Tiger House

Liza Klaussmann, Tiger House, Jean-Claude Lattès, 2015

Par François Lechat.

Les thèmes de ce roman sont typiquement américains : l’amour, la famille, l’adultère, l’argent, et puis quelques meurtres pour corser le tout… La manière, aussi, fait penser à ces séries pleines de superbes créatures qui ont tout pour elles mais dont on devine qu’elles cachent bien des failles. La chaleur, en arrière-plan, nous rappelle encore où nous sommes, comme la consommation frénétique d’alcool et une manière de s’attacher au moindre détail, aux infimes réactions de plaisir ou de contrariété. Car si une famille américaine normale est évidemment un nœud de vipères, les frustrations et les conflits doivent y rester cachés, et l’amertume s’exprimer tout en nuances. C’est donc le sens de l’observation qui fait le prix de ce roman, avec une construction temporellement complexe qui entretient le suspense.

Je ne sais pas, pour autant, s’il faut y voir la réussite éclatante que les critiques ont soulignée, car cette histoire très middle-class a aussi ses limites. On aimerait parfois s’intéresser à des enjeux plus grandioses, ou secouer ces personnages engloutis dans leur peur du qu’en dira-t-on. Mais comme cette peur est typiquement américaine, elle aussi, voyons-y un ingrédient indispensable, et savourons cette ambiance vénéneuse.

Quant au fait que se détache, parmi tous les personnages, celui d’une Anglaise intrépide, libre et authentique, ce n’est sans doute pas un hasard : l’auteure, née à New York, vit aujourd’hui à Londres.

Catégorie : Littérature anglophone (U.S.A.). Traduction : Sabine Boulongne.

Liens : chez l’éditeur.

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