur doué, et Gaëlle Nohant l’est incontestablement.

Le récit commence dans le Paris des années 50, celui de Saint-Germain-des Prés, où l’on croise Boris Vian et Juliette Greco aussi bien que le mystérieux Sam (serait-ce un espion ?) et le jazzman noir Horatio, qui tous deux joueront un rôle important auprès de l’héroïne. Celle-ci, une jeune Américaine du nom d’Eliza Donnelley, auto-rebaptisée Violet Lee, a fui Chicago et un mari apparemment bien sous tous rapports (ce sont parfois les pires), laissant là-bas le fils de quatre ans né de cette union, qu’elle adore pourtant et espère aller bientôt rechercher. Las, dix-huit ans s’écouleront avant qu’elle puisse concrétiser ce projet, dix-huit ans dont le récit épique nourrit la première partie de l’ouvrage, dix-huit ans de galère qu’elle immortalise par ses clichés car, devenue photographe, c’est le Rolleiflex en bandoulière qu’elle témoigne de son époque.

Elle quittera donc la France du pré-mai 68 pour retrouver une Amérique grandement perturbée elle aussi, puisque c’est l’époque, entre autres, de la guerre du Vietnam mais aussi des luttes des Noirs pour leurs droits, alors même que Martin Luther King vient d’être assassiné, bientôt suivi de Bob Kennedy… Un Leïca remplaçant le Rolleiflex, Violet/Eliza s’en-ira-t-en guerre de nouveau, mais il faudra encore beaucoup de temps, d’espoirs et de désespoirs, de sang et de larmes pour qu’elle cesse enfin d’être une femme « coupée en deux » et que le titre La femme révélée prenne tout son sens.

Si l’on ajoute que Gaëlle Nohant est par ailleurs dotée d’une belle écriture et d’une impressionnante culture historique et politique, et qu’elle maîtrise l’art de donner vie à une foule de personnages secondaires aussi attachants que l’héroïne elle-même, le lecteur aura compris qu’il y a « du best-seller dans l’air ».

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Les passants de Lisbonne

Philippe Besson, Les passants de Lisbonne, Julliard, 2016

Par François Lechat.

C’est ma première lecture d’un roman de Philippe Besson. Que dire, sinon que c’est impeccable, dans un genre très français ? Court, psychologique, écrit avec une grande finesse, plein de tact et d’intelligence, distillant de l’émotion quand il le faut. Prenant, aussi, car on se demande comment va évoluer cette rencontre entre deux touristes français descendus au même hôtel à Lisbonne, et qui ont chacun des plaies à soigner. L’histoire ne prend pas le tour attendu, et c’est fort bien ainsi, même si elle ne surprend pas non plus. C’est qu’il s’agit, je l’ai dit, d’un livre très français : centré sur l’intime, la vie privée, et sur des personnages qui n’ont pas à se battre pour gagner leur vie, ni l’envie de se perdre dans les fracas du monde. Il faut donc apprécier ce livre avec ses limites, et à cette condition il séduit par son talent et son écriture. Ajoutons, en prime, une réplique finale que je ne veux pas vous révéler, mais qui renvoie sans le vouloir à l’actuelle épidémie de covid-19…

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Platine

Régine Detambel, Platine, Actes Sud, 2018 (disponible en Babel)

Par Michèle Thierry.

Quand le lecteur finit ce roman, il se demande si vraiment c’était cela – un peu, beaucoup ou pas du tout –, la vie de cette star, premier sex-symbol d’Hollywood : Jean Harlow, dénommée « la Bombe » ou, de son vrai nom, Harlean Carpenter. Régine Detambel raconte la vie d’une icône prisonnière de sa famille, des nababs d’Hollywood, et morte en pleine gloire. Elle propose un portrait sans pitié d’une femme broyée et pourtant célèbre. Elle avait des cheveux « irrésistibles », « glacés de beauté, du genre de blondeur coupante que les stars en place détesteront, parce qu’elle les évincera » (p. 38).

