Le dîner

Littérature américaine
Stylo-trottoir de Catherine Chahnazarian

Elle tient une boutique de vêtements et d’objets de seconde main. À certaines heures, c’est si calme que, sans un livre, elle s’ennuierait ferme. Elle a essayé La femme de ménage, qu’elle a trouvé « pas mal, sans plus, mais juste bien pour lire assise à la caisse de la boutique en attendant le client ». Et là, elle lit Le dîner, de Freida McFadden.

– C’est un livre un peu spécial. On doit faire des choix. Par exemple, si vous acceptez l’invitation, vous devez lire tel chapitre ; si vous refuser, vous devez lire tel autre. Au début, ça m’énervait. Mais maintenant ça m’amuse plutôt. En tout cas, dès que quelqu’un entre, je pose mon livre sans que ça m’ennuie de devoir le laisser, vous voyez ? Avant j’essayais de lire des romans policiers plus… [Je suggère « complexes »] Complexes. Mais j’en voulais aux clients qui me dérangeaient dans mon livre ! C’est pour ça que maintenant je lis ceci. Mais c’est vraiment bizarre. Je ne suis pas sûre d’aimer la méthode… [Elle me montre le renvoi, à la fin d’un chapitre, vers les pages correspondant au choix du lecteur.]

Et après ça, que lira-t-elle ?

– On m’a offert un roman de ce médecin légiste…
– Philippe Boxho ?
– C’est ça. Je vais essayer…
– Ça devrait aller, pour lire à la caisse de la boutique.

Tout est question de goût mais aussi de circonstances.

Et ça m’a rappelé quelqu’un qui m’avait un jour lancé (c’était très injuste, d’ailleurs, car complètement faux à l’époque, mais maintenant c’est vrai) :  « Vous vous prenez pour une intellectuelle, mais je sais bien que vous regardez TF1 ! »

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Nos critiques de Freida McFadden et Philippe Boxho. Nos stylos-trottoirs.

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