La danse de la mouette

Andrea Camilleri, La danse de la mouette, Fleuve noir, 2014 (existe en Pocket)

Stylo-trottoir : femme, une petite trentaine d’années, dans un café.

Camilleri est un auteur prolifique : une centaine d’oeuvres ! dont toute une série avec le commissaire Montalbano comme personnage principal. Vous le connaissez peut-être à travers la série télévisée diffusée en italien sur la RAI puis en français sur France 2 ou France 3.

« Mais moi je n’aime pas trop l’acteur qui joue le commissaire à la télé, explique la jeune femme. Je le vois plus beau que ça, plus de charme, plus italien, aussi. Je préfère de loin lire les livres, et La danse de la mouette est un des meilleurs. Il y a tous les ingrédients : une disparition (celle d’un de ses brigadiers), du suspense, de la séduction, de l’humour… Il paraît que c’est mieux en italien, mais moi ça me va. On est dedans, c’est vivant, ça remplit bien son rôle de divertissement. »

Catégorie : Policiers et thrillers (Italie – Sicile). Traduction : Serge Quadruppani.

Liens : au Fleuve noir ; en Pocket ; pour en savoir plus sur l’auteur. Et, pour situer les lieux – ou si ça vous intéresse de partir sur les traces du commissaire.

Post Scriptum – 28 décembre 2018 :

Quelqu’un m’a passé un Camilleri, « Nid de vipères », au Fleuve noir (2018), en me disant « Lis ne serait-ce que l’avertissement du traducteur, j’ai jamais vu ça, il est fou. »

Effectivement. Et je tire mon chapeau aux francophones qui auraient lu ce récit dans cette traduction de Serge Quadruppani.

Il cherche à rendre en français l’impression que donnerait, pour un Italien moyen, la lecture du mélange d’italien classique et des dialectes siciliens employés par l’auteur pour faire parler ses différents personnages. Cela donne, par exemple : « la forêt inextricable dans laquelle Livia et lui s’étaient aretrouvés… » (p. 11, à la première phrase) ou, un peu plus loin, quand un agent informe le commissaire Montalbano : « Un ‘micide il y eut ! » – et le commissaire se rend sur les lieux « en suivant les ‘nstructions de Fazio… » (p.­ 15).

C’est n’importe quoi.

Catherine Chahnazarian

On la trouvait plutôt jolie

Michel Bussi, On la trouvait plutôt jolie, Presses de la Cité, 2017

Par Sylvaine Micheaux.

On la trouvait plutôt jolie, Leyli, elle n’arrivait pas de Somalie, Leyli, mais du Mali.

Elle se démène, Leyli, pour offrir une belle vie à ses trois enfants. Après avoir obtenu enfin un CDI, elle se bat pour avoir un F5 (*) car à quatre dans un F2 c’est vraiment trop petit. Mais autour d’elle sévit une tueuse (en série ?) dont les victimes mâles, après avoir subi une prise de sang, meurent vidées de leur sang. Elle, ses enfants, Jourdain Blanc-Martin, le président millionnaire d’une association d’aide aux migrants, sont dans le collimateur de la police.

Un sacré suspense, dans l’air du temps sur fond de migrations clandestines et de traite d’humains. Une fin incroyable et introuvable qui donne envie de relire le bouquin pour comprendre comment on s’est fait embarquer alors qu’on croyait avoir tout compris très vite.

Bref, un bon polar, bien écrit – Bussi, quoi ! – pour pimenter vos vacances de fin d’année.

Catégorie : Policiers et thrillers (France).

Liens : chez l’éditeur.

(*) Typologie française indiquant le nombre de pièces que contient un appartement.

Le diable en personne

Peter Farris, Le diable en personne, Gallmeister, 2017

Par François Lechat.

Si vous aimez les romans noirs sur fond d’Amérique profonde, ne passez pas à côté de celui-ci. On y trouve les ingrédients de base, des méchants vraiment méchants (un proxénète, des petites frappes, un politicien pervers et corrompu…) et des bons plus ou moins fêlés, assez complexes ou fragiles pour qu’on s’y attache. L’intrigue est d’une parfaite clarté – une jeune fille en danger de mort est recueillie par un vieil original capable de se défendre –, tout en évitant les clichés que l’on pouvait craindre. Car le héros est déroutant, avec des pratiques surprenantes et un cadre de vie générateur de scènes poétiques ou pleines de suspense. Il y a la petite ville d’à côté, aussi, avec ses commères et la déprime ambiante. Et une Amérique qui se modernise par le mauvais côté, celui du fric et de la corruption. Et puis des rapports humains compliqués, inattendus, avec ce qu’il faut de trompe-l’œil pour balader le lecteur. Et une tension permanente car, rappelons-le, une jeune fille est menacée et son protecteur par la même occasion, qui devra sortir le grand jeu pour ne pas se faire broyer. Frissons garantis, grâce à un style fluide, direct, sans fioritures, qui sonne juste et donne une saisissante impression de réalisme malgré le caractère extrême de certaines situations. Un roman d’une grande humanité et parfaitement efficace.

