Taqawan

Eric Plamondon, Taqawan, Quidam, 2018 (existe en Livre de Poche)

Par Sylvaine Micheaux.

En commençant ce roman, je me suis rendu compte que je ne connaissais quasi rien du Québec et de son histoire : quelques reportages sur Montréal, les forêts, les cabanes à sucre et la baie du Saint-Laurent, de vagues souvenirs d’Histoire sur Jacques Cartier, la phrase de De Gaulle : « Vive le Québec libre », et la découverte qu’il y avait au Canada des tribus indiennes en recevant un cadeau d’artisanat local (et non il n’y a pas que les Sioux, les Apaches et autres Comanches). Alors imaginer qu’il y a eu une « Guerre du Saumon » !!!

Nous sommes le 11 juin 1981, dans la réserve indienne de Restigouche où vivent de la pêche au saumon les indiens Mi’gmag. Plusieurs centaines de policiers de la sureté du Québec investissent la zone et prennent les filets de pêche des autochtones, accusés de pêcher illégalement. Ce qui entraine bien sûr révoltes et émeutes. C’est quelque part un coup de poker du gouvernement du Québec, car si la chasse et la pêche sont gérées par les autorités québécoises, les réserves d’autochtones, comme ils sont appelés, sont sous l’autorité fédérale d’Ottawa.

Océane, 15 ans, en sortant du lycée, découvre l’arrivée des policiers et leur violence face aux Indiens, et voit son père maltraité et emmené de force par les agents. Effrayée, elle s’enfuit et sera retrouvée par un agent québécois de la faune qui vient de démissionner, choqué de la manière dont sont traités les Indiens des réserves. Océane a subi des violences. Il va essayer de la soigner et de la protéger avec l’aide d’un vieil indien et d’une jeune institutrice française.

Ce roman est construit d’une manière étonnante : entre les phases d’un récit vivant, violent, qui tient du roman historique autant que policier, d’aventures, voire de Western (même si on est dans le grand Nord), sont insérés de petits chapitres, comme des apartés, qui nous narrent l’histoire du Québec, les enjeux politiques et économiques depuis l’arrivée des Blancs, la vie ancestrale de ces Indiens Mi’gmags, leur respect de la nature et comment ils survivaient lors des longs hivers glaciaux, leur technique de chasse et de pêche – Taqawan est le nom indien du saumon qui remonte pour la première fois la rivière où il est né.

Un roman passionnant qu’on ne peut lâcher et, qui plus est, instructif car historique et politique ; et dont les quatre personnages principaux, totalement fictifs, apportent l’humanité nécessaire au récit.

Ce roman a obtenu le Prix des lecteurs 2019 et le prix France Québec 2018.

Catégorie : Littérature étrangère francophone (Québec).

Liens : chez Quidam ; au Livre de Poche.

Sale Gosse

Mathieu Palain, Sale Gosse, L’Iconoclaste, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Sale Gosse nous plonge dans le monde de ces enfants en souffrance, nés du mauvais côté de la barrière (pour Wilfried, une mère trop jeune et droguée), souvent violents, et de ces éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), également en souffrance, qui font avec les moyens du bord, qui se contentent des tout petits progrès obtenus, se désolent des nombreux échecs, n’arrivent jamais à oublier leur boulot en rentrant le soir.

Mathieu Palain, journaliste de métier, fils d’un de ces éducateurs sociaux de la PJJ, ayant vécu dans une banlieue « à problèmes » et ayant vu certains de ses copains prendre de mauvaises voies, a partagé, en immersion durant plus de six mois, le quotidien d’une équipe de la PJJ. Il voulait écrire un long article sur le sujet. Mais, trouvant frustrant de n’en faire qu’un article, il a écrit ce roman très réaliste.

Wilfried, élevé comme son propre fils par sa famille d’accueil qui n’a pu avoir d’enfant, fan de foot, a eu la chance de pouvoir entrer au centre de formation de l’AJ Auxerre. Son avenir semble assuré mais l’adolescent sent monter en lui une colère, une rage inexplicable et incontrôlable. Un coup de boule et il est renvoyé du centre, retour dans sa banlieue sans aucun espoir, surtout que sa mère biologique, qu’il ne connait pas, enfin sevrée et ayant un travail, veut à tout prix le récupérer. Wilfried ne le supporte pas et s’enfuit : la PJJ le reprend en charge.

