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Policiers et thrillers
Par Julien Raynaud
Oubliez tous vos a priori sur les polars et thrillers : écriture fade et stéréotypée, mécanique un peu toujours identique, dénouement que l’on voit venir gros comme un char d’assaut… Dans Reflex, de Maud Mayeras, si l’atmosphère est sombre, la plume est de haute voltige. Il est clair que l’auteure pourrait écrire de la littérature blanche qui serait saluée. Tout est travaillé, ciselé. Exemple dans cet extrait qui ne relève pas de l’intrigue, et qui aurait donc pu être écrit à la hâte, mais qui justement ne l’est pas.
« Inventaire de la victime. (…) Les tatouages sur ses doigts. (…) Un LOVE et HATE mal encrés sur ses mains pataudes, sauf qu’à ce type-là, il manquait l’auriculaire de la main droite. Love hat. Le gars se retrouvait bêtement à aimer les chapeaux. »
Et l’intrigue dans tout ça ? Oh, vous verrez bien ! Bon, allez : un couvent lugubre, une photographe de scènes de crimes, un enfant disparu, une mère internée… Vous découvrirez le reste, et le coup de théâtre des pages 300 et 301. Et vous vous demanderez pourquoi le film n’existe pas.
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Maud Mayeras
Reflex
Éditions Anne Carrière
2013

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