Catégorie : Policiers et thrillers (USA). Traduction : Anatole Pons.

Liens : chez l’éditeur.

Grossir le ciel

Franck Bouysse, Grossir le ciel, La Manufacture des Lettres, 2015

Par Jacques Dupont.

Dans un hameau perdu des Cévennes, une tragédie paysanne – deux paysans voisins, l’un d’âge mûr, l’autre presque vieillard, taiseux comme il se doit, vivant au gré des travaux et des jours. Soudain, au cœur de l’hiver, une tache de sang apparaît sur la neige.

Multiprimé, dont le prix SNCF du polar, le roman se lit d’une traite, et pourquoi pas dans un train, en traversant les déchirants paysages cévenols.

Catégorie : Policiers et thrillers (France).

Liens : Grossir le ciel en Livre de poche ; et pour ceux qui y sont inscrits, la Manufacture des Lettres sur Facebook. Voir aussi notre critique de Né d’aucune femme, du même auteur (par François Lechat).

La nuit derrière moi

Giampaolo Simi, La nuit derrière moi, Le Livre de Poche, 2017

Par François Lechat.

L’éditeur classe ce livre dans la catégorie des policiers, mais c’est en fait un thriller psychologique d’une impressionnante efficacité. Il ne faut pas y chercher de belles phrases : conformément au genre, l’écriture est directe et moderne, parfois un rien rugueuse, mais subtile aussi pour rendre l’état d’esprit de l’anti-héros que nous suivons ici. Car c’est bien d’anti-héros qu’il s’agit, avec ce Furio Guerri (un nom qui ne doit rien au hasard ?) qui nous est d’emblée présenté comme un « monstre » inquiétant, peut-être poussé par des pulsions pédophiles. Un être antipathique, ambitieux, infidèle et possessif avec sa femme. On s’identifie pourtant à lui, car dès le départ la structure narrative nous oblige à suspendre notre jugement : entre passé et présent, entre chapitres dont il est le narrateur et chapitres dans lesquels l’auteur le tutoie, on devine qu’il est plus complexe qu’il n’y paraît et l’on cherche à comprendre, à deviner. Ce qui prendra le roman entier, ou presque, au fil d’une tension croissante et de réelles surprises. Giampaolo Simi crée ici une mécanique infernale, prenante, au sein de laquelle un personnage féminin prendra une place de plus en plus importante et surprenante. Sans atteindre le niveau de Gillian Flynn dans Les apparences (la référence absolue, à mes yeux), ce thriller est une remarquable réussite.

Catégorie : Policiers et thrillers (Italie). Traduit de l’italien par Sophie Royère.

Liens : chez l’éditeur.

Conclave

Robert Harris, Conclave, Plon, 2017

Par Catherine Chahnazarian.

Comme l’indique le titre de ce roman, le pape est mort. Un pape de fiction, bien sûr, dont des cardinaux de fiction vont élire le successeur. En tant que doyen, le cardinal Lomeli doit organiser le conclave. Il prie Dieu de lui en donner la force car il n’ignore pas – comment le pourrait-il ? – que certains de ses collègues sont ambitieux, que  les conservateurs et les réformistes vont s’affronter et que plusieurs tours seront nécessaires pour que l’un des cardinaux remporte la majorité des deux tiers et soit élu.

Ce roman plein de suspense est comme étoilé d’un humour malicieux absolument délicieux. Les rebondissements vous tiennent en haleine et vous empêchent de poser le livre. On vit chaque événement dans le détail avec le cardinal Lomeli – le pauvre…

Un conclave comme si on y était. Formidable.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Natalie Zimmermann.

LiensConclave chez l’éditeur ; nos autres critiques de romans de Robert Harris sont renseignées à la rubrique « par auteur ».

Un appartement à Paris

Guillaume Musso, Un appartement à Paris, Xo, 2016

Stylo-trottoir : dans un bus, femme, une bonne trentaine d’années.

