Les Trois Rivières

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Littérature américaine
Par François Lechat

Par coïncidence, après avoir lu Le Calamity Club, je suis passé à ce roman qui se déroule aussi dans le Mississippi, mais qui donne cette fois un rôle crucial au fleuve.

Au troisième et dernier jour de ce récit très dense, en effet, tous les personnages se retrouvent dans une même zone en proie à un déluge sans précédent, point d’orgue d’une montée en tension presque étouffante, qui fait à la fois regretter que le roman soit fini, tant il était prenant, et s’en réjouir, tant il était indispensable de respirer un peu. J’ai rarement ressenti une telle onde de choc à la dernière page d’un livre.

Il faut dire que les protagonistes, peu nombreux et unis par des liens complexes, doivent poser des choix difficiles, sur fond de vies abîmées et d’émotions difficiles à contenir. Et que les gestes posés par les uns risquent, sans le vouloir, de mettre les autres en danger, alors que tous mériteraient de s’en sortir sans dommage.

En articulant, sur un bref laps de temps, les destins contrariés de ces personnages très charnels, parfois un peu folkloriques, presque toujours à fleur de peau, l’autrice fait naître de l’angoisse pour chacun d’entre eux, même pour ceux qui paraissent a priori moins attachants. Et elle parvient à dessiner des parcours d’émancipation dans un cadre qui paraissait cadenassé, en ce qui concerne les femmes. Un tour de force, donc, soutenu par une Nature omniprésente, dont le souffle et les désordres participent au récit.

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Tiffany Quay Tyson
Les Trois Rivières

Éditions Sonatine
2026

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