Du théâtre pour la rentrée : Pierrette Dupoyet

Pierrette Dupoyet : auteure, comédienne, dramaturge, metteuse en scène

— Par Anne-Marie Debarbieux

À 71 ans, elle l’affirme avec conviction : « Le théâtre ne peut être remplacé par rien ».

Les pièces présentées cette année au festival d’Avignon dont elle est depuis plus de 30 ans une figure incontournable du Off, parlent d’elles-mêmes : « Acquittez-la », qui évoque les violences faites aux femmes, et « Léonard de Vinci, l’éternité d’un génie », illustrent parfaitement les deux terrains d’élection de cette artiste engagée, indépendante et atypique : d’une part la dénonciation de toutes les formes d’injustices et d’atteintes à la dignité humaine, et d’autre part les personnages d’exception, écrivains souvent (Rimbaud, Vian, Sand, Camus) mais aussi artistes (Joséphine Baker), scientifiques (Marie Curie), voire politiques (Jaurès, Dreyfus), qui incarnent la lutte pour la justice et la résistance à toutes les formes d’intolérance, de répression ou d’obscurantisme. Qu’elle évoque Hugo dont les héros sont souvent des parias ou Soeur Emmanuelle luttant aux côtés des chiffonniers du Caire, Pierrette n’a qu’un combat : défendre la dignité humaine, et une seule arme : la puissance d’évocation du théâtre.

Auteure de ses textes, elle les met en scène et les interprète toujours en solo, captant son public tant par la force des mots que par une présence saisissante.

Souvent programmée à Paris au théâtre de la Contrescarpe, elle parcourt aussi la France et le monde. « Globe-trotteuse » du théâtre, elle se rend là où sa voix peut avoir un écho.

L’un de ses spectacles m’a beaucoup marquée. Il s’agit de « L’orchestre en sursis », une pièce saluée par Simone Weil et Elie Wiesel : elle y incarne Famia, pianiste et chanteuse, l’une des femmes contraintes, dans l’enfer d’Auschwitz, d’interpréter la musique de Schubert ou Beethoven pour satisfaire un auditoire de nazis incarnant la négation absolue de l’humain. Et Pierrette, soucieuse de l’universalité de la leçon à tirer de cette page d’Histoire, de conclure : « Ce n’étaient pas des Allemands, c’étaient des hommes ! »

Dans un tout autre genre, j’ai beaucoup aimé « Bal chez Balzac » : on y voit la gouvernante de l’écrivain, navrée de voir la morosité du grand homme éconduit par la comtesse Hanska, inviter des personnages de la Comédie Humaine à venir dîner pour réconforter leur créateur. Texte insolite, drôle, émouvant, qui rejoint à la fois les spectateurs familiers de Balzac et ceux qui découvrent l’écrivain par le biais de ses personnages emblématiques.

Engagés ou littéraires, tous les spectacles de Pierrette trouvent un écho dans le monde contemporain.

— Notez que « L’orchestre en sursis » et « Bal chez Balzac » sont des spectacles mais ont également fait l’objet de publications. Ce sont donc des livres !

Catégorie : Théâtre, Hommages.

Liens : le site personnel de Pierrette Dupoyet ; l’adresse où lui commander des livres : pdupoyet@wanadoo.fr ; les prochaines tournées de Pierrette ; la programmation de septembre à la Contrescarpe ; un article dans La Terrasse sur Avignon 2021.

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