Le problème, quand on interroge une dame qui lit un thriller de l’auteur préféré des Français (encore jeune et beau), c’est qu’elle n’apprécie pas nécessairement d’être dérangée. Les réponses de celle-ci sont brèves et évasives. Si elle pouvait, elle répondrait par onomatopées, peut-être pour ne pas devoir greffer d’autres mots sur les phrases qu’elle est en train de lire, qui s’enchaînent à grande vitesse et dont le flux semble ne pas souffrir d’être interrompu. Alors qu’en ressort-il ? Ils sont deux, mais ce n’est pas un couple. Ils se sont rencontrés par hasard. Ils ne devraient pas s’entendre mais ils sont d’accord de retrouver des tableaux. Il y a des trucs durs dans la vie du peintre.

– Quel peintre ?

– Celui qui vivait dans l’appartement. Plus l’enquête avance plus c’est dur pour tout le monde : les deux héros et nous. Glaçant.

– Est-ce que c’est comme dans… [sur le coup, les titres ne me reviennent pas, c’est horrible] : on croit qu’on a compris, que le truc est ficelé, et puis ça continue quand même, c’est ça ?

– C’est ça.

Et de fait, ça se vend comme des petits pains.

– Alors, ce n’est pas un succès de réputation ?

– Ah ! Non !

Catégorie : Policiers et thrillers (France).

Liens : chez l’éditeur.

La série des Bernie Gunther

Philip Kerr, 12 romans policiers historiques dont le personnage central est Bernie Gunther, Le Masque, 1993-2017

Stylo-trottoir : autour d’une table.

Il est tellement enthousiaste que son expression est hachurée comme un électrocardiogramme qui s’affole.

– Dès la première page, t’es complètement dedans ! J’adore. C’est formidable.

Il est en train de lire La dame de Zagreb (2016), le dixième opus de la série. Il a lu tous ceux qui précédaient. Parce qu’il s’intéresse à la deuxième Guerre mondiale et que tous ces romans tournent autour du nazisme, et parce que les événements auxquels Bernie Gunther est confronté sont non seulement historiques mais très variés.

– Il peut aussi bien s’agir de la montée du cinéma à cette époque que du massacre des officiers polonais à Katyn. Il y a Gunther, et puis les autres personnages sont des personnages historiques. C’est un cynique…

– L’auteur ?

– Mais non, Gunther ! Y a plein d’humour grinçant. Lui, il est anti-nazi, mais évidemment il ne peut pas le dire à tout le monde…

Il hésite un peu, se racle la gorge, réfléchit rapidement et conclut :

– Je ne peux pas en parler. Il faut les lire !

– Il y a un autre auteur qui sévit dans le même genre et dont un journal a dit qu’il était un cran en-dessous, mais ce n’est pas vrai : Mc Callin c’est aussi bon !

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne).

Liens : Philip Kerr aux éditions du Masque ; La dame de Zagreb au Masque ; Wikipedia pour en savoir plus sur l’auteur et son oeuvre (qui ne se résume pas aux Bernie Gunther).

La Chambre d’ami

James Lasdun, La Chambre d’ami, Sonatine, 2017

Par François Lechat.

Il n’est pas facile de renouveler le genre du thriller psychologique, surtout quand on prend pour thème un triangle amoureux. L’auteur, ici, joue sur trois astuces. D’abord, il ajoute à ce triangle une dimension familiale (les liens compliqués entre deux cousins), une dimension sociale (un riche banquier face à un cuisinier en difficulté) et un suspense policier (une grosse somme d’argent qui pourrait susciter des convoitises). Ensuite, il embarque deux des membres de son triangle initial dans un autre triangle, sans perdre le troisième de vue puisque c’est le personnage principal à défaut d’être un héros. Enfin, il s’arrange pour que ces triangles n’en soient pas vraiment, car un de leurs côtés n’a pas conscience d’en être – je ne veux pas en dire plus long, évidemment. Sur cette base, James Lasdun impose son art du suspense dès les premières pages, prend ensuite son temps pour creuser les interrogations et les arrière-plans psychologiques de tout ce petit monde, et tisse sans en avoir l’air une intrigue qui culmine dans deux scènes d’une intensité inouïe, dont il semble évident que Hollywood va s’emparer un de ces jours. C’est intelligent, subtil et visuel, un peu introspectif comme souvent dans la littérature américaine. Mais c’est d’abord, sans crier au chef-d’œuvre, un parfait mariage entre le plaisir du polar (le lecteur est en position de voyeur comme l’est un des personnages) et le questionnement existentiel : plus qu’un divertissement mais tout un divertissement. Et une couverture magnifique, au toucher comme à la vue.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Claude et Jean Demanuelli.

