Un flic bien trop honnête

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Policiers et thrillers
Par Marie-Hélène Moreau

Les livres de Franz Bartelt sont toujours une bien agréable récréation littéraire et celui-ci, comme toujours un brin décalé, ne fait pas exception. Auteur français prolifique récompensé plusieurs fois par la critique, il y déploie encore une fois un univers burlesque non dépourvu de poésie.

Comme l’indique fort explicitement le titre, il est question ici des aventures d’un inspecteur, le dénommé Wilfried Gamelle, un flic bien trop honnête. Depuis plusieurs années, il court derrière un mystérieux tueur en série, adepte des arrêts de bus et des passages piétons, épaulé dans cette mission par un adjoint cul-de-jatte assez peu efficace. Malheureux en amour – sa compagne vient de le quitter pour un milliardaire -, peu soutenu par un patron plus porté sur les astres que sur les méthodes d’enquêtes conventionnelles, il ne renoncera cependant jamais à sa mission, écumant les lignes de bus et procédant à mille recoupements, allant jusqu’à mesurer la taille de centaines de suspects. Sa quête l’amènera à croiser la route d’un riche aveugle amateur de faits divers et d’une jolie employée dont il tombe amoureux, mais n’en disons pas plus pour ne pas dévoiler une intrigue pleine de rebondissements.

Quelle imagination ! C’est enlevé, drôle et, pour tout dire assez délirant. À condition de ne pas aimer que le noir le plus sombre, l’amateur de thriller y trouvera son compte puisque l’enquête avance à bon pas, parsemée de nouvelles victimes et de personnages plus truculents les uns que les autres. Un excellent moment de lecture, servi par un style fluide et léger.

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Franz Bartelt
Un flic bien trop honnête

Editions du Seuil
2021

Reflex

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Policiers et thrillers
Par Julien Raynaud

Oubliez tous vos a priori sur les polars et thrillers : écriture fade et stéréotypée, mécanique un peu toujours identique, dénouement que l’on voit venir gros comme un char d’assaut… Dans Reflex, de Maud Mayeras, si l’atmosphère est sombre, la plume est de haute voltige. Il est clair que l’auteure pourrait écrire de la littérature blanche qui serait saluée. Tout est travaillé, ciselé. Exemple dans cet extrait qui ne relève pas de l’intrigue, et qui aurait donc pu être écrit à la hâte, mais qui justement ne l’est pas.

« Inventaire de la victime. (…) Les tatouages sur ses doigts. (…) Un LOVE et HATE mal encrés sur ses mains pataudes, sauf qu’à ce type-là, il manquait l’auriculaire de la main droite. Love hat. Le gars se retrouvait bêtement à aimer les chapeaux. »

Et l’intrigue dans tout ça ? Oh, vous verrez bien ! Bon, allez : un couvent lugubre, une photographe de scènes de crimes, un enfant disparu, une mère internée… Vous découvrirez le reste, et le coup de théâtre des pages 300 et 301. Et vous vous demanderez pourquoi le film n’existe pas.

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Maud Mayeras
Reflex

Éditions Anne Carrière
2013

Intrigue à Brégançon

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Policiers et thrillers
Par Florence Montségur

Voilà un roman qui plaira aux amateurs de polars et d’histoire de France. L’écriture est moderne, vive, amusante. Elle reproduit l’enchaînement plus ou moins fluide des pensées. Elle est cultivée aussi. Le roman est cultivé : le fort de Brégançon dans l’Histoire, du roi Louis à nos jours en passant par Napoléon, la Résistance, Charles de Gaulle ou Claude Pompidou.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Wandrille, plus caractérisé que Pénélope, qui est pourtant l’héroïne d’une série de Goetz depuis… Tiens ! Grasset n’indique pas les dates, c’est ballot ! Il y a aussi une, non, deux historiennes, un paparazzi sur le déclin, une éditrice et son photographe, et quelques autres personnages, tous suspects, du moins ceux qui étaient au Fort au moment du meurtre.

