Chaleur humaine

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Littérature française
Par Sylvaine Micheaux

Dans le Lot, Alexandre, le bon fils, cinquantenaire, a repris la ferme familiale d’élevage bovin, dans les hauteurs du village, les parents retraités s’étant installés dans la ferme du bas.

Ses trois jeunes sœurs, avec qui il n’a plus aucun contact, ont fui la campagne et n’y remettent jamais les pieds. L’une, mariée et mère de deux gamins dont un commence à mal tourner, tient avec son époux, gilet jaune de la première heure, un bar restaurant à Rodez. La seconde est professeur à Toulouse, et la dernière, photographe parisienne, voyage dans le monde entier.

Mais… Le roman commence en janvier 2020 et le coronavirus étend sa pandémie, les nouvelles sont de plus en plus mauvaises et, en mars, les restaurants ferment du jour au lendemain, les professeurs font cours devant leur écran d’ordinateur et les avions sont cloués au sol. Bref, une seule façon de supporter le confinement : se rapatrier dans la ferme familiale. Mais quel sera l’accueil ?

La plume de Serge Joncour est comme toujours agréable à lire mais, pour ma part, je trouve qu’il surfe un peu trop sur les sujets dans l’air du temps : les gilets jaunes, la covid 19, le retour à la nature des citadins perdus, les gentils agriculteurs bio respectueux de la nature qui vont sauver l’humanité – même si le roman est parfaitement documenté sur l’évolution des cultures et de l’élevage avec le changement climatique, et même si on replonge dans les premiers mois de cette pandémie dont on a un peu oublié le déroulement.

Ce roman reprend les personnages de Nature humaine, sorti en 2020, mais peut être lu indépendamment.

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Serge Joncour
Chaleur humaine

Éditions Albin Michel
2023

Le chemin de sel

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Littérature étrangère (Grande-Bretagne)
Par Sylvaine Micheaux

Raynor et Moth, cinquantenaires gallois, se retrouvent du jour au lendemain, suite à de mauvais investissements, à la porte de chez eux et au chômage, car leur ferme était leur outil de travail en tant que chambres d’hôtes. Les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, Moth apprend qu’il souffre d’une maladie neurodégénérative qui va lui faire perdre progressivement l’usage de ses jambes. Les voilà SDF. Heureusement leurs deux enfants sont adultes et vivent leur vie.

Que faire avec la toute petite somme d’aide qu’ils touchent tous les mois et qui ne leur permet même pas de se loger ? Ils décident de réaliser un de leurs rêves, faire dans son intégralité le sentier de grande randonnée, le South West Coast Path, appelé aussi Chemin de Sel, qui couvre toute la côte des Cornouailles, 1000 km sur un parcours pentu, accidenté, très difficile mais magnifique. Pas facile comme projet, surtout quand, faute de moyens, le couple part mal équipé et mal préparé.

Une superbe randonnée, un défi humain, des rencontres plus ou moins belles sur ce GR, une histoire vraie. Une carte en début de livre permet de se repérer et de cheminer avec l’auteure et son conjoint : un beau chemin de vie et d’amour qui sent bon les embruns.

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Raynor Winn
Le chemin de sel

Éditions Stock
2023

Un Coup de Soleil

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Littérature franco-italienne
Par Sylvaine Micheaux

Eléonore, Française installée à Salerno depuis une vingtaine d’années, séparée du père de ses jumeaux de 16 ans, travaille comme femme de ménage chez six personnes. Pendant qu’elle nettoie, époussette et entre dans l’intimité de ces foyers, elle essaie d’oublier son dernier chagrin d’amour pour Marco.

Eléonore a beau être battante et plutôt positive, elle a parfois du mal à garder la tête hors de l’eau. Dans ces six appartements vivent des personnages hauts en couleurs – le veuf éploré, la nonagénaire un peu coquine, les grenouilles de bénitier autoritaires, la voyante, le couple aisé mais malheureux et l’homme invisible – qui vont intervenir dans la vie de cette quadragénaire, tout comme elle aussi va chambouler la leur.

C’est un roman léger, ensoleillé, plein d’humour, qui se lit d’une traite. Le soleil et la verve de l’Italie. Certains personnages adolescents sont parfois un peu trop gentils mais c’est le principe des romans « feel good ». Une belle histoire qui donne la pêche pour les jours de pluie.