Liens : chez l’éditeur.

Un roman de quartier

Gonzáles Ledesma, Un roman de quartier, L’Atalante, 2009

Stylo-trottoir : dans un bus, dame, anonyme, environ 40 ans.
(Qu’est-ce qu’un stylo-trottoir ?)

Ça se passe à Barcelone. Un type veut en tuer un autre – mais ce n’est pas une affaire de terrorisme, hein ! C’est une affaire de vengeance. Et ça ne se passe pas vraiment dans les quartiers touristiques… C’est un roman policier à suspense et l’ambiance est – comment dit-on ? – « interlope ». La prostitution, tout ça. Le flic qui enquête n’est pas très catholique. (L’auteur a écrit d’autres livres avec le même flic, qui s’appelle Méndez). Et le type qu’on veut tuer ne le mérite pas. Il a perdu son fils et il y a un pathétique formidable dans la manière dont il vit son deuil. Mais il n’y a vraiment pas que ça… C’est glauque, c’est noir, c’est savoureux, plein d’humour. Oui, c’est bien, j’aime beaucoup. Il se passe des choses, le cadre est prenant, les personnages ont de la consistance…

Catégorie : Policiers et thrillers (Espagne). Traduction : Christophe Josse.

Liens : chez l’éditeur. Sur cet auteur prolifique de romans populaires (espagnol).

Dictator

Robert Harris, Dictator, Plon, 2016

Par Catherine Chahnazarian.

Intrigues, alliances et désalliances, ruses diverses, coups bas et coups de maître constituent l’essentiel de l’action politique. Sauf que, lorsque l’ambition personnelle, la mégalomanie voire la folie complète s’en mêlent, les conséquences se comptent en centaines de milliers de morts. C’est ce qui arrive à la Rome de Jules César.

Il est tout à fait intéressant d’être aussi loin des résumés simplistes qu’on a pu lire sur cette époque passionnante qu’est le 1er siècle avant J.-C., d’être comme en coulisses pour apprécier les détails de l’Histoire – même si, ainsi que l’auteur le dit dans son introduction, chaque fois qu’il a fallu qu’il choisisse entre l’Histoire et la fiction, il a privilégié cette dernière. La trilogie de Robert Harris (Imperium, Conspirata, Dictator) est bien romanesque, mais elle s’appuie – sans aucune ostentation – sur une documentation absolument remarquable, et Cicéron a vécu tant d’événements importants et laissé tant d’écrits qu’il est évidemment  le personnage central idéal pour évoquer cette période. Il fait toutefois un héros bien imparfait, pas du tout identificatoire et, malgré une ambiance thriller assez réussie, on peut trouver le roman décevant de ce point de vue. Ce héros à qui il arrive plein d’aventures et qui nous a donné (surtout dans les deux premiers volumes) l’exemple de l’attaque et de la défense par la parole, dans le refus, la détestation de la violence, ce héros est aussi naïf, vaniteux, maladroit, ses succès ne durent pas, il est parfois carrément minable, souvent pathétique et, aveuglé par son goût de la politique, il s’intéresse finalement peu aux hommes. Le lecteur qui tremble néanmoins pour ce héros imparfait peut traverser ce roman avec passion; celui qui prend la distance d’une lecture plus intellectualisée peut être agacé de la multitude de rebondissements, finalement toujours un peu sur le même mode de l’amitié et de la trahison. Mais telle est l’Histoire…

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Natalie Zimmermann.

Liens : La page dédiée à Dictator chez l’éditeur; la critique (plus positive) de Conspirata sur ce blog ; nos autres critiques de romans de Robert Harris sont renseignées à la rubrique « par auteur ».

Conspirata

Robert Harris, Conspirata, Plon, 2009

Par Catherine Chahnazarian.

Robert Harris excelle dans le thriller historique. Un vrai sens de l’intrigue, une base culturellement épaisse, une fluidité admirablement soutenue par sa traductrice en français, Natalie Zimmermann. Conspirata est le 2e volume d’une trilogie consacrée à Cicéron qui débute avec Imperium (2006) et se termine par Dictator (2016).

