Une brève libération

Félicité Herzog, Une brève libération, Stock, 2022

— Par Catherine Chahnazarian

Ce roman historique traverse, en 350 pages, Paris et l’Occupation, l’Isère et la Résistance en Vercors puis la rencontre entre les deux principaux personnages, en commençant en 1940 pour finir en 1946. Le début présente deux familles parisiennes : celle de Marie-Pierre, une noblesse insouciante et inconséquente qui fait de très mauvais choix, et celle de Simon, juive, subissant ce à quoi la première reste indifférente, obligée de fuir. La jeune fille va rester empêtrée dans les convenances que lui impose sa bonne éducation ; le jeune homme va faire ce que sa conscience et ses valeurs lui dictent, entrer dans la Résistance. Ces chemins pour le moins différents sont intéressants à suivre mais sont parcourus au pas de course, et le troisième tiers du livre est consacré à la rencontre, l’amour impossible et le happy-end. Je ne dévoile rien : Marie-Pierre de Cossé Brissac est la mère de l’autrice et Simon Nora fut son premier mari.

Comme roman biographique, c’est intéressant et irréprochable, en ce sens que la vérité des faits, des opinions et des sentiments semble parfaitement respectée — au point que l’on peut se demander si le manque de développement n’est pas un effet de la fidélité de Félicité Herzog aux témoignages qu’elle a recueillis. Mais la promotion du livre était si soutenue que je m’étonne de ses faiblesses. Comme roman historique, c’est assez frustrant, surtout si l’on s’intéresse à cette période ou si, comme moi, on croyait faire une plongée en Vercors – c’est le cas, mais sur quelques pages à peine. Déroutant aussi, car on passe de la dénonciation des mœurs d’une famille décalée aux feux de la guerre puis à un relativement banal désarroi sentimental. Fâchant, enfin, car c’est à la fois très bien écrit et plein de maladresses, qui peuvent passer inaperçues si on lit vite mais qui ne résistent pas à une lecture attentive. (Mais que font les éditeurs ?)

Une fois prévenu, on peut choisir de lire cette Brève libération pour l’éclairage intéressant sur une certaine collaboration, le cheminement humain qui mène à la résistance, et les démêlés de l’héroïne avec son milieu.

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur ; un article du Figaro sur Marie-Pierre de Cossé Brissac.

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