Il faut passer sans vergogne par-dessus certaines descriptions du mobilier du fort, qui sont pour le moins documentées mais trop longues et sans incidence sur la suite. Vous ne regretterez pas d’avoir continué. Car la construction du roman est assez géniale, même si on se demande par moments si l’auteur ne s’est pas simplement fait plaisir en racontant des pans de l’histoire du Fort et de la Provence sans doute tout à fait inutiles à l’intrigue.

Je ne crierai pas au grand roman, mais j’ai pris du plaisir à passer quelques jours à Brégançon, j’ai adoré le coup de force du Capitaine de Leusse, et j’ai eu vraiment envie de savoir où l’auteur m’emmenait. À la révélation d’un secret d’État… Peut-être.

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Adrien Goetz
Intrigue à Brégançon

Éditions Grasset
2023

Des goûts communs

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Littératures française et écossaise
Stylo-trottoir de Catherine Chahnazarian

Elles ne se connaissent pas. Elles sont assises côte à côte dans la salle d’attente, avec chacune son livre. Je les déconcentre mais, parce que je les interroge sur ce qu’elles lisent, elles se mettent à discuter et découvrent qu’elles ont des goûts communs. Toutes deux aiment beaucoup Virginie Grimaldi, Jean-Christophe Grangé (dont François Lechat avait lu La terre des morts), les polars suédois…

Mais aujourd’hui, l’une commence un nouveau Inga Vesper, dont elle vient de terminer Un long, si long après-midi (2023), sur la liberté de la femme. Elle a adoré. « Ce sont des policiers, hein, précise-t-elle, genre thrillers. »

L’autre était plongée dans Le bonheur n’a pas de rides (2019), d’Anne-Gaëlle Huon. Toutes deux connaissent bien cette autrice : elles échangent très positivement sur Les Demoiselles (2021), qui « se lit facilement » tout en étant « bien documenté, ce qui fait que c’est intéressant ».

Même remarque pour Changer l’eau des fleurs (2018), de Valérie Perrin, qu’elles ont lu et particulièrement bien aimé toutes les deux (visages émerveillés, sourires complices), et que Brigitte Niquet avait commenté sur Les yeux dans les livres.

La première a également apprécié le plus récent Valérie Perrin, Trois (2022), où plusieurs narrateurs racontent la vie de trois amis de collège sur lesquels le temps a passé.

La seconde explique qu’elle a aussi un livre du soir, qu’elle écoute en audio. Ça m’interpelle. « C’est un peu comme pour un enfant à qui on lit une histoire, dit-elle simplement. Ça m’aide à bien dormir. » Pour le moment, c’est Demain, de Guillaume Musso (2017).

Quelqu’un sort du cabinet, le médecin appelle le patient suivant, cela nous distrait, déçoit celle qui espérait que ce serait son tour, et chacune retourne à sa lecture.

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Les liens compris dans cet article renvoient vers les éditions de poche.

La série des « Poulets grillés »

Policiers et thrillers
Par Catherine Chahnazarian

Juillet 2020

J’ai dévoré les trois premiers romans de cette série de Sophie Hénaff à la suite l’un de l’autre et, le troisième à peine terminé, les personnages me manquent déjà ! Car l’humain tient, chez Sophie Hénaff, une place de choix. Ces « poulets » sont ceux d’une équipe de la police judiciaire parisienne qu’on voit grossir, se souder, et à laquelle on ne peut que s’attacher, chacun des personnages ayant ses fêlures et ses différences, et tenant un rôle spécifique dans les intrigues et les rebondissements. Rebondissements qui savent nous prendre par surprise : les actions sont comme des trébuchements, elles avancent, titubent comiquement, sont tout sauf linéaires, et c’est très bien comme ça.