L’histoire est intéressante, bouleversante ; on reste plein d’empathie pour ces « sales gosses » et leurs éducateurs. Je suis plus mitigée sur l’écriture : le récit comporte énormément de dialogues ; j’ai parfois eu l’impression de lire un scénario de film plus qu’un roman (cela ferait une superbe série). Je pense qu’il faut le prendre comme un documentaire, une plongée dans le monde de ces jeunes fracassés par la vie.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Une joie féroce

Sorj Chalandon, Une joie féroce, Grasset, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

« Une vraie Connerie » : Jeanne, Assia, Brigitte et Melody, quatre femmes dans une voiture, prêtes à faire un casse dans une bijouterie de la place Vendôme. Ainsi débute le nouveau roman de Sorj Chalandon.

Puis on se retrouve sept mois plus tôt. Jeanne, la quarantaine, employée dans une librairie, douce, effacée, s’excusant de vivre, découvre horrifiée qu’elle est porteuse d’un cancer du sein. Elle va l’appeler « mon camélia », pour lui donner une connotation moins horrible que cancer, crabe ou tumeur. Avec son mari, ils vivaient côte à côte plutôt qu’ensemble depuis le décès de leur fils. Il ne va pas supporter sa maladie ; ils vont se quitter et Jeanne va aller vivre chez Brigitte, rencontrée lors de ses traitements à l’hôpital. Avec Assia, la compagne de Brigitte, et Melody, une petite jeune femme fragile, les quatre femmes, toutes en mal d’enfant pour des raisons différentes, vont monter ce casse.

Je reste mitigée. Durant quasi tout le roman, c’est Jeanne qui parle, et je suis admirative de la manière incroyable dont Chalandon prend la parole pour cette femme, malade, meurtrie, qui essaie de relever la tête malgré les traitements invalidants, les cheveux qui tombent. Tout sonne vrai, profond, un vrai bonheur. Il a vraiment senti l’âme féminine. Par contre j’ai beaucoup moins accroché à cette histoire de vol réalisé pour aider une des quatre, même si il y a de beaux portraits de femmes et qu’elles partagent une belle amitié face aux difficultés de la vie. Malgré tout, la fin du roman est vraiment très jolie et poignante. Ce livre mérite d’être lu.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur. Voir aussi notre critique du Jour d’avant, du même auteur.

Surtensions

Olivier Norek, Surtensions, Michel Lafon, 2013 (disponible en Pocket)

Par Sylvaine Micheaux.

Voici le dernier opus de la trilogie d’Olivier Norek basée sur Victor Coste et son équipe, de la police judiciaire de la Seine St Denis (93).

Après les banlieues, nous plongeons dans l’univers carcéral, monde où il ne fait pas bon vivre, surtout si vous êtes jeune et faible, car très vite vous devenez la « poupée » ou le punching-ball des gros bras qui mènent la danse. Et c’est le cas de Nunzio, petit braqueur de bijouteries de luxe qui s’est fait prendre bêtement avec la montre d’un casse au poignet. Sa sœur Alex, chef de la bande, n’a de cesse de faire sortir son frère de prison car elle sait que moralement il n’y tiendra pas longtemps.

Victor Coste ne va pas bien, il envisage sa démission de la PJ après quinze années de bons et loyaux services, après avoir vu tant de crimes et de noirceur qu’il n’en peut plus. Mais l’enlèvement d’un ado, suivi d’une bévue de la BRI, le remettent pour un temps en selle. L’auteur du rapt se retrouve rapidement en prison. Quel rapport entre Nunzio le petit braqueur, le responsable du rapt, un tueur serbe, un pédophile et un assassin qui crie son innocence, tous emprisonnés au même endroit ?

De nouveau Norek nous offre un polar haletant, plein de tensions, où toutes les histoires s’imbriquent petit à petit : vous savez, l’effet papillon. L’écriture est toujours fluide et on sent l’exactitude de l’ancien flic. Et dans l’attitude de Coste le héros, dans ce livre sombre et intense sur l’état des prisons et de la justice, on sent les questionnements de l’auteur.

Du très bon polar.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; en Pocket. Voir aussi nos critiques de Code 93Territoires, Entre deux mondes et Surface. De manière générale, toutes nos lectures d’un auteur sont accessibles depuis le classement alphabétique.

Territoires

Olivier Norek, Territoires, Michel Lafon, 2014 (disponible en Pocket)

Par Sylvaine Micheaux.

Ce roman est le second de la trilogie débutant par Code 93.

La brigade des Stups est en train d’effectuer sa dernière planque de surveillance d’un jeune caïd, dealer de banlieue, quand celui-ci est assassiné sous leurs yeux. Dans la foulée, les 2 autres dealers locaux sont, l’un, abattu, et l’autre, mort après avoir été torturé. Pas de doute, c’est le début d’une guerre de » Territoires » dans les cités d’une ville de Seine St Denis. L’équipe de Victor Coste reprend du service. La mort, dans une des tours de la cité, d’une vieille dame bien sous tous rapports serait-elle liée au trafic ?

