Stupeur

Littérature étrangère (Israël)
Par Marie-Hélène Moreau

C’est un livre dense, ambitieux. Un livre qui parle de culpabilité, de couple, d’engagement, de relation filiale et d’Israël, hier et aujourd’hui. Ce livre parle de tout cela en même temps, en une savante imbrication entre l’intime et l’histoire avec un grand H. Dense et ambitieux, donc.

Peu après le décès de son père, un homme qui s’est toujours montré distant avec elle, Atara, architecte en patrimoine d’une cinquantaine d’années, cherche à contacter Rachel, la première épouse jusqu’alors inconnue de cet homme. Combattante contre l’occupant anglais auprès de son père dans les années quarante, cette femme désormais âgée lui dévoilera l’origine de son prénom, replongeant du même coup dans ses propres souvenirs, entre engagement, renoncement et désillusion. Profondément bouleversée par cette rencontre, Atara, déjà fragilisée par ses problèmes de couple et le retour compliqué de son fils du service militaire, vivra alors un drame personnel dont elle ne pourra s’empêcher de s’attribuer la responsabilité.

La plume subtile de Zureya Shalev parvient à merveille à tisser les fils de cette double histoire de femme, l’une représentant le passé, du temps où Israël n’était pas encore un État, l’autre, le présent dans un pays chaotique et déchiré. Chaotique et déchiré comme la vie de ces deux femmes qui, bien que ne se connaissant pas, se sentent profondément liées. Exigeant, mais passionnant !

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Zeruya Shalev
Stupeur

Traduction : Laurence Sendrowicz
Éditions Gallimard
2023

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