Dans Poulets grillés, la brigade des Innocents se constitue, ramassis de policiers dont les autres services ne veulent pas, dirigée par la commissaire Anne Capestan, intelligente et orgueilleuse, têtue et diplomate, une excellente flic et une chef sans besoin d’autorité – c’est un exemple de lucidité et de tolérance ! On y rencontre notamment Louis-Baptiste Lebreton, grand et bel homme, droit et triste – une occasion pour l’auteure d’aborder l’homophobie sous un angle inattendu, avec une finesse remarquable.

Poulets grillés est le plus étonnant des trois romans. Peut-être du fait que quelque chose s’y construit contre toute attente ; certainement en raison de ses multiples qualités : originalité, sensibilité, justesse du ton, intelligence de la construction et j’en passe. Il mérite amplement les prix qui lui ont été attribués ! La brigade y résout sa première affaire puis…

… dans Rester groupés, alors qu’elle se croyait placardisée et juste bonne à enchaîner les parties de billards dans la « salle de jeu » du commissariat, l’équipe est plongée dans une nouvelle enquête, construite sur un modèle à tiroirs qui fonctionne parfaitement bien, avec notamment des courses-poursuite dans Paris, dont une qui m’a beaucoup fait rire, et une scène de rue (une manifestation de hooligans) exceptionnelle. Cet opus est le plus épique des trois, et la palme de l’originalité et de la drôlerie y revient sans conteste à Saint-Lô, le mousquetaire de la brigade.

D’une dynamique assez différente, Art et décès, comme son titre l’indique, se situe dans le milieu du cinéma – à peine caricaturé –, autour du personnage d’Eva Rosière, capitaine excentrique s’étant enrichie sur le dos de la police (je vous laisse découvrir comment). Elle est cultivée et vulgaire juste ce qu’il faut pour constituer un excellent personnage de polar ! Dans cette histoire, un bébé vient constamment interférer et participera d’ailleurs à la résolution finale – un fameux clin d’œil aux femmes seules qui jonglent au quotidien entre enfant(s) et travail. C’est l’épisode le plus burlesque, et peut-être celui par lequel Sophie Hénaff démontre définitivement qu’elle n’est pas une autrice d’occasion, que les premiers opus n’étaient pas accidentels : elle a décidément à la fois une grande capacité à caractériser ses personnages, un fameux talent de narratrice, d’excellents dialogues et un style affirmé, homogène, drôle et efficace.

Une mention particulière pour ces tout petits chapitres, un pour chaque personnage dans chaque opus, distribués ici et là au fil des occasions et qui tombent toujours juste. Impressionnistes, hors champ, inattendus, délicieux, ils atteignent leur cible à chaque fois : le cœur du lecteur.

Juillet 2023

Le temps passant, je craignais que la série s’arrête là mais – heureuse surprise ! – voici Drame de pique, dans lequel on retrouve la commissaire Anne Capestan et sa bien nommée Brigade des Innocents, un nouvel opus qui ne dément pas la réputation que s’est faite Sophie Hénaff.

Quel plaisir de revoir l’extravagante Rosière et son chien Pilou, le digne Lebreton, le malheureux Torrez, le gourmand Lewitz ou cet assoiffé de Merlot… Leurs singularités les personnalisent, leur tolérance à l’égard les uns des autres les unit, dans un commissariat qui n’a rien d’un commissariat et où, quand ils sont par miracle mis sur une affaire, ils travaillent sans moyens, souvent sans autorisation et non sans maladresse.

Cette fois, ils poursuivent un serial killer qui tue en rue en se jouant de la police, dans le contexte non fictionnel de cette vague de mystérieuses piqûres subies par des femmes dans des boîtes de nuit. Il y est question d’orgueil, de trahison, de vengeance, d’amour aussi, et des valeurs qui animent ces policiers sous leurs comportements fantaisistes et malgré les injustices dont leur brigade est l’objet : humanité, justice, engagement, gratuité.

