Deux soeurs

David Foenkinos, Deux soeurs, Gallimard, 2019

Par Brigitte Niquet.

Un énième livre sur les tourments de la passion amoureuse non partagée ou détruite par un accident de la vie (comme dans La délicatesse, qui assura le succès de son auteur pour des décennies) s’imposait-il vraiment ? Pas sûr. Même si David Foenkinos sait y faire, 90 pages avec pour seul sujet la détresse de Mathilde, brutalement quittée par son amant alors qu’elle se croyait en pleine idylle et pensait déjà mariage et enfant, c’est beau, mais c’est long. La jeune femme, assommée, s’éloigne de ses amis, renie son métier d’enseignante, qu’elle adorait, et s’enfonce dans la dépression et la solitude, malgré le soutien de sa voisine psychiatre et du proviseur de son lycée. OK, on compatit, mais le propre de ce genre de situation étant que la personne tourne en rond dans un univers clos, le lecteur finit par trouver ça un peu fastidieux.

C’est là que, pour les 90 autres pages, entre en scène Agathe, la sœur de Mathilde, qui prend les choses en main et invite sa frangine à partager pendant un temps le petit appartement qu’elle occupe avec son mari et son bébé, Lili. On imagine sans peine que la cohabitation dans un espace restreint ne va pas être facile, d’autant que les deux sœurs ont derrière elles… un certain contentieux. Ҫa se passe plutôt mal, en effet, du moins du côté de Mathilde car Agathe dégouline de bons sentiments et de désir de bien faire. Mais on pressent que ça va mal finir et, en effet ça finit mal, plus mal qu’on ne pouvait l’imaginer car le dénouement dramatique, peu crédible, semble artificiel, et le retour à une vie idyllique aussi.

Si vous êtes un fan inconditionnel de l’auteur et dans ce cas seulement, n’hésitez pas à vous jeter sur ce livre, mais même les fans inconditionnels conseillent : « Relisez plutôt Charlotte… ».

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Vers la beauté

David Foenkinos, Vers la beauté, Gallimard, 2018

Par Anne-Marie Debarbieux.

Qui est finalement le principal personnage de cette histoire ? Antoine, professeur d’histoire de l’art, brillant et apprécié, qui doit quand même avoir une sérieuse raison pour abandonner d’un jour à l’autre ses étudiants et postuler à la fonction de simple gardien de salle de musée ?

Le lecteur pressent bien sûr un drame personnel dans la vie d’Antoine quand l’action est soudain relancée dans une autre direction avec l’apparition d’un second personnage qui éclipse momentanément Antoine et accapare alors tout notre intérêt et touche notre sensibilité.

Les destins se croisent évidemment et à la suite de Mathilde, DRH au musée d’Orsay qui s’attache aux pas d’Antoine, on découvre que sa décision insensée avait bien un sens.

L’art guérit-il les blessures et la contemplation de la beauté peut-elle être un exutoire à une situation traumatisante ?

Ce roman n’est sans doute pas le meilleur de Foenkinos, ce qui ne signifie pas qu’il soit médiocre. Il se lit avec plaisir, sa construction est assez originale et il aborde avec délicatesse et humanité un thème qui ne peut laisser indifférent.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

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