De nouveau on se trouve face à un polar passionnant qu’on ne lâche plus. Car en plus de l’enquête, il y a la plongée dans les services de police affectés à ces cités difficilement contrôlées. On découvre comment la maire d’une ville pauvre, où ont été construites des cités peuplées de familles et de jeunes qui n’ont quasi plus ni espoir ni réel avenir, peut acheter une certaine paix sociale. Comment se faire malgré tout réélire quand le taux d’abstention dans le 93 est le plus élevé de France. Comment une émeute, qui peut se déclencher en quelques secondes telle une trainée de poudre, peut  parfois être utile à la municipalité.

On sent qu’Olivier Norek a bien été confronté à tout cela. Et le constat est dérangeant et limite effrayant. Après une telle lecture, je ne regarderai plus les reportages sur les banlieues chaudes de la même manière.

Ce roman peut être lu indépendamment du premier, Code 93 ; l’équipe de policiers est la même, mais l’intrigue est tout autre.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; en Pocket. Toutes nos lectures de Norek sont regroupées à son nom dans le menu « Classement par auteurs ».

Code 93

Olivier Norek, Code 93, Michel Lafon, 2013 (disponible en Pocket)

Par Sylvaine Micheaux.

Code 93 est le tout premier roman d’Olivier Norek, et le premier d’une trilogie composée aussi de Territoires et Surtension. Olivier Norek a été très longtemps policier, capitaine de la PJ du 93 justement (Seine St Denis), donc c’est peu de dire qu’il connaît son sujet et que tout sent le vrai et le vécu.

L’équipe du Capitaine Coste de la brigade criminelle du 93 est confrontée à des cas incroyables : un cadavre criblé de 3 balles se réveille en pleine autopsie ; un toxico meurt d’étranges brûlures… L’enquête démarre sur les chapeaux de roue, et il ne nous en faut pas plus pour ne plus lâcher ce roman. On plonge dans le quotidien d’une brigade de banlieue, dans un département où le taux de délinquance est l’un des plus élevés de France. Le ou les tueurs jouent au chat et à la souris avec les flics. Et qu’est ce code 93 qui apparaît sur de vieux dossiers sortis de la procédure judiciaire ? Pourquoi des hommes de pouvoir essaient-ils de minimiser ce fameux code ? D’ailleurs, que faire de la Seine St Denis, département limitrophe qui va faire partie du grand Paris, mais dont la précarité et la criminalité le coupent de son illustre voisine ?

Certes ce premier roman présente quelques faiblesses : certaines explications pourraient être un peu plus poussées, certaines tournures de phrases améliorées, mais c’est un sacré bon premier polar, avec une vraie toile de fond, des personnages réalistes, et la vérité finale fait froid dans le dos.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; en Pocket. Toutes nos lectures de Norek sont regroupées à son nom dans le menu « Classement par auteurs ».

Mon Père

Grégoire Delacourt, Mon Père, J.C. Lattes, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Ce que j’aime chez Grégoire Delacourt, outre sa façon d’écrire, c’est que chaque roman est totalement différent du précédent.

Edouard, divorcé, père de Benjamin, 9 ans, pénètre dans une petite église de village et fracasse avec rage et détermination le bénitier, les statues de Marie, les croix du Christ, les tableaux de la passion ; et même le ciboire, avec ses hosties consacrées, vole à travers le chœur. Un jeune prêtre arrive affolé, mais au lieu d’appeler la police, il se précipite pour soigner les mains d’Edouard, blessées dans sa fureur, et l’écoute avec empathie. Edouard est le fils d’un boucher trop tôt décédé et d’une grenouille de bénitier. Lors de son divorce, Benjamin, son enfant, est envoyé dans une colonie de vacances tenue par des prêtres bien connus de sa mamie.

Malgré l’appel du fils pour qu’on vienne le rechercher, les parents, pensant à un caprice, ne bougent pas. Benjamin va revenir triste, mutique, plein de cauchemars et refaisant pipi au lit ; et tout cela est mis sur le compte de la tristesse d’un enfant de divorcés. Il mettra longtemps à pouvoir verbaliser ce qui est arrivé…

On pourrait penser que Delacourt surfe sur un sujet d’actualité : la pédophilie dans l’église. Mais le roman, qu’une fois commencé je n’ai pu lâcher, est trop plein de colère et de vérité pour que l’on ne sente pas que cela touche l’auteur au plus profond. J’ai appris depuis que Delacourt était dans sa jeunesse en pension chez les Frères et que, si lui n’a pas été victime, il a vu certains de ses malheureux camarades sortir de la chambre du prêtre de garde de dortoir et s’enfouir sous leurs draps pour pleurer tout leur saoul.

