Incendie nocturne

Michael Connelly, Incendie nocturne, Calmann-Lévy, 2020

— Par Anne-Marie Debarbieux

En matière de romans policiers, Michael Connelly est une valeur sûre et ce n’est pas Incendie nocturne qui démentira cette réputation. On y retrouve avec grand plaisir son héros récurrent, l’inspecteur Bosch au caractère bien trempé, désormais en retraite et victime de gros soucis de santé, mais qui néanmoins continue à suivre ou à reprendre certaines affaires en cours ou non résolues. Il a besoin pour cela d’un appui de l’intérieur, susceptible de lui fournir des documents et informations auxquels il est censé ne plus avoir accès. Et l’on retrouve avec grand plaisir également sa jeune coéquipière, l’inspectrice Ballard, récemment apparue dans ses derniers romans.

Cette fois, Bosch va s’attaquer à une affaire déjà ancienne : après les obsèques de celui qui a été son mentor, il se voit remettre par l’épouse du défunt un dossier retrouvé dans le bureau de son mari. Dossier qui évidemment n’aurait jamais dû sortir des archives de la police et qui contient tous les documents relatifs à un meurtre qui remonte à plus de vingt ans. Quel but John Jack Thomson poursuivait-il en subtilisant ce rapport ?

C’est évidemment ce que Bosch va s’efforcer d’élucider sans vraiment en avoir le droit, tandis que Ballard enquête de son côté sur le meurtre récent d’un SDF dont la tente a été incendiée alors qu’il dormait.

La grande efficacité de Michael Connelly est de faire progresser les enquêtes avec beaucoup de minutie et de justesse grâce à une excellente connaissance du fonctionnement de la police américaine. Les enquêtes sont rigoureuses, elles avancent pas à pas, et les retournements de situation sont toujours bien amenés : ils ne sont pas le fruit d’invraisemblances auxquelles on feint de croire, mais de déductions, de recherches menées avec ténacité et intelligence. Telle un puzzle, l’élucidation se met en place méthodiquement avec ce qu’il faut de travail et d’intuition. Et si les enquêtes de Bosch et de Ballard se croisent, c’est le fruit d’une logique et non d’un deus ex machina.

Quant à la personnalité attachante des deux enquêteurs et leur connivence, elles éclairent avec bonheur l’atmosphère bien sombre que confèrent au récit les bas-fonds qui sont évoqués.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; le site de l’auteur ; pour nos autres critiques de M. Connelly voir à la page C du classement par auteur.

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