Le Calamity Club

—

Littérature américaine
Par François Lechat

Au fond, la seule chose qui me retient de crier au chef-d’œuvre, à propos de ce livre, c’est qu’il reste drôle et léger alors qu’il traite de sujets graves. Il y est en effet question de domination masculine, de maltraitance envers une orpheline placée en institution, de racisme, d’hypocrisie religieuse, de répression de l’homosexualité, de misère sociale, et j’en passe. Mais les trois héroïnes autour desquelles tourne ce roman (riche par ailleurs de formidables personnages secondaires, dont une vieille dame moins coincée qu’il y paraît) font preuve de tant d’énergie, d’audace et d’humour que la couleur dominante est celle de l’optimisme.

Pour cadrer quelque peu, disons que tout se déroule autour d’une petite ville du Mississippi, en 1933, en pleine crise économique et au moment où sévit la prohibition de l’alcool. Une toile de fond propice à évoquer de nombreux aspects de la vie quotidienne, de l’inflation à la ruine du commerce en passant par l’âpreté des banquiers, mais au fil d’une trame romanesque pleine de suspense, d’émotion et de rebondissements, très bien dialoguée et sans temps mort.

Plaisir de lecture garanti, sans aucun préjudice pour l’intelligence, qui se nourrit d’une cascade de bons mots et de formules chocs. Quant à la nature du Calamity Club qui donne son titre au livre, mieux vaut la deviner en cours de lecture, c’est plus réjouissant.

*

Kathryn Stockett
Le Calamity Club

Éditions Robert Laffont
2026

Voir également Les Trois Rivières pour un deuxième coup de cœur.

Un Site WordPress.com.

Retour en haut ↑