L’art de perdre

Alice Zeniter, L’art de perdre, Flammarion, 2017

Par Sylvaine Micheaux.

L’art de perdre est une saga familiale qui commence vers les années 1930 avec Ali, fils de pauvres paysans kabyles, qui s’engage dans l’armée française à la mort de son père, en 1942.

A la libération il redeviendra paysan dans sa Kabylie natale et sa vie va se poursuivre, avec des coups de chances et d’heureux événements, comme la naissance de son fils Hamid. En 1954, c’est le début des « évènements », et Ali va passer les années de guerre à louvoyer entre les Français et le FLN pour protéger sa famille, ses amis et son village. Il emmènera finalement sa famille en France.

Alors, après Ali, nous suivrons Hamid, le fils à qui le père ne parle jamais de l’Algérie et qui finira par presque oublier sa langue maternelle, et reniera le plus possible sa part kabyle. Sa fille Naïma, jeune femme moderne, va se replonger dans son histoire suite aux attentats de 2015 et partir à la découverte de la vie de ses grands-parents, de sa famille paternelle et de leur pays d’origine.

Alice Zeniter nous propose un très beau roman (avec une trame autobiographique puisque Alice est petite fille de harki, fille de harki, née elle aussi d’une union mixte), plein d’émotion et d’amour, même si Ali et Hamid restent muets n’ayant pas les mots pour le dire. Des personnages fracassés par l’Histoire. Un roman poignant sur l’exil, les racines, l’héritage familial, et qui permet de comprendre pas mal de faits à ceux qui étaient petits ou qui n’étaient pas nés en 1962, ou qui n’ont pas  étudié cette période de l’Histoire .

Catégorie : Littérature française.

Liens : chez l’éditeur.

3 commentaires sur “L’art de perdre

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  1. Voilà qui donne envie de lire ce livre, dont je n’aurais sans doute jamais entendu parler autrement. Bravo, Sylvaine et bravo Les yeux dans les livres !

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  2. Ca y est, je l’ai lu et c’est vraiment très chouette. J’avoue que j’avais un peu survolé l’histoire des harkis, même si je la connaissais globalement : je n’avais « que » 19 ans en 1962 et dans ma famille, on considérait, en toute bonne foi, que « les Arabes, tout de même, c’est une race inférieure ». Mais si, mais si… Bref, je n’allais pas tarder à m’intéresser à mai 68, autrement porteur à mes yeux. « L’art de perdre » m’a d’autant plus touchée qu’il traite avec beaucoup d’humanité de tout un pan de notre histoire (j’insiste sur le « notre ») trop vite gommé, oublié, voire nié, et de ses laissés-pour-compte, tout en restant constamment un roman autant qu’un témoignage. « L’art de réussir »… un livre.

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