Une excellente lecture de détente, amusante, facile, fluide, intelligente avec ses rebondissements et sa construction savante. J’adore décidément les personnages de cette série aussi bien que le style de l’autrice, sa capacité à nous faire pouffer de rire, à créer des tensions, à croquer Paris et le monde d’aujourd’hui.

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Sophie Hénaff
Poulets grillés, Rester groupés, Art et décès, Drame de Pique

Chez Albin Michel : Poulets grillés, Rester groupés, Art et décès, Drame de Pique
La page consacrée à l’autrice

Au Livre de Poche : Poulets grillés, Rester groupés, Art et décès, Drame de pique

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Lire aussi, sur un autre sujet, Voix d’extinction, de la même autrice.

Janvier noir

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Policiers et thrillers (Écosse).
Par Pierre Chahnazarian

L’inspecteur Harry (ça ne s’invente pas) McCoy mène l’enquête avec le jeune adjoint Wattie, contre l’avis de ses supérieurs, dans Glasgow gelée. En 1973.

Naviguant entre de très riches prédateurs sexuels et un âpre milieu interlope où coulent l’alcool et la came, le très très dissolu et ambivalent Harry, bien qu’effrayé par la vue du sang, ne s’en laisse pas conter, même s’il encaisse quelques mauvais coups !

Très noir foncé (avec hémoglobine en sus), ce premier polar d’une série de 12, un par mois de l’année, plaira aux amateurs du genre, mais pas aux autres à mon sens. Pour les fondus du polar noir : 3,5 voire 4/5.

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Alan Parks
Janvier noir
Éditions Rivages Noir (poche)
Traduction d’Olivier Deparis
2020

V2

Robert Harris, V2, Belfond, 2022

— Par Catherine Chahnazarian

À Scheveningen, Hollande, l’ingénieur Graf, l’un des génies allemands à avoir mis au point les célèbres V2, bombes-fusées révolutionnaires capables de faire de terribles dégâts, sent approcher la défaite. De l’autre côté de la Mer du Nord, Londres subit les bombardements. Kay en fait l’expérience un matin qui aurait dû être gai, elle qui travaille à la Women’s Auxiliary Air Force et dont la mission est justement de tenter de repérer le pas de tir des V2 sur les photos prises par les aviateurs britanniques au-dessus des côtes néerlandaises. À Malines, Belgique, les Anglais ont installé leur QG dans un soldatenheim, un foyer allemand pour soldats, abandonné. Car nous sommes fin 1944. Les SS sont partout pour « remonter le moral des troupes », mais partout où les Allemands n’ont pas encore perdu la guerre. De quinze mètres de long, transportant une tonne de charge explosive et se déplaçant à trois fois la vitesse du son, les V2 sont le dernier espoir de l’Allemagne nazie.

Passionné d’Histoire, Robert Harris possède un talent particulier pour nous y intéresser. Il la fait revivre, dans son époque et ses décors, dans ses enjeux. Il l’humanise en créant des personnages fictionnels qui l’incarnent, qui à la fois répondent aux règles efficaces du roman à suspense et éclairent les mœurs, l’idéologie, les décisions et leurs conséquences — aux côtés des personnages historiques auxquels il redonne corps. Pas de héros spectaculaires, donc, mais des personnages réalistes, couards ou déterminés, froids ou amicaux, amenés ou pas à accomplir de beaux gestes. Ainsi en va-t-il des personnages principaux dans V2, aux côtés des personnalités folles qu’avaient produites ou utilisées l’Allemagne nazie. Le suspense repose sur des éléments voire des détails très variés, et titille aussi bien notre curiosité historique que notre sens de l’amitié, nous tient en haleine aussi bien sur des questions techniques que sentimentales ou sur l’évolution psychologique d’un personnage. Robert Harris publie environ un roman par an, que je lis en deux jours ; s’il les publiait en feuilleton, je serais totalement addict.

Alors que l’Ukraine se fait bombarder sans pitié, V2 (qui a été écrit avant la guerre) prend évidemment une résonance particulière.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Anne-Sylvie Homassel.