Écrit à la troisième personne, le récit nous présente la star dès son enfance auprès d’une mère fusionnelle et d’un beau-père abusif. Et l’auteure sait nous tenir en haleine par ses commentaires, ses remarques allusives pointant les qualités de cette femme exposée très jeune aux flashs et aux regards masculins. Régine Detambel s’écarte de la biographie sèche en rendant justement cette vie romancée, découpée en scènes, ratages et prises recommencées. Parfois le narrateur devient un je puissant.

Dès son premier mari, Paul Bern, la star est touchée par la mort plus que par l’amour. Il la battra ; il aurait pu la tuer ; il lui laisse des séquelles à vie. Il se suicidera et Harlean le pleurera. Elle cherchera ensuite à avoir un enfant, sans succès, dans une quête effrénée, lui faisant prendre des risques auprès d’hommes inconnus, dans des hôtels borgnes de Californie.

Jean Harlow tourne Saratoga avec Clarke Gable, à la fin de sa vie. Les producteurs ne comprenaient pas ses douleurs et mettaient cela sur le compte de caprices. Toute la fin est ainsi sur le ton de la tragédie et laisse le lecteur en colère. Colère face aux producteurs incrédules et face à la famille de Jean Harlow, dont sa mère, qui s’en remettait uniquement à la religion pour guérir sa fille.

Mais mourir si jeune, en pleine gloire, comme un oiseau abattu en plein vol, semble une injustice de plus. Elle avait 26 ans. Elle eut des obsèques grandioses.

Catégorie : Littérature française (roman biographique).

Liens : chez l’éditeur ; en Babel.

Des filles qui dansent & Des garçons qui tremblent

Un petit extra pour fêter la fin prochaine du confinement (du moins on l’espère) : trois critiques de textes un peu plus anciens que d’habitude, et un coup de gueule.

Stéphane Hoffmann, Des filles qui dansent (2007) & Des garçons qui tremblent (2008), Albin Michel – disponibles aussi en un seul volume au Livre de Poche (2019)

Par François Lechat.

Ces deux romans peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre, mais ils se font suite. Ils racontent la passion qui depuis leur jeunesse unit Jérôme et Camille, c’est-à-dire l’eau et le feu. Lui est issu d’un milieu modeste, fait des études, réfléchit, regarde la société d’un œil sardonique, décortique le ballet des ambitions, la lutte des places, les rituels familiaux et sociaux, le ridicule de la société de consommation. Elle vient d’une bonne famille bourgeoise, tutoie l’absolu, veut mener une vie passionnée, et se brûlera les ailes. C’est Jérôme qui raconte leur rencontre et leur histoire, entre La Baule et Nantes, en y mêlant autant de nostalgie, de regret du temps qui passe, de délicatesse, que de férocité à l’égard de ses contemporains, en particulier la bourgeoisie. Il s’exprime en phrases simples, sur un ton familier, mais avec une foule de détails et de formules qui font mouche. C’est charmant et léger, fluide et vivant. Pas vraiment neuf ni profond, mais fort bien vu : cela aurait pu passer pour de la grande littérature si l’auteur s’était pris au sérieux.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur : Des filles qui dansent ; Des garçons qui tremblent.

Lambeaux

Un petit extra pour fêter la fin prochaine du confinement (du moins on l’espère) : trois critiques de textes un peu plus anciens que d’habitude, et un coup de gueule.

Charles Juliet, Lambeaux, POL, 1995 (disponible en Folio)

Par Jacques Dupont.

« Lambeaux » … ou ce qui demeure, en forme de déchirures.

Les lambeaux de la mère biologique de Charles Juliet. Il ne l’a pas connue. Paysanne de l’Ain, elle a été internée peu après sa naissance, et n’en est pas revenue, de l’asile, où elle peignit sur les murs ces mots : « Je crève. Parlez-moi ! Parlez-moi ! ». Celle qu’il nomme l’étouffée, l’esseulée, la jetée dans la fosse et qui n’a cessé de l’entourer de son absence.

