Soif

Amélie Nothomb, Soif, Albin Michel, 2019

— Par Catherine Chahnazarian

J’avais dit que je ne lirais plus Amélie Nothomb. J’ai manqué à ma parole, je le confesse. Ma main s’est posée sur ce livre un jour d’ennui au supermarché, et j’ai cédé à la tentation.

C’est ainsi que j’ai vécu la dernière nuit de Jésus, le Chemin de croix, la Passion, la mort et la Résurrection — revus par Amélie Nothomb. Dans un style trop bavard comme toujours avec elle, mais à la fois biblique et moderne, et ça c’est amusant. Il faut une bonne culture catholique pour apprécier, mais mieux vaut ne pas être trop sensible au blasphème.

Jésus repense aux éléments saillants de sa vie terrestre : ses miracles, ses relations avec Judas ou Pierre, son amour pour Madeleine… Il a des états d’âme et réfléchit aux choix de son Père : pourquoi l’incarnation, pourquoi lui, était-il taillé pour le rôle… ? C’est assez spécial et ce n’est pas d’un très haut niveau philosophique, mais il y a des trouvailles.

Par contre, quand Amélie Nothomb, qui rédige tout ceci au « je », dit que c’est « le livre de [sa] vie », il y a de quoi rester perplexe. Le roman est plein, littéralement bourré d’assertions et de vérités. Des convictions profondes attribuées à Jésus plutôt qu’à elle-même ? Se sent-elle une mission divine et s’attend-elle à pouvoir se séparer de son corps ? Réserve-t-elle en fait ce livre à un lecteur psychanalyste qui, seul, pourrait comprendre sa vie ? Faut-il lire ses interviews pour savoir ? Depuis quand un livre ne peut-il se suffire ? Et est-ce Amélie ou l’éditeur, au fond, qui est borderline ?

Cent vingt-cinq pages à peine, à lire par curiosité peut-être, maintenant que le barouf de la parution est largement passé.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur ; au Livre de Poche.

Frappe-toi le coeur

Amélie Nothomb, Frappe-toi le coeur, Albin Michel, 2017

Par Catherine Chahnazarian.

En passant devant le rayon livres à l’hypermarché, j’ai vu son visage pâle aux lèvres rouges en tête de gondole. Des tas d’Amélie côte à côte et regardant dans la même direction. Le narcissisme de la couverture m’a convaincue d’aller y voir de plus près, surtout que j’avais entendu dire du bien de ce dernier opus.

Oui, j’avoue, je l’ai lu en entier et d’une traite. Pour m’en débarrasser et parce qu’il n’y avait rien de passionnant à la télé. Vers la page 26, je me suis presque enthousiasmée : un bébé comprenait le monde et la narratrice pouvait l’expliquer à sa façon, c’était pas mal. Je me suis un peu attachée à ce personnage. Pendant quelques pages. Mais Diane est tellement surdouée et tellement pleine de qualités qu’elle m’a assez vite perdue. À moins que ce ne soit cette psychologie de bas étage, ce thème facile sans décor autour, ou cette absence quasi totale de littérarité. Aucun travail particulier de la part de l’auteure et, de la part du lecteur, presque aucun effort d’imagination à faire. Tout est explicite, le langage est simple, c’est un livre-bavardage. La vie de Diane au triple galop. Elle naît, elle vit ceci, elle ressent cela… Paf ! elle a 4 ans, 8 ans, puis 11 puis 15 et, à la fin, elle en a 35. En 168 pages écrit grand. Il n’y a aucun procédé notable, donc aucun effet et peu de suspense. Autant écouter la version audio et se la mettre sur les oreilles pour faire le repassage. Parce que l’histoire s’écoute, oui. Sans plus.

Catégorie : Littérature francophone (auteure belge, édition française).

Liens : La page consacrée au roman chez l’éditeur (qui n’a même pas pris la peine de rédiger une présentation) ou sa page sur l’auteure (mais ce n’est pas là que vous trouverez une biographie – autant aller voir sur Wikipedia). Une critique plus positive, pour équilibrer. La version audio.

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