Le règne de la nuit

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Littérature britannique
Par François Lechat

Traiter des sujets graves de manière légère : c’est le propre de Kate Atkinson, surtout dans ce dernier livre.

Londres, après la Première Guerre mondiale, est pourtant une ville peu recommandable, dans laquelle des jeunes filles disparaissent en série et ne reviennent pas, ou alors à l’état de cadavres rejetés par la Tamise. Or deux jeunes fugueuses vont y tenter leur chance dans l’espoir de percer dans le monde du spectacle, qui n’est jamais loin, dirait-on, de celui de la nuit et de la prostitution, qui lui-même attire des privilégiés jouisseurs et des flics véreux…

Pour la légèreté, paradoxalement, Kate Atkinson met en piste un policier consciencieux — mais maladroit avec les femmes, un peu ridicule aux yeux de ses collaborateurs et prisonnier d’une épouse dépressive. Elle lui adjoint une bibliothécaire, ancienne infirmière de guerre, qui va se découvrir des ressources insoupçonnées. Et il lui en faudra pour s’attaquer, avec le policier, à une matriarche au caractère bien trempé et qui règne sur des boîtes de nuit notoirement louches avec l’aide, parfois calamiteuse, de sa progéniture.

Même si Kate Atkinson installe une certaine tension dramatique, tout ceci va donc plutôt vers la comédie. Et c’est encore davantage le cas avec les interventions de l’autrice, qui nous offre un festival de parenthèses ironiques, de flèches acérées et d’allusions perfides. Des meurtres en pagaille et de l’humour à froid : so british !

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Kate Atkinson
Le règne de la nuit

Traduction : Colin Reingewirtz
Éditions Christian Bourgois
2025

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