C’est un roman violent, dérangeant, sincère et parfois horrifiant quand le prêtre, avec tendresse et quasi poésie, raconte les actes horribles qu’il a commis. Un roman sur la culpabilité, la colère, la vengeance, la lâcheté, le pardon, la justice.

Quant à la toute fin, elle est surprenante et au fond angoissante.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’auteur ; voir aussi La femme qui ne vieillissait pas, du même auteur.

Une bête au Paradis

Cécile Coulon, Une bête au Paradis, L’Iconoclaste, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Une ferme isolée, dans un lieu-dit le Paradis, les années 50. Y vit Emilienne, paysanne veuve dure à la tâche, taiseuse mais pleine d’humanité, qui doit élever ses petits-enfants, Blanche 5 ans et Gabriel 3 ans, qui viennent de perdre leurs parents dans un accident tout près de la ferme. Pour l’aider : Louis, un ado battu par son père qu’elle va recueillir, Louis le commis qui, s’il est indispensable à Emilienne et à Blanche, ne sera jamais considéré comme de la famille mais plutôt comme un animal domestique indispensable, qu’on paye et à qui on est attaché.

Blanche, toute petite qu’elle est, va tomber de suite en amour pour cette terre qu’elle n’a aucune envie de quitter. Gabriel, lui ne se remet pas de la mort de ses parents et reste un enfant calme, solitaire et inefficace pour le travail quotidien, vivant dans ses rêves et qu’on ne dérange pas. Vers 16 ans, Blanche qui est jolie fille tombe follement amoureuse d’Alexandre, l’adorable beau gosse plein d’ambitions qui ne rêve que de quitter le village, de partir à la ville faire ses études et s’enrichir… et là tout capote.

Vu le résumé du début de ce livre, on penserait à un roman de terroir, la ferme, les jolis paysages, les animaux, mais on en est loin. Les chapitres portent tous un titre composé d’un verbe à l’infinitif : protéger, aimer encore, faire mal, vivre, mordre, venger. Les personnages sont tourmentés, pleins d’excès. Blanche, quand elle aime, c’est trop et à tout jamais. Ce sont des personnages attachants mais rudes et violents. Les femmes sont fortes et indépendantes. C’est le Paradis, mais la bête, qui sommeille en chacun de nous, y est tapie, et l’histoire monte crescendo.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Là où les chiens aboient par la queue

Estelle-Sarah Bulle, Là où les chiens aboient par la queue, Liana Lévi, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Derrière ce titre plus que bizarre, traduction directe d’une phrase créole, « Cé la chyen ka pa japé pa ké », se trouve un joli roman qui va nous plonger dans la Guadeloupe des années 1930 à nos jours.

La narratrice, Eulalie, est une métisse d’Île-de-France qui ne connaît le département d’origine de son père, la Guadeloupe, que par les quelques mois de vacances passés de temps en temps chez son grand-père Hilaire. Elle va donc demander à ses deux tantes, Appolone et Lucinde, et à son père, « petit frère », de lui raconter son histoire familiale, et découvrir leur vie d’avant et la culture créole de leurs origines.

C’est surtout Appolone, que tout le monde appelle Antoine (de son nom de savane donné à chaque enfant à la naissance pour éloigner les mauvais esprits), qui va avec verve et en faisant honneur au parler créole, lui raconter le grand père Hilaire qui a épousé une béké, pas plus riche que lui d’ailleurs, à Morne Galante, un minuscule village au milieu de nulle part, « là où les chiens aboient par la queue ». De leur union naissent deux filles avant-guerre, et le petit frère après-guerre. Après le décès de leur mère, c’est la fuite vers Pointe-à-Pitre des enfants qui s’ennuient ferme au village. Je vous laisse découvrir le reste.

C’est une immersion dans la Guadeloupe pauvre à partir des années 1930. Tout en découvrant l’histoire familiale, on suit les transformations de l’île, son histoire avec un grand H (les Guadeloupéens se sont opposés au régime de Vichy, par exemple), l’arrivée du modernisme qui ne va pas faire que du bien, les révoltes des jeunes, l’exil vers Paris, souvent pour travailler dans les administrations, et la perte des racines et du parler créole.

C’est superbement écrit, plein d’énergie, d’humour, d’émotion et de soleil ; flamboyant. La découverte d’une île magnifique.

P.S. : Ce premier roman fait partie de la sélection du Prix Lire Élire des Bibliothèques Pour Tous de la région Nord-Flandre.

Catégorie : Littérature française (Guadeloupe).

Liens : chez l’éditeur.

Piégée

Lilja Sigurdardóttir, Piégée, Métailié Noir, 2017 (disponible au Cercle Points)

Par Sylvaine Micheaux.

