Un soir d’été

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Littérature française
Par Anne-Marie Debarbieux

L’auteur raconte ici une histoire qu’il a vécue pendant sa jeunesse. Il s’agit donc moins d’un roman que d’un récit personnel.

Une bande de jeunes, un été, dans les années 80, passe des vacances tranquilles sur l’île de Ré. Ils sont six, certains se connaissaient déjà, d’autres non.  Ils sont joyeux, insouciants, et n’ont d’autre but que de passer l’été en profitant des plaisirs simples et de leur âge dans une station balnéaire particulièrement agréable. Évidemment des affinités se créent ou non, mais les vacances ne sont qu’une parenthèse. On reste à la surface des choses. Et sur une île, donc un peu hors du monde.

Un jour le charme est rompu : l’un des six disparaît sans explication. Le paradis se disloque. L’unité est rompue.

Je ne fais pas partie des lecteurs que ce livre a enthousiasmés. Il se lit facilement et agréablement, il témoigne d’une époque, celle de l’insouciance des années 80, d’un lieu exceptionnel, l’île de Ré, il sous-entend que le farniente et la magie d’un lieu unissent quelques individus qui n’ont parfois pas beaucoup de points communs. Mais cela ne suffit pas à donner de l’épaisseur à ce livre. Je l’ai lu, sans déplaisir mais sans coup de cœur.

Comme une lecture de vacances vite oubliée en somme.

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Philippe Besson
Un soir d’été
Éditions Julliard
2024

Paris-Briançon

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Littérature française
Par Anne-Marie Debarbieux

Paris, Briançon, ce sont deux villes que relie encore un des rares trains de nuit qui subsistent sur le réseau ferroviaire français. Ce soir-là, un soir de vacances, ils sont nombreux à partir pour un voyage de 11 heures. Seul le hasard les réunit. Tous n’arriveront pas à bon port. Ils l’ignorent, mais l’auteur en prévient le lecteur dès le prologue.

Le long voyage en compagnie d’inconnus, la nuit, le contexte de rencontres improbables dans la vie habituelle, transforment ce voyage en un huis clos qui pousse aux échanges puis, progressivement, aux confidences, aux révélations… On n’a pas si souvent l’occasion de parler de soi sans conséquence ! Et 11 heures, c’est très court sur le temps d’une vie, mais c’est très long aussi. Une intimité se crée, qui n’est pas destinée à durer au-delà du temps d’un voyage. Ces rencontres fortuites, ces conversations instaurent une sorte de communauté éphémère entre des êtres qui n’ont ni le même âge, ni le même statut social, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes rêves, ni les mêmes raisons de se trouver dans ce train à Briançon cette nuit-là.

Mais le destin se moque bien de tout cela !

Ce livre court est un donc un huis clos qui devient de plus en plus pesant pour le lecteur qui, lui, sait que le destin rôde.

L’écriture, très fluide, incite à lire ce petit livre d’une seule traite jusqu’à la fin du voyage.

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Philippe Besson
Paris-Briançon

Éditions Julliard
2022

existe en Pocket

Les passants de Lisbonne

Philippe Besson, Les passants de Lisbonne, Julliard, 2016

Par François Lechat.

C’est ma première lecture d’un roman de Philippe Besson. Que dire, sinon que c’est impeccable, dans un genre très français ? Court, psychologique, écrit avec une grande finesse, plein de tact et d’intelligence, distillant de l’émotion quand il le faut. Prenant, aussi, car on se demande comment va évoluer cette rencontre entre deux touristes français descendus au même hôtel à Lisbonne, et qui ont chacun des plaies à soigner. L’histoire ne prend pas le tour attendu, et c’est fort bien ainsi, même si elle ne surprend pas non plus. C’est qu’il s’agit, je l’ai dit, d’un livre très français : centré sur l’intime, la vie privée, et sur des personnages qui n’ont pas à se battre pour gagner leur vie, ni l’envie de se perdre dans les fracas du monde. Il faut donc apprécier ce livre avec ses limites, et à cette condition il séduit par son talent et son écriture. Ajoutons, en prime, une réplique finale que je ne veux pas vous révéler, mais qui renvoie sans le vouloir à l’actuelle épidémie de covid-19…

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

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