Et l’autre mère : la vaillante, la valeureuse, la toute-donnée. Paysanne, elle aussi, qui n’a cessé de l’entourer de sa présence.

Et lui, Charles. Il parvient à faire son lycée dans une institution militaire, comme « enfant de troupe », il entame des études de médecine, les abandonne pour tenter l’écriture. Après une longue dépression, il s’éveille à lui-même et devient un écrivain prolifique.

Il s’agit d’un roman d’espoir, d’une lecture aisée, souvent très émouvante.

Charles Juliet a usé tout du long d’un « tu », qu’il adresse à sa mère biologique, ou à lui-même dans la partie autobiographique. On appréciera – ou moins – le procédé.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez POL ; en Folio.

Se taire

Mazarine Pingeot, Se taire, Julliard, 2019

Par Brigitte Niquet.

J’ai lu Se taire sans penser du tout à un parallèle possible avec « l’affaire Hulot » qui m’était sortie de la tête, bien qu’ayant fait en son temps les choux gras des feuilles à scandale.  Peu importe d’ailleurs, ce livre est un roman qui s’inspire de plusieurs cas différents même si ressemblants, habilement amalgamés par l’auteure dont le talent d’écriture n’est plus à démontrer. Fin de la chasse aux sorcières et du « qui est qui ? ». On n’en finirait pas, d’ailleurs, vu les développements multiples qu’ont connus les procès pour viol ces dernières années, orchestrés par #Metoo.

Au-delà du drame du viol en lui-même, Mazarine Pingeot traite plus globalement d’un de ses thèmes de prédilection : le silence. Le silence forcé, l’omerta, dont sont pétris les « secrets de famille » et dont elle-même n’est sortie que tardivement avec Bouche cousue. Ici, c’est Mathilde, son héroïne, qui le choisit. Mais choisit-elle vraiment ? Issue d’une famille hyper médiatisée (son père est un chanteur célèbre), elle connaît trop bien les dégâts collatéraux d’un scandale possible (« Il n’atteint pas seulement celui qui en est l’origine, tous en sont éclaboussés, […] au premier chef la victime »), et a déjà inconsciemment décidé de se taire avant même que ses parents, tardivement mis au courant, ne l’y incitent habilement. Elle tourne alors le dos à la vie et s’engage dans une impasse dont on doute qu’elle puisse sortir un jour.

La jeune femme n’a plus goût à rien et flotte comme une épave à la surface de sa vie, jusqu’à ce qu’elle rencontre Fouad et que l’horizon semble s’éclaircir. Est-il celui qui va prendre Mathilde par la main et lui réapprendre à vivre et à aimer ? Rien n’est moins sûr et il faudra encore bien des péripéties avant qu’arrive le dénouement. Entretemps, on aura parfois perdu de vue le sujet de « l’après-viol », un peu noyé parmi d’autres considérations, concernant en particulier la personnalité très complexe de Fouad qui vole souvent la vedette à sa compagne. Mais l’un comme l’autre sont très attachants et la conclusion réussit l’exploit d’être très inattendue.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur ; un article de l’Obs.

Les Trois Femmes du Consul

Jean-Christophe Rufin, Les Trois Femmes du Consul, Flammarion, 2019

Par Anne-Marie Debarbieux.

Décor et personnages exotiques dépaysent d’emblée le lecteur : l’action se déroule à Maputo en Mozambique où l’on retrouve Aurel (personnage déjà présent dans Le Suspendu de Conacry), consul adjoint, maître dans l’art de mener une carrière de diplomate en travaillant le moins possible. Car en réalité ses centres d’intérêt sont ailleurs. Personnage solitaire, sans envergure apparente, arborant des tenues ridicules, il est un anti-héros qui cache bien son jeu. Car ce qu’aime par-dessus tout Aurel, c’est son indépendance, surtout pour mener une enquête à sa guise en dehors de tout cadre institutionnel. Ainsi quand un riche et fort sulfureux hôtelier est assassiné et qu’une femme hâtivement arrêtée implore son aide, Aurel se sent des ailes ! Plusieurs femmes gravitaient autour du défunt et les enjeux étaient importants et variés. L’une d’elles est-elle coupable et laquelle ?