L’été s’achève, mais voici un bon petit roman policier : Piégée, prix islandais du roman policier 2016. Il est le premier d’une trilogie « Reyjavik Noir » dont le Tome 2 s’intitule Le filet (2018) et le Tome 3 La Cage (2019).

Nous plongeons vraiment dans le noir islandais. Nous sommes fin 2010, début 2011, en pleine crise économique et boursière islandaise, au moment où le volcan au nom imprononçable est prêt à exploser.

Sonja, jeune maman au départ sans histoire, se retrouve divorcée, sans le sou, sans appartement, quand son mari Adam, riche banquier, et son fils Tomas de 9 ans, la découvrent au lit avec Agla son amante. Pour récupérer au moins une garde alternée de son fils, il lui faut d’urgence de l’argent. Et en empruntant aux mauvaises personnes, elle se retrouve piégée, obligée de devenir passeuse de drogue de l’Europe vers l’Islande, ne sachant comment s’échapper de cette situation et, en même temps, prenant très au sérieux le personnage de femme d’affaires qu’elle a créé comme couverture pour expliquer ses nombreux voyages.

Bragi, un douanier proche de la retraite commence à s’intéresser à cette jolie jeune femme, toujours tirée à 4 épingles, semblant sortie d’un magazine. Quant à Agla, qui travaille dans la finance, elle essaie de faire face à la brigade financière suite à de nombreuses évasions fiscales.

C’est un roman qu’on ne lâche pas, nerveux car composé de chapitres courts de 2-3 pages. C’est une Islande très loin de la carte postale touristique, mais qui semble très réaliste avec des personnages attachants, très chahutés par la vie.

Je viens de terminer le Tome 2, Le Filet, tout aussi passionnant, où on retrouve les mêmes personnages.

Catégorie : Policiers et thrillers (Islande). Traduction : Jean-Christophe Salaün.

Liens : chez Métailié, au Cercle Points.

Le matin est un tigre

Constance Joly, Le matin est un tigre, Flammarion, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Alma, la quarantaine, bouquiniste, est mariée à Jean, acteur. Ils ont une fille de 14 ans, Billie, qui ne va pas bien ; elle souffre d’un mal étrange, que les médecins peinent à diagnostiquer, et dépérit de plus en plus. Alma, si proche de sa fille, se sent responsable de ce mal, qu’elle imagine tel un gros chardon qui étouffe la poitrine de Billie.

Et Alma porte des valises de plus en plus lourdes au fur et à mesure de la maladie de Billie – Alma qui n’a jamais vraiment réussi à affronter les problèmes et qui, depuis toujours, se réfugie un peu trop dans ses rêves pour ne pas affronter les difficultés de la vie.

Un joli premier roman, sortant des sentiers battus, empreint de poésie et de botanique, un peu surréaliste, qui parle de Breton, Queneau et Vian. Une écriture fine, imagée, et la très belle histoire d’un trop plein d’amour maternel et filial.

Ce livre fait partie de la sélection 2019 du prix Lire Elire des Bibliothèques pour Tous Nord Flandre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

La sirène et le scaphandrier

Samuelle Barbier, La sirène et le scaphandrier, éd. Hugo Cie, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

La couverture bleue l’annonce dès le départ, c’est un roman d’été, à lire tranquillou au bord de la piscine, un verre glacé à la main. Certes, dès le début, on se doute un peu de la fin, mais je suis une bibliothécaire bénévole qui pense que quasi tout livre mérite d’être lu pourvu qu’il apporte du plaisir au lecteur.

Zach, texan, la trentaine, vient d’être emprisonné à New York : il en a pris pour six ans. Bien décidé à ne pas faire un jour de plus, il suit les conseils d’un animateur et décide, pour s’occuper et rester zen, de correspondre avec une jeune femme.

Hannah, la trentaine aussi, est londonienne et tout aussi prisonnière que Zach car elle souffre depuis deux ans d’une profonde agoraphobie qui l’empêche de quitter son domicile. C’est son psy qui lui a conseillé cette correspondance.

De lettre en lettre, car ce roman est épistolaire (et ça j’aime car je trouve que ce type de roman est rare), Zach va apprendre à supporter son long enfermement et Hannah à quitter la prison qu’elle s’est elle-même construite.

Un roman à deux voix, qu’on ne quitte pas. L’histoire de deux êtres qui se sauvent mutuellement. Pas le roman de l’année, mais un bon petit plaisir de lecture, car l’écriture est belle.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur. Ce livre a reçu le Prix Télé-Loisirs du roman de l’été.

Les mains de Louis Braille

Hélène Jousse, Les mains de Louis Braille, J.-C. Lattès, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Plus qu’une biographie, ces Mains de Louis Braille est un roman, un bon premier roman touchant qui se lit avec plaisir et aisément.