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Serena Giuliano
Un Coup de Soleil

Éditions Robert Laffont
2023

Veuf cherche femme immortelle

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Littérature française
Par Sylvaine Micheaux

Sylvie, la femme de Jean-Louis Fournier, a commis dans sa vie une seule faute de savoir-vivre : elle est partie la première. L’auteur, se sentant très seul, aimerait retrouver l’amour mais ne veut pas devenir veuf une seconde fois, ce serait trop douloureux. Il va donc passer une petite annonce : « Veuf cherche femme immortelle ». Et si quelques inconnues lui répondent, de nombreuses femmes devenues immortelles au fil des siècles lui écrivent : la Joconde, Néfertiti, la Goulue, etc. Mais Sylvie veille au grain et commente chaque réponse…

Il faut se laisser embarquer dans ce doux délire de l’auteur et se laisser prendre par ce roman plein de tendresse, d’amour et d’humour.

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Jean-Louis Fournier
Veuf cherche femme immortelle
Éditions JC Lattès
2023

C’est le monde à l’envers !

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Littérature française
Par Sylvaine Micheaux

Stan est un trader parisien qui gagne des sommes folles en spéculant sur une bourse mondiale qui s’emballe de plus en plus. Sa femme Sophie s’ennuie à mourir et s’éloigne de plus en plus. Quant à Jonathan, leur fils de 16 ans, il surfe sur la vague écolo, allant même jusqu’à se menotter aux grilles d’un pont lors d’une manifestation. Au pied de leur immeuble, Dédé, un SDF qui vit en quasi autarcie dans un terrain vague qu’il cultive, caché derrière une palissade.

Il règne sur Paris et toute l’Europe une canicule insupportable et interminable, et de plus en plus de migrants affamés, sinistrés climatiques, se pressent aux portes du monde occidental. 

Et soudain tout s’écroule : coupure géante d’électricité, suivie par la coupure de l’eau, pénurie d’essence et effondrement des bourses mondiales dans l’affolement. C’est le monde à l’envers, suivi par la panique générale, les pillages et le chaos.

Plus qu’une chose à faire, fuir Paris en vélo et atteindre tant bien que mal la ferme du Morvan dont Stan est devenu propriétaire et où vit toujours l’ancien fermier.

Il y a quelques dizaines d’années, on aurait classé C’est le monde à l’envers ! de roman de science-fiction. De nos jours c’est à peine un roman d’anticipation, ou de prédiction d’un futur de plus en plus anxiogène. Pourtant on sourit et rit pas mal en lisant les conflits qui se créent entre « parigots » et « péquenauds », qui devront s’entendre malgré les différences sociales de départ. 

Comment vivre quand l’électricité, l’eau et l’essence ne sont plus là, que l’économie s’est effondrée avec une agriculture qui s’était totalement modernisée, qu’il faut se protéger de pillards qui n’ont plus rien ? 

Une belle fable écologique, qui se lit facilement, mais qui interroge bien sur les enjeux du dérèglement climatique et pousse à la réflexion.

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Nicolas Vanier
C’est le monde à l’envers !
Éditions XO
2022

Ceci n’est pas un fait divers

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Littérature française
Par Sylvaine Micheaux

Des faits divers font la Une des journaux télévisés ou autres quasi chaque jour. Un accident grave, un père ou une mère qui tue son enfant, un homme – ou une femme mais c’est bien plus rare – qui tue son conjoint. On en parle un jour ou deux et on passe à un autre fait divers. Un ou deux ans plus tard a lieu le procès et, pour peu que la peine soit à la hauteur de l’acte, on se dit que justice est faite et que la famille et les amis de la victime vont pouvoir tourner la page et se reconstruire. Vraiment ?

Le narrateur de Ceci n’est pas un fait divers, 19 ans, qui a intégré le corps de ballet de l’Opéra de Paris, voit arriver son rêve de toujours : devenir Premier Danseur. Pour cela, il vit sur Paris depuis cinq ans tandis que ses parents et sa petite sœur de 13 ans, Léa, sont restés dans la banlieue bordelaise. Mais un coup de fil de Léa en état de choc vient mettre fin à ce rêve : « Papa vient de tuer Maman ». Il va prévenir leur grand-père pour qu’il vienne au secours de Léa et sauter dans le premier train.