Bien entendu Aurel, entre passions amoureuses, intérêts financiers, enjeux écologique dans une Afrique qui ne se laisse pas appréhender facilement, a fort à faire pour accéder à la vérité.

Au final cependant, l’aspect policier n’est pas primordial dans ce roman. L’intérêt réside davantage dans la personnalité d’Aurel auquel on s’attache ou non.

Pour moi, pas d’empathie enthousiaste, disons plutôt une sympathie amusée, mais je ne me suis pas ennuyée à cette lecture qui apparaît comme une sorte de jeu auquel un grand écrivain s’est adonné entre des livres beaucoup plus sérieux.

Ce roman, qui se lit agréablement, n’a pas la densité de Rouge Brésil, de Check-point ou même du Collier rouge. Issu d’un auteur moins renommé, il n’est pas certain qu’il aurait été particulièrement remarqué. Pour autant c’est un livre divertissant et évidemment très bien écrit.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Civilizations

Laurent Binet, Civilizations, Grasset, 2019

Par François Lechat.

Voici un roman érudit qui s’assume, de la part d’un auteur qui avait déjà fait la démonstration de sa culture dans La septième fonction du langage.

L’idée est simple, mais audacieuse : que se serait-il passé si, en raison de quelques circonstances, les Indiens avaient pris le pas sur les conquistadors et avaient fini par débarquer dans l’Europe de Charles-Quint ?

La réponse prend plusieurs formes, dont des fragments du journal imaginaire d’un Christophe Colomb voué à l’échec, et une longue chronique du règne d’Atahualpa, chef inca adorateur du Soleil. C’est assez fascinant, car très soigneusement développé, avec une foule de démarquages historiques qui ne manquent pas de sel (à commencer par la manière de parler du Christ, que les Indiens, perplexes et respectueux, ont baptisé « le dieu cloué »). Cela dit, les péripéties maritimes et militaires qui ont inversé le cours de l’histoire ne sont pas crédibles, et s’il est formidablement écrit, ce livre s’adresse à un public choisi, qui trouvera plaisir à retrouver ses références historiques chamboulées (un échange de lettres entre Erasme et Thomas More, la guerre des paysans allemands dopée par l’appui des Indiens contre les princes, etc.).

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Une machine comme moi

Ian McEwan, Une machine comme moi, Gallimard, 2020

Par Brigitte Niquet.

Le confinement étant favorable à la lecture, lisons donc et, pourquoi pas, des livres que nous n’aurions sans doute jamais ouverts autrement.

Celui-ci combine l’uchronie et la dystopie (pardon pour ce vocabulaire un peu tordu). Uchronie puisque nous sommes censés être en 1982 mais que tout y est contraire à la réalité historique (Kennedy a survécu à l’attentat de Dallas et Georges Marchais est président de la République, c’est dire !) et dystopie puisque l’intrigue nous raconte l’histoire d’une tentative ratée pour créer des humanoïdes ressemblant à s’y méprendre à des êtres humains, mais des êtres humains dotés d’un cerveau aux possibilités infinies. Dix-huit exemplaires de ces créatures sont en circulation, et Charlie et sa compagne Miranda se sont portés acquéreurs d’un « Adam » (les versions féminines sont des « Ѐve », comme il se doit). C’est ici, bien sûr, que les ennuis commencent. Adam tombe amoureux de Miranda qui n’est pas insensible à son charme, et ils passent une nuit d’enfer. « On se croirait dans Jules et Jim, a écrit un critique, si Jim était un robot ». Le problème, c’est qu’Adam est, certes, un robot mais par bien des côtés, c’est aussi un homme et il ne parvient pas à vaincre ses contradictions. D’ailleurs, une épidémie de suicides inexpliqués ne tarde pas à frapper les hommes-machines, et l’amour non payé de retour est loin d’être seul en cause.

