Propriété privée

Julia Deck, Propriété privée, Minuit, 2019

Par François Lechat.

Julia Deck s’est fait connaître en 2012 avec Viviane Elisabeth Fauville, court roman qui racontait les pérégrinations, dans le Quartier latin, d’une femme amenée à tuer son psychanalyste. Elle n’a changé ni d’éditeur ni de manière avec Propriété privée, dont l’action se situe cette fois, avec beaucoup de précision, dans un écoquartier de la banlieue est de Paris, et qui commence aussi par un meurtre – mais celui d’un chat, en l’occurrence.

J’ai lu Propriété privée juste avant Laura, d’Eric Chauvier, et l’analogie est frappante : deux auteurs français confirmés, fidèles à leur éditeur, adeptes du format court, du récit à la première personne et des fins ouvertes, et qui mêlent un suspense à un arrière-plan sociologique affirmé. Mais si Julia Deck l’emporte pour le suspense, et aussi pour l’humour (le livre commence ainsi : « J’ai pensé que ce serait une erreur de tuer le chat, en général et en particulier »), elle n’a pas osé aller au bout de son propos. Son écoquartier rempli de citoyens de bonne volonté n’est qu’un décor, et ce qui aurait pu être une étude de mœurs se focalise, avec l’arrivée de nouveaux voisins appelés Lecoq, sur une querelle de voisinage. Une belle querelle, avec des temps forts et des rebondissements, et qui conduit à soupçonner un vieil ermite d’être capable du pire. Mais une querelle malgré tout : un moment savoureux, guère plus – peut-être la base d’une mini-série télévisée…

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

Un commentaire sur “Propriété privée

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  1. Un couple de bobos parisiens qui a quitté son appartement parisien pour acheter une maison écolo dans un petit lotissement en banlieue verte à proximité du RER, descend de son petit nuage quand il se heurte à des voisins insupportables qui leur pourrissent allègrement la vie. Fin du rêve! et illusions perdues!
    Le style de l’auteure est alerte, certaines formules sont savoureuses, elle brouille savamment les pistes. Néanmoins l’intrigue est mince et la satire sociale ne m’a pas semblé d’une grande profondeur, du moins elle n’a pas réussi à susciter mon adhésion. Je l’ai lu ce livre, pourtant salué par de nombreuses critiques, sans ennui mais sans enthousiasme non plus.

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