Les Téméraires

Bart Van Loo, Les Téméraires, Flammarion, 2020

Par Jacques Dupont.

Sous-titré « Quand la Bourgogne défiait l’Europe », les « Téméraires » est une formidable leçon d’histoire. On y suit les tribulations des Burgondes depuis leur île danoise de Borgholm, jusqu’à leur implantation à Dijon, quelques siècles plus tard. C’est à partir de là, du XIVième siècle, que l’histoire commence à concerner de plus près les habitants du Nord de la France, de la Belgique, des Pays-Bas. D’alliances en ruptures et en réconciliations, par la guerre ou par l’héritage, Philippe Le Hardi, Jean Sans Peur, Philippe Le Bon et Charles le Téméraire vont agrandir leurs possessions, dans les Flandres et le Brabant, et ne plus cesser de s’étendre, au point que Charles le Téméraire allait de Mâcon à Luxembourg et à Amsterdam en demeurant en territoire Bourguignon.

En face, la France et l’Angleterre étaient en lutte (c’est la Guerre de Cent Ans) et le Saint Empire Germanique en embuscade. On connaît la fin : l’orgueilleux Charles le Téméraire est tué à Nancy en 1476. Louis XI met aussitôt la main sur Dijon, et c’en est fini du duché.

Fini ? Pas si sûr : sa fille, Marie de Bourgogne, épouse à Bruxelles Maximilien d’Autriche. Ils y verront naître leur petit-fils, Charles Quint. Un Habsbourg, certes, mais dont l’auteur nous montre comment il fut le dernier des Bourguignons.

Les portraits des ducs sont détaillés et saisissants, et cette histoire se lit comme un roman. On se sent comprendre une époque a priori confuse pour nous qui raisonnons sur le modèle des États Nations, et qui avons été nourris des légendes écrites pour nous y faire adhérer. Dans « les Téméraires », nous découvrons au contraire l’hétérogénéité des territoires, leur incroyable urbanisation, les relations entre les villes de Bruges, Gand, Lille et le pouvoir, qui tantôt cède des droits ou punit avec une violence inouïe. Nous voyons mieux aussi les relations d’amour, de haine et de pouvoir entre les cours de Bourgogne et de France, combien celles-ci sont étroitement mêlées avec la couronne d’Angleterre.  Il s’en est fallu de peu, à plusieurs reprises, pour que la France cesse d’exister.

Enfin, la cour de Bourgogne étonnait par son faste. On voit, dans leurs ateliers les « primitifs flamands » : Van Eyck, de la Pasture, Memling dont les œuvres illustrent ce livre magnifique, que j’ai lu d’une traite.

Catégorie : Essais, Histoire… (Belgique néerlandophone). Traduction : Daniel Cunin, Isabelle Rosselin.

Liens : chez l’éditeur.

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