
Littérature française
Par Marie-Hélène Moreau
Singulier, ce roman l’est sans aucun doute. Son titre, tout d’abord, intrigue : Alien au féminin. L’histoire, ensuite. Nous suivons Fauvel, jeune fille à la dérive, éborgnée lors d’une manifestation, qui trouve un refuge temporaire à la campagne, chez le père d’une amie qui, parti en voyage, lui confie sa maison et sa chienne. Pas n’importe quelle chienne, mais le clone de la précédente, que les habitants regardent d’un sale œil depuis que des bêtes se font sauvagement tuer dans les environs. Autant d’éléments a priori attirants pour un lecteur curieux, d’autant que le livre a reçu le prix du livre Inter à sa sortie.
Las ! Ma déception a été à la hauteur de mes attentes. Je crois n’avoir accroché à aucun moment à cette histoire brouillonne et un brin ennuyeuse. Je vois bien sûr la critique sociale : une usine dévoreuse de vies, des manifestations lors desquelles on mutile… Je vois également le discours féministe à travers le parcours de Fauvel et sa copine Mado. Je perçois l’idée de nature et d’animalité. Dommage que tout cela se mélange de manière souvent absconse, et perde le lecteur. En tout cas, me perde moi.
Reste le style. Il y a assurément une patte personnelle dans cette manière de décrire les choses, de faire dialoguer les êtres. Mais il y a aussi d’étonnants passages qui m’ont plus fait penser à de la prose adolescente, non aboutie, qu’à un style personnel.
Mais, lecteurs curieux, n’hésitez pas, car beaucoup ont aimé !
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Phoebe Hadjimarkos Clarke
Aliène
Éditions du sous-sol
2024
Prix Inter 2024