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Redécouvertes
Littérature étrangère (Allemagne)
Par François Lechat
Si, comme moi, vous avez peur de lire La Montagne magique, n’hésitez pas à plonger dans ce premier roman de Thomas Mann : c’est un concentré de style et d’intelligence, mais qui reste accessible et qui a joué un rôle décisif dans l’attribution du prix Nobel à l’auteur en 1929.
Matériellement, ce pavé de 900 pages de petit format est très joli et fort agréable à manier. En outre, la présentation de l’éditeur est éclairante (il faut la lire après le roman et pas avant, bien sûr), et les notes rendent service quand on cherche à comprendre une référence historique ou culturelle. Donc bravo aux Belles Lettres, malgré les fautes d’orthographe qui parsèment cette nouvelle traduction d’une grande finesse.
Quant au récit, le suspense n’est pas sa plus grande qualité, même si la triple fin est poignante et, pour un des épisodes, d’une réelle audace stylistique. L’atout majeur du livre tient dans la richesse et la précision de la psychologie des personnages, qui ont tous une voix et un style personnels qui font penser à Proust. L’arrière-plan historique, lui, est délibérément allusif et c’est fort bien ainsi : il suffit de savoir que ce récit du déclin d’une famille se situe dans une ville hanséatique au 19e siècle, un cadre riche en couleur, en rituels et en milieux sociaux.
Tout ceci n’est pas trépidant mais remarquablement rendu, avec de nombreuses touches d’humour et d’impressionnants morceaux de bravoure, qu’ils concernent des personnages masculins ou féminins. Une mention spéciale, enfin, pour deux longs passages sur la musique, d’une extrême précision que même un ignare comme moi n’a pu manquer d’apprécier.
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Thomas Mann (1875-1955)
Les Buddenbrook. Déclin d’une famille
Traduction nouvelle intégrale de Jean Spenlehauer
Présentation de Maurice Godé
Notices biographique et bibliographique, notes et commentaires de Jean-Marie Valentin
Éditions Les Belles Lettres
2026