Intrigue à Brégançon

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Policiers et thrillers
Par Florence Montségur

Voilà un roman qui plaira aux amateurs de polars et d’histoire de France. L’écriture est moderne, vive, amusante. Elle reproduit l’enchaînement plus ou moins fluide des pensées. Elle est cultivée aussi. Le roman est cultivé : le fort de Brégançon dans l’Histoire, du roi Louis à nos jours en passant par Napoléon, la Résistance, Charles de Gaulle ou Claude Pompidou.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Wandrille, plus caractérisé que Pénélope, qui est pourtant l’héroïne d’une série de Goetz depuis… Tiens ! Grasset n’indique pas les dates, c’est ballot ! Il y a aussi une, non, deux historiennes, un paparazzi sur le déclin, une éditrice et son photographe, et quelques autres personnages, tous suspects, du moins ceux qui étaient au Fort au moment du meurtre.

Il faut passer sans vergogne par-dessus certaines descriptions du mobilier du fort, qui sont pour le moins documentées mais trop longues et sans incidence sur la suite. Vous ne regretterez pas d’avoir continué. Car la construction du roman est assez géniale, même si on se demande par moments si l’auteur ne s’est pas simplement fait plaisir en racontant des pans de l’histoire du Fort et de la Provence sans doute tout à fait inutiles à l’intrigue.

Je ne crierai pas au grand roman, mais j’ai pris du plaisir à passer quelques jours à Brégançon, j’ai adoré le coup de force du Capitaine de Leusse, et j’ai eu vraiment envie de savoir où l’auteur m’emmenait. À la révélation d’un secret d’État… Peut-être.

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Adrien Goetz
Intrigue à Brégançon

Éditions Grasset
2023

Ce que faisait ma grand-mère à moitié nue sur le bureau du Général

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Littérature française
Par François Lechat

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le titre accroche, et que la réponse à cette annonce, en fin de roman, ne manquera pas de faire sourire. Car le Général, ici, est bien celui auquel vous pensez, et que l’on découvre sous un jour nouveau, y compris quant à ses relations avec Pétain, grâce à un travail de documentation qui n’empêche pas l’humour, au contraire.

L’autre grand personnage du livre, c’est Léon Daudet, le fils de l’auteur des Lettres de mon moulin, une crapule antisémite et un médiocre de la plus belle eau, emporté dans une série d’événements rocambolesques au cœur des années 1920. Christophe Donner poursuit ainsi son enquête personnelle sur l’antisémitisme français, dont il restitue le caractère romanesque (il y a des meurtres, des suicides, des adultères, des évasions, des enquêtes de police, des campagnes de presse…) tout en restant froidement factuel, légèrement ironique. Cela donne un récit prenant, amusant, effarant aussi, mené à toute vitesse et entremêlé de scènes de la vie contemporaine qui nous font découvrir le fonctionnement des bitcoins et un nouveau type d’œuvre d’art. Malgré quelques scories (que font les correcteurs ?), c’est un joli moment de littérature, et un exercice d’intelligence.

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Christophe Donner
Ce que faisait ma grand-mère à moitié nue sur le bureau du Général
Editions Grasset
2023

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