Constance, scénariste, a perdu il y a peu son époux, malade et qui était devenu aveugle en fin de vie. Ensemble, ils avaient commencé à étudier le braille. Un ami réalisateur, Thomas, voyant combien elle peine à se remettre du décès, lui propose alors d’écrire le scénario d’un biopic sur Louis Braille. Constance va finir par se prendre au jeu, aidée d’un jeune étudiant en histoire car on connaît bien peu de choses de la vie de Louis.

Ce roman va se construire des récits alternés des recherches de Constance, de ses ressentis notés dans un carnet rouge au fur et à mesure de l’écriture, et des pages du scénario biographique qu’elle écrit sur Louis Braille, enfant devenu aveugle par accident à l’âge de trois ans en 1812. Louis est un enfant précoce à haut QI ; suite à sa cécité, il va être protégé par tout le village et poussé par l’instituteur, le maire et le curé pour intégrer l’Institut Royal des Aveugles de Paris, et n’aura qu’une envie : pouvoir enfin lire ! Car « même si on sait tous que la vie n’est pas dans les livres, il y a dans les livres quelque chose qu’on ne trouve pas dans la vie ».

Il y a en fait deux héros dans ce roman : Louis et Constance, aussi attachants l’un que l’autre, deux héros et deux époques. Hélène Jousse met à l’honneur un inventeur magnifique dont on ignore quasi tout, mort de tuberculose à quarante-trois ans mais qui, en si peu de temps, a bouleversé à tout jamais la vie de millions d’aveugles.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Le Bourreau de Gaudi

Aro Sáinz de la Maza, Le Bourreau de Gaudi, Actes Sud (Actes noirs), 2014

Par Sylvaine Micheaux.

Un nouvel auteur pour moi, avec un nouveau héros, flic bien sûr, barcelonais jusqu’au bout des ongles, Milo Malart.

On m’a dit :  » Toi qui reviens de Barcelone, il faut que tu lises ce livre.  » J’ai pris le pavé, 663 pages, et je n’ai pas été déçue.

Un homme en flammes est trouvé, accroché au balcon de la Pedrera, casa emblématique de Barcelone réalisée par Gaudi. Cet homme, haut responsable de La Caixa, grande banque espagnole, a été enlevé et torturé.

Milo Malart, policier sous le coup d’une mise à pied sans solde et mal vu par sa hiérarchie, est rappelé d’urgence. Ce policier à l’esprit torturé, comme souvent dans les polars actuels, est malgré tout considéré comme le meilleur enquêteur de Barcelone, personnage solitaire mais arrivant à se mettre dans la peau et la tête des assassins. On lui adjoint une jeune inspectrice, Rebecca, qui doit le surveiller et calmer ses initiatives.

Meurtre isolé ou tueur en série ? Surtout que le président de la fondation Gaudi disparaît également : est-il en fuite, après avoir détourné des millions d’euros des caisses de l’association ou a-t-il également été enlevé par le tueur ?

Nous sommes en 2010, peu de temps avant que Benoit XVI consacre la Sagrada Familia, dont l’intérieur est enfin achevé. Le temps presse, surtout s’il s’agit d’un tueur en série.

Le Bourreau de Gaudi est un excellent policier, haletant, mais roman noir. On visite tout Barcelone, les beaux et les moins beaux quartiers. Les œuvres réalisées par Gaudi sont omniprésentes (d’ailleurs je m’étais fait la réflexion : « Que serait Barcelone sans Gaudi et ce tourisme à tout va ? »). On plonge dans la politique locale, dans le monde des quatre cents familles qui tiennent les finances, les institutions et la politique et dans le monde des personnes expulsées sauvagement, d’abord avant 1992 pour moderniser Barcelone en vue des J.O., et ensuite lors du virage de la ville vers le tourisme de masse.

Peut-être un peu noir pour une lecture d’été.

Catégorie : Policiers et thrillers (Espagne). Traduction : Serge Mestre.

Liens : chez l’éditeur.

Complot

Nicolas Beuglet, Complot, XO éd°, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Alors que Sarah Geringën, ancienne militaire de l’armée norvégienne ayant servi en Afghanistan et devenue inspectrice de police, s’installe tranquillement dans sa nouvelle demeure dans une île en face d’Oslo avec Christopher son mari, ex correspondant de guerre, et le fils adoptif de celui-ci, un hélico des forces spéciales vient la chercher pour une mission top secret : la première ministre norvégienne vient d’être trouvée assassinée, nue et martyrisée, tout au nord du pays. Quel secret cachait-elle pour qu’on la tue de cette manière ?

