Le dîner

Littérature américaine
Stylo-trottoir de Catherine Chahnazarian

Elle tient une boutique de vêtements et d’objets de seconde main. À certaines heures, c’est si calme que, sans un livre, elle s’ennuierait ferme. Elle a essayé La femme de ménage, qu’elle a trouvé « pas mal, sans plus, mais juste bien pour lire assise à la caisse de la boutique en attendant le client ». Et là, elle lit Le dîner, de Freida McFadden.

– C’est un livre un peu spécial. On doit faire des choix. Par exemple, si vous acceptez l’invitation, vous devez lire tel chapitre ; si vous refuser, vous devez lire tel autre. Au début, ça m’énervait. Mais maintenant ça m’amuse plutôt. En tout cas, dès que quelqu’un entre, je pose mon livre sans que ça m’ennuie de devoir le laisser, vous voyez ? Avant j’essayais de lire des romans policiers plus… [Je suggère « complexes »] Complexes. Mais j’en voulais aux clients qui me dérangeaient dans mon livre ! C’est pour ça que maintenant je lis ceci. Mais c’est vraiment bizarre. Je ne suis pas sûre d’aimer la méthode… [Elle me montre le renvoi, à la fin d’un chapitre, vers les pages correspondant au choix du lecteur.]

Et après ça, que lira-t-elle ?

– On m’a offert un roman de ce médecin légiste…
– Philippe Boxho ?
– C’est ça. Je vais essayer…
– Ça devrait aller, pour lire à la caisse de la boutique.

Tout est question de goût mais aussi de circonstances.

Et ça m’a rappelé quelqu’un qui m’avait un jour lancé (c’était très injuste, d’ailleurs, car complètement faux à l’époque, mais maintenant c’est vrai) :  « Vous vous prenez pour une intellectuelle, mais je sais bien que vous regardez TF1 ! »

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Nos critiques de Freida McFadden et Philippe Boxho. Nos stylos-trottoirs.

Les morts ont la parole

Mini-série Best-sellers
Littérature francophone (Belgique)
Par François Lechat

Depuis la parution de ce premier recueil de souvenirs d’un médecin légiste, Philippe Boxho est devenu un phénomène d’édition. Il a même figuré dans le top 10 des livres de « non-fiction » avec trois titres simultanément ! Comme si rien n’était plus délectable que de lire des histoires de morts violentes, de suicides plus ou moins manqués, de crimes soi-disant parfaits, d’analyses et de dissections…

Le thème, bien entendu, est accrocheur, et j’ai lu le premier Boxho avec un certain plaisir. On apprend forcément une foule de choses, il y a des anecdotes sidérantes, et pas de mauvaise graisse : l’auteur va droit au but (si l’on excepte quelques réflexions vaguement philosophiques qui tiennent en une phrase parfaitement banale). C’est divertissant, et instructif sans être exagérément truffé de termes techniques. Et Philippe Boxho, qui vit et travaille à Liège, en Belgique, prend bien soin de ménager son lectorat franco-belge en précisant ce qui distingue les deux pays dans le domaine de la médecine légale.

Pour autant, il faut dire que ce professionnel bardé de titres d’excellence (professeur d’université, membre de l’Académie royale de médecine…) écrit avec une platitude déconcertante. C’est sans doute voulu, pour créer un courant de sympathie malgré la noirceur du sujet, et cela marche. Mais, ajoutée à de petites fautes de langue, à des procédés répétitifs et à des maladresses, cette platitude situe le premier livre de Boxho au degré zéro de la littérature : en comparaison, Freida McFadden fait figure de styliste ! Pour autant, ne boudez pas votre plaisir si le thème vous intéresse.

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Philippe Boxho
Les morts ont la parole

Kennes Editions
2022

Existe aussi en Livre de poche

Titres parus à ce jour : Les morts ont la parole (2022), Entretien avec un cadavre (2023), La mort en face (2024), La mort c’est ma vie (2025).

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