Enfant terrible

John Niven, Enfant terrible, Sonatine, 2015

Par François Lechat.

Voici l’histoire, pas vraiment à mettre entre toutes les mains, d’un antihéros : obsédé sexuel, ivrogne et paresseux. Mais aussi follement lucide et intelligent, ce qui nous le rend plus sympathique et intéressant que ceux qui composent son univers professionnel, le monde du cinéma décérébré à Hollywood. Et il se montrera plus vivant, aussi, que les collègues d’une université anglaise qu’il sera amené à fréquenter. Au contact de la réalité, notre homme grandira un peu, commencera à comprendre les dégâts qu’il a commis, sans se départir de son regard aigu sur ses contemporains. L’accompagner dans toutes ses péripéties, et elles sont nombreuses et fort bien racontées, ne manque donc ni de sel ni d’intérêt, même si, à deux scènes près, ce roman ne prétend pas à la profondeur. A lire quand on est d’humeur à s’encanailler en gardant mauvaise conscience. Un conseil : ne vous laissez pas arrêter par le premier chapitre, un des plus trash que j’aie jamais lus. Si certaines scènes restent crues, il n’y a plus rien de semblable par la suite.

Catégorie : Littérature étrangère anglophone (Royaume-Uni). Traduction : Nathalie Peronny.

Liens : chez l’éditeur.

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