C’est le début d’un intense thriller qui va nous emmener du grand nord au Liban, dans la cité antique de Byblos, le mystère ayant ses sources 2700 ans auparavant, et même à Rome. Car après la mort de la première ministre, deux autres femmes sont en grand danger. Pourquoi ? Comment  les identifier ? Quel complot essaie de les éliminer ? Sarah, aidée de Christopher, va mener l’enquête, parfois poursuivie, parfois devancée par le meurtrier.

C’est un roman qu’on ne quitte pas, bien écrit, très cinématographique, vraiment documenté et – incroyable mais vrai – très féministe. Nicolas Beuglet, que je ne connaissais pas, est de la veine des Thilliez, Minier et autre Dan Brown (pour la partie complot). Complot est son second roman, après  » Le Cri » dans lequel je vais me plonger très rapidement.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Les Rêveurs

Isabelle Carré, Les Rêveurs, Grasset, 2018 (disponible en Poche)

Par Sylvaine Micheaux.

Au départ, ce livre est classé en tant que roman. Au fil des pages, on découvre que c’est peut-être une autobiographie, un peu romancée, dont la narratrice s’appelle Isabelle.

Années 70 : une très  jeune femme, issue d’une famille aristocratique de province peu aimante, se retrouve exilée, enceinte et abandonnée par le père de l’enfant, dans un studio de banlieue,  tout proche de la maternité où elle est censée accoucher et abandonner son fils. Elle doit mener sa grossesse loin du qu’en dira-t-on.

La rencontre avec un jeune étudiant des beaux-arts va changer la donne : il reconnaît son enfant, l’épouse, devient un styliste reconnu et la famille, qui s’est agrandie d’une fille Isabelle et d’un autre fils, emménage dans un grand appartement à la décoration extravagante, aux murs peints en rouge et décoré de toiles angoissantes peintes par le père. Comment peuvent grandir trois enfants quand ils ne peuvent s’appuyer sur leurs parents ? Avec une mère qui traverse la vie, la « pensée le plus souvent capturée à des années lumières, la démarche fantomatique » ; un père qui, n’assumant pas son homosexualité, rêve également, car le rêve est plus beau que la réalité. Les parents sont déjantés et dépressifs, et les enfants essaient de se construire, en quittant parfois la réalité eux aussi.

L’écriture est telle qu’on imagine l’écrivaine, douce, belle et délicate. Un beau roman qui parle de la part d’ombre qui existe dans chaque famille.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez Grasset, au Livre de Poche.

La nuit se lève

Élisabeth Quin, La nuit se lève, Grasset, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Élisabeth Quin, journaliste sur Arte, spécialiste de cinéma, de formation littéraire, est atteinte d’un glaucome, maladie héréditaire dont a souffert son père. À terme, elle peut perdre la vue, et elle voit son champ de vision se rétrécir petit à petit. Comment peut-on affronter cette nouvelle, envisager son avenir de mal voyante, voire de non-voyante ?

Dans ce petit livre, jamais triste ni misérabiliste, nous la suivons dans sa découverte de la maladie, ses questionnements sur son avenir, sur l’avenir de son couple, le non-tact souvent des grands pontes médicaux qui assènent leurs vérités sans prendre de gants pour les dire. Élisabeth Quin se plonge aussi dans les livres, les films, écrits ou réalisés par des personnes étant devenues mal voyantes ou aveugles, comme pour trouver une raison d’encore y croire, trouver une vie possible – d’autant plus quand on est une journaliste de télévision, que tout le monde regarde, qui ne verra peut-être plus.

C’est un instant de vie, souvent très littéraire (énormément de citations trouvées et aimées au fil de ses lectures), qui part un peu dans tous les sens, au fil de ses réflexions, de ses angoisses, des changements dans la vie de tous les jours, qui parle aussi bien des médecins que du rebouteux un peu chaman, car dans un tel cas, on se raccroche à tout.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur.

Je te protégerai

Peter May, Je te protégerai, Rouergue Noir, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Niamh et Ruairidh Macfarlane, les propriétaires d’une entreprise de textile renommée fabriquant un tweed exceptionnel, sont à Paris pour un salon de la mode. Niamh, soupçonnant  son mari d’infidélité, suit son époux qui monte en voiture avec sa présumée maitresse, voiture qui explose sous ses yeux. Un temps retenue par la police française, Niahm peut repartir chez elle, sur l’île Lewis, dans les Hébrides, à l’extrême nord-ouest de l’Écosse.