Le scénario est complexe, les personnages attachants et le roman prenant, même si l’on n’est pas très amateur de SF. On peut cependant regretter un certain manque de rythme : nombre de chapitres regorgent de détails inutiles pendant que l’action se traîne. Mais le tout vaut le détour, même sans coronavirus.

Catégorie : Littérature française (Science-Fiction).

Liens : chez l’éditeur ; la critique de Dans une coque de noix, du même auteur, par François Lechat.

Un dernier pas de danse

Anabelle Read, Un dernier pas de danse, Nouvelles plumes, 2018

Par Catherine Chahnazarian.

Une jeune femme au caractère déterminé se voit confrontée à une série d’événements dont elle veut d’abord croire qu’il s’agit d’accidents ou de broutilles sans importance. Et pourtant…  Autour d’elle, pour une raison que je vous laisse découvrir, plusieurs flics, new-yorkais et français, dont un homme grand, fort et terriblement sexy… Eh oui ! Le lecteur – la lectrice – va fondre et trembler !

J’ai hésité à chroniquer ce roman policier. Il n’est vraiment pas mauvais mais il bascule de temps en temps dans le style romance qui n’est ni ma tasse de thé, loin s’en faut, ni a priori celle des abonnés des Yeux dans les livres. J’ai pourtant envie de donner un petit coup de pouce à cette auteure dont c’est le premier roman. Car si, pour moi, il manque à cet ouvrage quelque chose qui relèverait de connaissances littéraires un peu plus fines, et humaines aussi (car la psychologie des personnages et leurs réactions aux événements sont assez simples), Anabelle Read a des qualités de bonne romancière : des facilités d’écriture, de l’inspiration, un bon sens de la construction et du suspense, un certain perfectionnisme.

Un dernier pas de danse est une oeuvre agréable à lire pour se distraire si l’on n’est pas spécialement amateur de grande littérature avec un grand G et un grand L – et on n’est pas obligé de l’être.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur, mais attention que cette page en dit trop sur le livre, comme la 4e de couverture qui en est la reproduction !

Petit frère

Alexandre Seurat, Petit frère, Ed° du Rouergue, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Ayant beaucoup aimé La maladroite, je me suis tournée vers Petit frère.

Petit frère est mort à 23 ans, seul chez lui, probablement d’une overdose.  Il peignait, écrivait depuis toujours dans des carnets ses pensées de vie, de cette vie où il n’a jamais réellement trouvé sa place.

Se sentant terriblement responsable, voire coupable (a-t-il à un moment renoncé et abandonné son frère ?), le narrateur, le grand frère, va se plonger dans ses souvenirs d’enfance, d’adolescence, d’homme adulte. Se remémorer les scènes familiales, le comportement des parents face à cet enfant qui avait au départ tout pour lui : beau, intelligent, vif, trop vif, qui cherchait tant l’amour des gens, des parents. Parents qui incluaient l’ainé dans toutes les décisions restrictives et importantes prises pour le petit frère (mise en pension, hospitalisation…) lui faisant porter un fardeau trop lourd.

L’écriture est magnifique, empreinte à la fois de douceur et de noirceur ; absolument pas chronologique, suivant les bulles de souvenirs qui éclatent dans la tête de l’ainé qui cherche désespérément des réponses sur le mal-être de son cadet et son inadaptation à la vie. Où se trouve la faille, le moment où Petit frère, cet enfant gai et hyperactif, s’est mis à porter en lui tant de souffrances.

Très beau roman mais, tout comme La maladroite, un roman sombre.

Catégorie : Littérature française.

LiensPetit frère chez l’éditeur.

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