Pactum salis

Pactum salis, Olivier Bourdeaut, Finitude, 2018

Par Brigitte Niquet.

J’avais tant aimé En attendant Bojangles, j’aurais tant aimé adorer Pactum salis, le deuxième roman d’Olivier Bourdeaut. Hélas… je cherche en vain dans ce livre une once du charme du premier et, à vrai dire, je m’y suis un peu ennuyée. Certes, Bourdeaut s’est attaché à ne pas faire un Bojangles bis et on ne peut que l’en féliciter. Il a choisi des héros diamétralement opposés, bravo. Encore faudrait-il que ces héros nous touchent quelque part, nous intéressent quelque peu et force est de reconnaître que ce n’est pas le cas. Pourtant le pari de départ ne manquait ni d’originalité ni de sel, si je peux me permettre ce jeu de mots. C’est l’histoire d’une amitié naissante entre deux hommes qu’a priori tout oppose : Jean, ex-Parisien devenu modeste paludier à Guérande, trouve un jour, effondré sur son tas de sel, un type ivre-mort qui, sacrilège suprême, a uriné sur le tas en question. Il s’agit de Michel, agent immobilier richissime, qui n’aime rien tant que se bourrer la gueule ainsi qu’étaler ses signes extérieurs de richesse. Leur rencontre explosive va donner lieu à quelques épisodes hauts en couleur dont la truculence ravira sûrement certains lecteurs – masculins sans doute, car les femmes sont peut-être moins attirées par les récits de beuveries et de castagne qui se terminent immanquablement dans le caniveau, aucun détail sordide ne nous étant épargné. Bon. Une fois, deux fois, trois fois, à la quatrième je sature, même si ces orgies semblent souder peu à peu l’improbable couple Jean/Michel, ce qui, franchement, ne me fait ni chaud ni froid, l’empathie avec ces personnages m’étant totalement impossible.

Reste la description des marais salants qui se veut somptueuse et qui l’est (à l’exception de quelques « ratages » dont j’oserai dire que la surcharge frise le ridicule). Mais hélas, cela sent trop l’exercice de style, l’écrivain qui s’écoute écrire, tout ce que j’avais reproché par exemple à Maylis de Kerangal dans Réparer les vivants, et qui lui a permis d’avoir le succès que l’on sait. C’est tout le mal que je souhaite à Olivier Bourdeaut. Pour ma part, j’attendrai son troisième livre.

Catégorie : Littérature française.

Liens : Pactum salis chez l’éditeur ; notre critique d’En attendant Bojangles ; celle de Réparer les vivants.

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