Hortense

Jacques Expert, Hortense, Sonatine, 2016 (disponible au Livre de Poche)

— Par Anne-Marie Debarbieux

Un roman qui a suscité des réactions enthousiastes ou mitigées et que je classerais personnellement dans la catégorie des lectures qui, sans être inoubliables sont néanmoins intéressantes. Certes, le dénouement, objet des principales critiques, est quelque peu invraisemblable tel qu’il est présenté, mais à mes yeux il est malgré tout cohérent sur le plan psychologique (je l’avais envisagé au cours de ma lecture) et c’est cela que je retiendrai.

Comme tout thriller ce roman est de ceux qui font monter progressivement la tension et laissent vaciller les certitudes que le lecteur pensait établies. Le style, clair, dénué d’emphase et de pathos, favorise une approche que l’on pense d’abord rationnelle et qui finit pourtant par nous disperser complètement.

Sophie, jeune femme banale, sans attrait, est la proie d’un séducteur sans scrupules qui rapidement s’installe chez elle et vit à ses crochets en la méprisant. Il finit par déguerpir et Sophie se réfugie alors dans un amour maternel exclusif pour la petite Hortense qui est le fruit de son union éphémère avec un homme qui l’a bafouée. Mais le père ressurgit brutalement alors que la petite a deux ans et l’enlève. Une enquête s’ouvre qui n’aboutira jamais. Vingt ans après, quand commence le récit, la fillette et son père n’ont jamais été retrouvés.

Sophie, qui reste soutenue par Isabelle, sa seule amie, après avoir remué ciel et terre pour retrouver sa fille, vit toujours seule, fuyant toute vie sociale, presque recluse, enfermée dans sa douleur. Jusqu’au jour où elle croit reconnaître Hortense dans la rue, 20 ans après le drame. L’empathie du lecteur pour l’héroïne est alors bousculée : peut-on suivre Sophie sur une voie aussi incertaine pour ne pas dire improbable ? Mais elle a l’air tellement sûre d’elle !

C’est alors que le récit devient progressivement plus oppressant car au confort de la narration claire et nette des rapports de police succèdent la subjectivité et la pluralité des points de vue qui ouvrent des voies nouvelles et d’autres perspectives. Bientôt on s’égare et l’on remet en cause ce qui apparaissait comme acquis. Et l’auteur nous tient jusqu’à la dernière page.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur ; au Livre de Poche.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