Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises

François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, Fayard, 2010 (disponible au Livre de Poche)

Par François Lechat.

La critique de Catherine sur L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça m’a rappelé un autre livre du même genre, dont j’aurais dû parler à l’époque. François Reynaert s’adresse aussi à un large public de non spécialistes, qui peuvent être allergiques à la discipline historique mais qui le liront pourtant avec passion du début à la fin. C’est qu’il possède beaucoup d’humour, et un extraordinaire talent pédagogique : phrases courtes, récits rectilignes, synthèses fulgurantes. Mais son livre a aussi une grande ambition. Comme le dit son titre, ou encore le bandeau publicitaire, il s’agit d’écrire « L’Histoire de France sans les clichés », et donc de passer par tous les temps forts et toutes les périodes en redressant systématiquement les légendes et en restituant la vérité telle que l’on établie les meilleurs spécialistes au cours des dernières décennies (contrairement à ce que l’on pourrait croire, rien n’évolue davantage que la connaissance de l’Histoire). Cela donne à l’ouvrage l’allure d’un jeu de massacre (chaque chapitre ébranle nos certitudes, surtout si nous avons de la culture), mais aussi d’une joyeuse découverte : cette histoire de France est bien plus passionnante que les légendes officielles. Plus modeste, plus ouverte sur le monde, plus humaine. Et, dans la mesure où je peux en juger, parfaitement rigoureuse.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez Fayard ; au Livre de Poche ; autres livres de François Reynaert.

L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça

Catherine Dufour, L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça, Fayard, 2012 (disponible en Livre de Poche)

Par Catherine Chahnazarian.

Tous sur le pont, embarqués avec Catherine Dufour sur son bateau de l’Histoire, bien accrochés au bastingage, nous observons cette mer tour à tour calme et démontée, et longeons la côte sur laquelle se déroulent les événements de l’An zéro à l’An 2000.

Prenons un exemple au hasard pour nous faire une idée de ce voyage :

Le jour de la bataille de Poitiers, personne ne parie un sol sur les Anglais. Ils sont bien moins nombreux que les Français : sept mille contre quinze mille. En plus, ils crèvent de faim. Terrifiés et affamés, ils proposent de rendre leur butin en échange d’un bon repas et offrent la paix en dessert. Mais Jean le Bon ricane grassement. Il envoie les émissaires anglais siffler sur la colline avec un petit bouquet d’églantines et se prépare au combat. Avant même que la bataille ne commence, ses deux généraux échangent des mots et vont bouder chacun de leur côté. Alors Jean le Bon lance l’assaut à leur place. N’écoutant que leur courage, ses soldats se précipitent. En sens inverse. Jean le Bon se retrouve donc tout seul face aux Anglais. Il se défend comme un beau diable, assisté par un de ses fils qui hurle : « Père ! Gardez-vous à gauche ! Père ! Gardez-vous à droite ! » Au terme d’un combat épique et ridicule, le roi est capturé. Bizarrement, cette gaffe monumentale vaut à Jean le Bon une réputation de courage chevaleresque. Et coûte les yeux de la tête à la France, qui doit payer sa rançon. Pour l’occasion, on invente une monnaie promise à un long avenir : le franc.

Ce petit livre de 295 pages – forcément un peu rapide – se lit donc comme un roman ! Amusement et instruction garantis.

Catégorie : Essais, Histoire…

Liens : chez l’éditeur et en Livre de Poche.

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