Plongeant dans les souvenirs de Niahm, Peter May nous narre l’histoire des Macfarlane, qui se connaissent depuis leur tendre enfance et que tout veut séparer. Et là, l’écriture de May est magique ; il nous décrit cette île d’Écosse battue par les vents, austère, faite de landes, de tourbières, de falaises argentées, de mer et de vents, la vie rude de ses habitants pauvres qui survivent de la pêche et du tissage, qui parfois doivent quitter leur île mais n’ont de cesse d’y retourner. Au trois quarts du livre, on replonge dans l’enquête policière, voire le thriller. On saura qui a tué et pourquoi, mais pas vraiment comment.

En résumé, un roman policier qui démarre sur une bonne idée, qui se perd et se termine par une fin un tantinet bâclée, au centre duquel se trouve une belle histoire romantique et des pages magnifiques sur cette île d’Écosse : on est sur les falaises battues par le vent, dans  une luminosité extraordinaire, au milieu de paysages sauvages et envoûtants.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Trois étages

Eshkol Nevo, Trois étages, Gallimard, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Un immeuble relativement cossu de la banlieue de Tel Aviv, trois étages, trois chapitres, trois quasi nouvelles tant les trois récits sont peu interactifs.

Au premier, un jeune couple avec deux enfants en bas âge. Le père Arnon, ancien militaire, se confie, dans un monologue à un ancien ami, de l’obsession qui l’habite vis à vis de son voisin, un vieux monsieur qui garde souvent leurs enfants.

Au second, un autre couple. L’épouse Hani, bien qu’ayant fait des études supérieures, reste  à la maison pour les enfants et  s’ennuie. Tellement seule, on la surnomme la Veuve, car son époux est tout le temps en voyage d’affaires. Elle se confie par lettre à sa meilleure amie, partie vivre aux USA, de l’arrivée impromptue d’un membre un peu sulfureux de la famille.

Au troisième, Deborah, juge à la retraite, veuve depuis un an, voit sa vie chamboulée et décide de parler à son mari défunt par l’intermédiaire d’un répondeur (où sa voix est enregistrée), par une multitude de courts messages.

Trois monologues, trois confessions. Les récits montent crescendo, laissant à la fin de chacun un certain malaise. L’écriture est fluide, aisée à lire. Nevo dresse un portrait ironique et critique de la société israélienne, toujours hantée par la Shoah et qui se cherche. Les pulsions cachées, la solitude urbaine,  la place et le rôle des femmes qui semblent avoir, jeunes, une certaine liberté, notamment lors de leur long service militaire, mais qui doivent aussi être des « mamas juives » donc parfaites.

Les trois chapitres suivent aussi le schéma freudien du « Ça », du « Moi » et du « Surmoi », mais n’ayant pas fait psychanalyse première langue, je ne l’ai compris qu’au troisième récit.

Premier roman israélien que j’ai l’occasion de lire. Plutôt une réussite.

Catégorie : Littérature étrangère (Israël). Traduction : Jean-Luc Allouche.

Liens : chez l’éditeur.

Noël 2018 – Quel livre offrir? Et si on s’amusait avec un bon polar? (I)

Marie Fitzgerald, De l’infortune d’être un anglais (en France), Fleuve Editions, 2018

Par Sylvaine Micheaux.

Si vous aimez les thrillers intenses, durs et sanglants, qui vous empêchent de dormir la nuit… c’est loupé.

Si vous aimez les polars du Grand Nord, où l’inspecteur dépressif et torturé erre tristement sur la banquise, un verre d’aquavit à la main… c’est raté.

Si vous aimez le Sud, la bonne bouffe et un enquêteur classique fan d’Hercule Poirot, c’est pour vous.

Dans la région de Vaison-la-Romaine, cinq Anglais sont morts en quelques mois, de causes totalement différentes. Mais en ces jours de Brexit, où le moindre frémissement pourrait faire capoter des négociations qui n’avancent pas, un consul anglais outré a contacté les Affaires étrangères, qui ont mandaté le préfet, qui s’en est pris au procureur, qui a appelé le commissaire, qui a sommé l’inspecteur Escariot d’enquêter fissa.

Cinq Anglais morts en quelques mois, vu le nombre installés dans la région est-ce si  anormal ? Dur, dur d’enquêter en zigzagant entre les Rosbifs francophobes qui ne font rien pour s’intégrer et les Grenouilles anglophobes qui veulent venger Napoléon, entre les « amis de l’Empereur » et le « club Wellington ». Surtout que les mêmes mots prononcés par un anglais ou par un français ne veulent absolument pas dire la même chose.

Un vrai policier avec une vraie enquête mais dans l’humour et la dérision, ciblant les travers des uns et des autres, qui m’a souvent fait sourire voire rire et m’a fait penser à Une année en Provence de Peter Mayle (1989).

Bonne lecture et joyeuses fêtes à tous.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : De l’infortune d’être un Anglais (en France) sur lisez.com.

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