Le récit va alterner le présent – la sidération devant la scène du drame, la confrontation avec les policiers puis la justice, le quasi mutisme de Léa qui a vu son père assassiner sa mère de 17 coups de couteau, la difficulté à aider la petite sœur qui sombre petit à petit, l’incrédulité de voir leur maison inaccessible durant plusieurs mois puisque scène de crime – et le passé qui remonte par bribes dans la mémoire du narrateur et qui identifie petit à petit les signes de la montée de la violence morale et physique.

Pas de happy end dans ce roman qui parle moins de la victime que des trois survivants, le fils et le grand-père qui n’ont pas vu le drame arriver et qui vont entourer du mieux qu’ils le peuvent Léa.

C’est une histoire qu’on ne lâche pas. Comme toujours, Philippe Besson a une écriture fine et précise, nous décrivant les multiples sentiments qui traversent le narrateur et sa famille, la sidération, la peine, le désarroi, la culpabilité puis la colère, sentiments qui amènent Léa à la limite de la folie. Et si la maman est la victime première, sa famille l’est tout autant.

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Philippe Besson
Ceci n’est pas un fait divers
Éditions Julliard
2023

Les Enfants des riches

Wu Xiaole, Les Enfants des riches, Rivages, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

Nous sommes de nos jours à Taïwan. Chen Yunxian, d’origine modeste, est obsédée par la réussite, la sienne puis celle de son fils Peichen qui entre à l’école primaire. Elle est plutôt frustrée d’avoir fait un mariage qui devait lui garantir une certaine aisance financière, les beaux-parents possédant deux grands appartements et l’un des deux devant revenir au jeune couple. Hélas pour eux, suite à des dettes de jeux, l’appartement leur échappe.

Pourtant tout semble s’éclaircir quand le jeune couple est invité par le patron de monsieur et que leurs jeunes fils se lient d’amitié. Le boss décide d’offrir les frais de scolarité pour inscrire Peichen dans la grande école privée de son propre fils, et la femme du patron se montre amicale avec Chen. Chen trouvera-t-elle sa place dans ce cercle privilégié dont elle rêvait, ou y perdra-t-elle son âme ?

Nous voilà plongés dans la société très hiérarchisée de Taïwan, faite de connaissances et de passe-droits, où il faut à tout prix soigner sa réputation, en compétition permanente, où on demande toujours plus à des enfants de 6 ans car la réussite scolaire, passeport pour des études dans de grandes universités américaines, est indispensable. 

À part Peichen, les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, ni attachants ; on se perd un peu dans les noms car, à Taïwan, toute personne a deux prénoms, un chinois et un anglais, et l’auteur les utilise à tour de rôle. Mais on pénètre dans un monde dur, décrit admirablement et assez fascinant.

Catégorie : Littérature étrangère (Taïwan). Traduction : Lucie Modde.

Lien : chez l’éditeur.

L’amour de ma vie

Rosie Walsh, L’amour de ma vie, Les Escales, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

Derrière ce titre à l’eau de rose se cache un roman plein de suspense, ni policier ni thriller, mais qu’on ne lâche pas. Emma, mariée à Léo, journaliste en nécrologie (eh oui, cela existe !) dans un grand quotidien anglais, et maman d’une petite Ruby, est chercheuse en biologie marine et possède une petite notoriété dans ce monde-là. Quand après quatre ans d’angoisse et de traitements, le médecin leur annonce qu’Emma est enfin en rémission de son cancer, tout l’avenir s’éclaircit enfin. Mais Léo, parce que c’est son métier et pour conjurer le sort, décide d’écrire la nécrologie de son épouse. Hélas, le passé de sa femme ne correspond pas à ce qu’elle lui en a dit. Qui est-elle vraiment ? Tout n’est-il que mensonge ?

Un page-turner très efficace. Un bon moment de détente.

Catégorie : Littérature étrangère (Grande-Bretagne). Traduction : Caroline Bouet.

Lien : chez l’éditeur.

