Une fille sans histoire

Constance Rivière, Une fille sans histoire, Stock, 2019

Par Sylvaine Micheaux.

Ce premier roman de Constance Rivière est une vraie réussite.

Adèle, jeune femme de 25 ans, vit quasi enfermée dans son appartement situé près de la salle du Bataclan, triste, solitaire, inexistante et presque invisible, surtout depuis le décès de son père, la seule personne pour qui elle comptait un peu. Sa seule distraction, assise le soir devant sa fenêtre ouverte, est de scruter ses voisins dans leur appartement éclairé, imaginant leur intérieur et leur inventant une vie. Mais ce soir de novembre 2015, le calme de la nuit est troublé par le bruit des sirènes des pompiers et de la police. Intriguée, Adèle finit par allumer la télévision et découvre les attentats sur Paris dont celui du Bataclan si proche. Le lendemain, sur l’écran, une maman italienne brandit la photo de son fils Mattéo, dont elle est à la recherche. Adèle connaît un peu Mattéo, un étudiant des Beaux-Arts, gentil, souriant, et qui laissait parfois des esquisses sur les nappes en papier du petit bar où la jeune fille a été serveuse quelques mois.

Mue par un besoin irrésistible et incompréhensible, Adèle se précipite à l’École Militaire où se regroupent les familles des victimes en attente de nouvelles ; mais pour pouvoir y entrer, elle invente dans l’urgence une histoire d’amour, toute nouvelle et encore secrète, avec Mattéo, et un rendez-vous avec lui, chez elle après le concert. Ainsi commence, pour Adèle, le plus grand rôle de sa vie.

Ce roman est l’histoire d’Adèle, écrite à la troisième personne, entrecoupée des témoignages, écrits à la première personne, d’un bénévole psychologue de la Croix Rouge et de la mère de Mattéo. Bien qu’on sache dès les premières pages la chute de l’histoire, on est happé par le récit, par ce destin singulier, et on ne veut qu’une chose : comprendre le pourquoi, le comment et savoir jusqu’où la jeune fille va aller.

L’écriture est fine, précise, addictive ; rien n’est larmoyant ni sordide malgré ce sujet qui devient courant dans la littérature actuelle – les attentats de 2015.

Un excellent premier roman, qui fait partie de la sélection du Prix Lire Élire des Bibliothèques Pour Tous Nord-Flandre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

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