Liens : chez l’éditeur ; toutes nos critiques de Robert Harris sont répertoriées à la lettre H du classement par auteur.

Mamie Luger

Benoît Philippon, Mamie Luger, Les Arènes, 2018 (disponible au Livre de Poche)

— Par Catherine Chahnazarian

Berthe a cent deux ans et la langue bien pendue. Si son corps ne suit plus bien, elle a toute sa tête et sait encore tirer à la carabine. Car Berthe a appris à se défendre. Cent deux ans à devoir supporter qu’une femme n’est pas censée être libre ; à devoir supporter le patriarcat, la bêtise, la brutalité, l’injustice.

Sur le ton gouailleux d’un roman ludique plein de rebondissements, Benoît Philippon dresse un portrait d’une crédibilité saisissante. Berthe se raconte sans façon et avec « une sensibilité tirée d’un puits de larmes asséchées par le temps », qui vous en tirerait par moments si l’auteur n’avait eu la gentillesse d’y mettre de l’humour (bien qu’à  la fin…). C’est tout juste supportable pour le policier qui fait face à Berthe et dont le professionnalisme est mis à rude épreuve ; et pour nous, lecteurs, qui ferions des jurés incertains.

L’équilibre entre les époques, entre les récits et les retours au présent ; l’alternance de tension et de détente, de violence et d’amour ; l’habileté à relancer l’intérêt au moment où l’on pourrait craindre un banal comique de répétition ; la crudité des scènes de sexe, qui échappent à la plus basse vulgarité par réalisme aussi bien que par humour ; la sensibilité sans la fragilité, la compréhension sans la complaisance, l’explication sans les excuses, tout cela relève d’un réel talent d’auteur qui fait oublier l’option « série B » suggérée par le titre, la couverture du Poche et la gouaille.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : aux Arènes ; au Livre de Poche.

La splendeur et l’infamie

Erik Larson, La splendeur et l’infamie, Le cherche midi, 2020 (existe en Livre de Poche)

— Par Pierre Chahnazarian

Il ne s’agit pas d’une millième bio de Churchill ! C’est la remarquable description de sa première année de guerre (la Seconde Guerre mondiale), de son entourage, des réactions américaines et nazies.

Les bombardements sur l’Angleterre, les hésitations américaines, le vol fou de Hess, les amours de sa fille, tout passe sous la plume de Larson, qui fouille et enquête comme un damné, mais nous livre à chaque fois un thriller de premier plan sans nous bassiner avec des milliers de notes en bas de page.

Chef d’œuvre comme d’hab, 5/5.

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.). Traduction : Hubert Thézenas.

Lien : chez l’éditeur ; en Livre de Poche.

Les sœurs de Montmorts

Jérôme Loubry, Les sœurs de Montmorts, Calmann-Lévy, 2021

— Par Julien Raynaud

Les trois cent quarante-trois premières pages de ce thriller de Jérôme Loubry vous raviront sans nul doute. Vous y verrez une prouesse, une réussite qui n’a rien à envier à Stephen King. Vous serez sous le charme d’un mystérieux village, où même le catalogue de la bibliothèque municipale est particulièrement original. Vous reconnaîtrez la brillante idée de l’auteur, consistant à la fin de certains chapitres à révéler ce qui arrive au même moment aux autres personnages dans le village de Montmorts. Vous trouverez l’enchaînement des chapitres juste parfait, alors même qu’alternent une histoire présente, la lecture d’un compte-rendu d’évènements antérieurs, quelques considérations scientifiques sur le cerveau humain, des lettres anonymes, et la lecture d’un blog. Là où un Dan Brown aurait interrompu l’intrigue en cours dans le seul but de vous faire tourner les pages pour découvrir la suite, Jérôme Loubry distille les éléments au moment où le lecteur en a besoin.