L’ambition du bonheur

Katharina Fuchs, L’ambition du bonheur, JC Lattès, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

Anna et Charlotte, les deux grands-mères de l’autrice, sont toutes deux nées en octobre 1899 et se rencontreront à la fin du récit lors du mariage de leurs enfants. Anna est née pauvre dans une famille nombreuse vivant dans une petite ferme de la forêt de la Sprée. Pour soutenir financièrement sa famille, elle entre très jeune en apprentissage chez une couturière. À la fin de la Première Guerre mondiale, elle part tenter sa chance à Berlin. Charlotte, elle, est la fille d’un gros propriétaire terrien, près de Leipzig, qui, avec un bon sens des affaires, s’agrandit rapidement. Fille unique, elle ne rêve que de diriger le domaine, et son père, lui, cherche un gendre qui pourra le faire.

On suit à tour de rôle les deux jeunes femmes dans la première moitié du vingtième siècle. La saga est addictive, le récit est fort et émouvant. Elles deviennent épouses et mères, doivent faire des choix décisifs et surtout affrontent deux guerres mondiales, qui modifient beaucoup le rôle des femmes dans la société. 

Le plus grand intérêt du roman est de passer de l’autre côté du miroir, car si on connaît plutôt bien l’Histoire de ces années du côté français, on découvre là ce qu’ont vécu les civils allemands, la peur, la faim, l’armistice de 1918 et la dette démesurée que les alliés font peser sur la nation allemande, la crise de 29, la montée du nazisme et la manière dont il va prendre la main sur la société allemande, jusqu’à la défaite avec l’armée russe qui fond sur Berlin.

Une histoire passionnante.

Catégorie : Littérature étrangère (Allemagne). Traduction : Céline Maurice.

Lien : chez l’éditeur.

Chef

Gautier Battistella, Chef, Grasset, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

« Si l’on mesure la grandeur d’une civilisation à sa capacité de produire et de chérir des choses a priori inutiles, la France aura été sans nul doute l’une des plus triomphantes et des plus raffinées », ainsi commence le roman de Gautier Battistella, ancien journaliste gastronomique au guide Michelin.

Paul Renoir – chef imaginaire mais condensé de chefs existants – est à la tête d’un restaurant trois fois étoilé et vient d’être nommé meilleur cuisinier du monde. Une équipe de télévision Netflix le suit mais, le dernier jour de tournage, Paul a disparu. Il vient de se suicider avec son fusil de chasse.

On va suivre en parallèle le récit – par Paul lui-même – de l’ascension souvent chaotique de ce grand chef, et l’après-décès pour sa famille et sa brigade au restaurant. On partage la pression toujours plus forte pour atteindre les étoiles, les difficultés financières tant il est difficile d’équilibrer les comptes quand on désire la perfection. Un monde dur, avec des coups bas ; la cruauté de ce milieu ; une bataille entre cuisine traditionnelle et modernité mais des menus extraordinaires qui vous font saliver rien qu’en les lisant.

Il n’y a jamais eu autant d’émissions culinaires à la télévision française. Battistella nous montre l’envers du décor, qu’il connaît bien, la difficulté de ce métier passion, souvent violent, qui laisse peu de place à la famille.

Catégorie : Littérature française.

Lien : chez l’éditeur.

Les Ravissantes

Romain Puértolas, Les Ravissantes, Albin Michel, 2022

— Une brève de Sylvaine Micheaux

1976. À Saint Sauveur, petite ville d’Arizona, le calme est troublé depuis un an par l’installation d’une communauté hippie, dirigée par un gourou se proclamant être la réincarnation de Jésus Christ. Quand trois adolescents disparaissent en une semaine, tous les regards et les accusations se tournent vers ces marginaux, mais la vérité pourrait être toute autre… Entre policier et roman d’atmosphère, bonne intrigue, fin surprenante.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Lien : chez l’éditeur.

Les poupées

Alexis Laipsker, Les Poupées, Michel Lafon, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

Six corps trouvés dans une chapelle abandonnée, dans une mise en scène jamais vue. Tueur en série ?

Venturi, commissaire « brut de décoffrage », surnommé Le Cow-boy, l’as de la PJ, mais sous le coup d’une inspection de l’IGPN, est chargé de l’enquête, aidé par une jeune psychologue et criminologue, Olivia , douce mais efficace.