Pour que le lecteur reste sur ces impressions extrêmement positives, voire dithyrambiques, il aurait fallu que le roman en reste là, qu’il n’explicite aucun des mystères et laisse à chacun le soin de se perdre en conjectures. Au lieu de cela, Jérôme Loubry rajoute une cinquantaine de pages, qui donnent l’explication scientifique des événements. Malheureusement, elle est alambiquée, expédiée dans la plus grande précipitation, et c’est la déception qui domine.

Alors un conseil, lisez vraiment ce livre, il n’y a aucun doute là-dessus, mais arrêtez-vous donc à la page 343.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Lien : chez l’éditeur.

Toutes blessent, la dernière tue

Karine Giebel, Toutes blessent, la dernière tue, Belfond, 2018

— Une brève de Geneviève Petit

Tama, 8 ans, est vendue par son père marocain à une famille française qui s’en sert de véritable esclave… C’est une héroïne de la résilience. Dès les premières pages, on est captivé par son histoire, à laquelle se greffe celle de Gabriel, homme mystérieux qui tue sur commande des individus, suivant une liste bien précise.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Lien : chez l’éditeur.

La série « Grant County »

Karin Slaughter, la série « Grant County », Harper & Collins

— Une brève de Geneviève Petit

Je n’ai lu que trois livres de cette série. Il s’agit d’enquêtes policières mettant en scène une médecin légiste, Sara Linton, et son compagnon, Jeffrey, chef de la police locale. C’est prenant, parfois un peu trash mais captivant.

(Au bout du troisième on a envie d’autre chose.)

Catégorie : Policiers et thrillers (U.S.A.).

Liens : les Slaughter chez Harper & Collins ; le site de l’autrice.

Les Ravissantes

Romain Puértolas, Les Ravissantes, Albin Michel, 2022

— Une brève de Sylvaine Micheaux

1976. À Saint Sauveur, petite ville d’Arizona, le calme est troublé depuis un an par l’installation d’une communauté hippie, dirigée par un gourou se proclamant être la réincarnation de Jésus Christ. Quand trois adolescents disparaissent en une semaine, tous les regards et les accusations se tournent vers ces marginaux, mais la vérité pourrait être toute autre… Entre policier et roman d’atmosphère, bonne intrigue, fin surprenante.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Lien : chez l’éditeur.

Sigló

Ragnar Jónasson, Sigló, La Martinière, 2020 (disponible aux éd. Points)

— Une brève de Thierry Martin

Une lecture facile pour tout oublier. Sauf que des meurtres sont parfois commis. L’inspecteur Ari voudrait passer Pâques en famille. Pas de chance. Surtout pour la jeune fille qui est tombée d’un balcon.

Dépaysement garanti : Sigló est une petite ville au nord de l’Islande. C’est le point central d’une série de romans, celui-ci est le dernier.

Catégorie : Policiers et thrillers (Islande). Traduction Jean-Christophe Salaün.

Liens : chez l’éditeur ; aux éd. Points.

Les poupées

Alexis Laipsker, Les Poupées, Michel Lafon, 2022

— Par Sylvaine Micheaux

Six corps trouvés dans une chapelle abandonnée, dans une mise en scène jamais vue. Tueur en série ?

Venturi, commissaire « brut de décoffrage », surnommé Le Cow-boy, l’as de la PJ, mais sous le coup d’une inspection de l’IGPN, est chargé de l’enquête, aidé par une jeune psychologue et criminologue, Olivia , douce mais efficace.

Une enquête à cent à l’heure, des chapitres courts, nous menant sur les traces du tueur à un rythme soutenu, nous conduisent aux limites de la folie de ce tueur méticuleux. Bref, un excellent polar qu’on ne quitte pas, un duo d’enquêteurs original, une intrigue palpitante et angoissante, et une fin inimaginable.

Par un nouvel auteur qui commence à faire son chemin dans la littérature noire française.

Catégorie : Policiers et thrillers.

Liens : chez l’éditeur.

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