Une enquête à cent à l’heure, des chapitres courts, nous menant sur les traces du tueur à un rythme soutenu, nous conduisent aux limites de la folie de ce tueur méticuleux. Bref, un excellent polar qu’on ne quitte pas, un duo d’enquêteurs original, une intrigue palpitante et angoissante, et une fin inimaginable.

Par un nouvel auteur qui commence à faire son chemin dans la littérature noire française.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

Ouvre ton aile au vent

Eloi Audoin-Rouzeau, Ouvre ton aile au vent, Phébus, 2021

— Par Sylvaine Micheaux

Il y avait les romans post-attentats, il y a maintenant les romans post-pandémie.

Paris 2049. Vingt ans auparavant, une pandémie type virus aviaire, qu’on ne nomme que comme « les Événements », a décimé des millions et des millions de personnes. Désormais, les oiseaux sont persona non grata ; interdiction de les élever, de les consommer, et ils ne survivent que dans de petites îles abandonnées par les humains. L’Union européenne n’existe plus ; nous sommes revenus au franc-neuf, gouvernés par un président-dictateur à vie ; la pauvreté et la corruption règnent en maîtres.

Mais tous les ans, le 31 octobre, une espèce de kermesse est organisée : un canard d’élevage est lâché au-dessus de Paris. Celui qui l’attrape à mains nues et en vie aura non seulement le droit de le déguster à la Tour d’Argent en tête à tête avec le Président, mais surtout touchera un énorme chèque le mettant à l’abri pour plusieurs mois. Les jeux du cirque peuvent commencer, l’excitation et la violence sont partout, tous les coups sont permis.

Et si quelques personnes, ayant gardé un soupçon d’humanité, mettaient quelques grains de sable dans l’organisation de cette course-poursuite ?

Les débuts de ce roman sont un peu poussifs, mais très vite on est pris par cette folle histoire, cette fable sur la transformation de notre société, de plus en plus individualiste et violente. Un premier roman original.

Ce roman fait partie de la sélection du prix Lire Élire des Bibliothèques Pour Tous Nord Flandre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur ; les Bibliothèques pour tous.

Soleil amer

Lilia Hassaine, Soleil amer, Gallimard, 2021

— Par Sylvaine Micheaux

En 1959, en Algérie, Saïd, marié à Naja, père de trois petites filles, est recruté par l’industrie automobile et est envoyé en région parisienne. Sa famille ne le rejoindra qu’en 1964, après la fin de la guerre d’Algérie. Si les débuts sont très durs, beaucoup d’ouvriers étrangers se tournant vers l’alcool pour tenir le choc face au travail à la chaîne déshumanisé et à la solitude, l’ordinaire semble s’améliorer quand on leur octroie un HLM dans une cité flambant neuve. Naja se retrouve de nouveau enceinte mais garder l’enfant serait difficile vu leur pauvreté…

C’est une chronique plus amère que douce qui s’étale des années 60 à la fin des années 80, sur l’insertion difficile des Algériens en France, sur la dégradation rapide des cités, si jolies au départ, et surtout sur la vie de ces petites filles, nées en Algérie mais grandissant en France, leur difficulté à trouver leur place entre modernité et tradition, parfois confrontées au mariage forcé ; de ces enfants, garçons et filles, qui essaient de prendre l’ascenseur social mais sont confrontés à toujours plus d’obstacles.

Un roman qui se lit d’une traite. Petite réserve quand même : autant j’ai trouvé les années 60 passionnantes et bien traitées, autant je regrette que les périodes suivantes aient été plutôt survolées.

Ce livre fait partie de la sélection du Prix Lire Élire des Bibliothèques Pour Tous Nord Flandre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur ; les Bibliothèques pour tous.

Le carnet des rancunes

Jacques Expert, Le carnet des rancunes, Calmann-Levy, 2022

— Une brève de Sylvaine Micheaux

La vengeance est un plat qui se mange froid, très froid. Un comptable insignifiant, souvent harcelé et humilié, décide de se venger pour ses 50 ans – tout est noté dans son carnet, rien n’est oublié.

Intrigue addictive, fin surprenante.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

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