L’auteur nous plonge dans l’antiquité romaine du 1er siècle avant Jésus-Christ et fait vivre sous nos yeux Ciceron et ses compatriotes comme si nous y étions. Tiron, secrétaire particulier de Cicéron, est le narrateur des événements. Avocat et politicien aux grands succès oratoires, son maître est un homme ambitieux qui se veut droit et juste dans une Rome partagée entre conservateurs  et populistes. Le point de vue particulier de Tiron sur l’année de consulat du grand homme et les années qui suivirent – celles de la montée en puissance de César – confère au récit une dimension humaine absolument attachante : c’est le regard d’un ami fidèle. De nombreux rebondissements et une tension réelle émaillent le récit mais ceux qui veulent des glaives et des casques à plumes resteront sur leur faim car Cicéron est un homme de réflexion et de discours, il y a plus de manigances politiques que de situations épiques, bien que le danger – y compris physique – soit omniprésent. Le lecteur peut d’ailleurs se demander comment lire. Faut-il être avec Cicéron dans les pires moments ? Comment accepter ses erreurs ? Peut-être est-ce l’occasion de s’interroger sur l’élitisme et le populisme. Il est clair en tout cas que chaque geste politique prête à conséquence, qu’il y a des ambitieux plus honnêtes que d’autres, des riches qui préfèrent le rester, des pauvres que ça révolte, des lois justes et injustes et des libertés à conquérir.

Bien utiles, la liste des personnages les plus importants et le glossaire en fin de volume, pour ceux qui n’ont pas étudié la civilisation romaine ou il y a trop longtemps.

Catégorie : Policiers et thrillers (Grande-Bretagne). Traduction : Natalie Zimmermann.

Liens : chez Plon ; en Pocket ; nos autres critiques de romans de Robert Harris sont renseignées à la rubrique « par auteur ».

Maman a tort

Michel Bussi, Maman a tort, Presses de la Cité, 2017

Par Marie-Claude Donner.

Une fillette de trois ans et demi affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman.

Pourquoi ?

Faut-il la croire ?

Un suspense psychologique, facile à lire ; juste ce qu’il faut pour les vacances.

Catégorie : Policiers et thrillers (France).

Liens : chez l’éditeur.

Quand sort la recluse

Fred Vargas, Quand sort la recluse, Flammarion, 2017

Par Catherine Chahnazarian.

Cette nouvelle enquête du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg (ou devrais-je écrire « ces nouvelles enquêtes » ?) joue un peu trop explicitement sur les bulles qu’il a dans la tête, des proto-pensées qui le taraudent et auxquelles il a du mal à accéder. Mais on retrouve avec bonheur ce personnage si particulier et si poétique, de même que ses principaux acolytes : ici Louis Veyrenc, surtout, l’ami proche, le complice ; Violette Retancourt, le fidèle lieutenant ; Voisenet, le zoologiste amateur, et Froissy, qui a toujours une tranche de cake pour les merles.

Il y a, comme souvent chez Vargas, quelque chose d’un peu faible dans l’intrigue, mais qui n’empêche pas de dévorer le livre : originalité de l’idée et de son montage, fluidité du récit, moments de vie intenses et imaginatifs dans lesquels on retrouve des joies et des peurs d’enfant, le Beau et l’abject, un rapport sain à la nature, des relations humaines en tous genres (amitié, fidélité, trahison…) et quelque chose de doux qui arrondit les angles d’une affaire policière pourtant sale – très sale.

Une fois le livre refermé, il faut se faire une raison :  il va de nouveau falloir vivre sans Jean-Baptiste Adamsberg pendant des mois, se contenter de le laisser là, allongé par terre sous son tilleul, le nez dans les étoiles, en attendant un nouvel épisode.

Catégorie : Policiers et thrillers (Belgique).

LiensQuand sort la recluse chez l’éditeur. Critique de l’opus précédent : Temps glaciaires.

Tout n’est pas perdu

Wendy Walker, Tout n’est pas perdu, Sonatine, 2016

Par François Lechat.

Ce thriller est précédé d’une réputation flatteuse, puisque Hollywood s’y est intéressé avant même sa parution. Et de fait, il pourrait donner un excellent film : le début est très prometteur, le sujet est original (la destruction puis la reconstruction volontaire de la mémoire après un traumatisme, en l’occurrence un viol odieux) et le suspense est maintenu jusqu’à la fin. L’auteure, en outre, fait montre d’une qualité typiquement américaine, le sens des dialogues et des détails qui donnent de la chair aux situations et aux personnages, qui nous font vivre l’histoire de l’intérieur, au plus près des protagonistes. Malheureusement, elle a aussi deux défauts typiquement américains. D’abord le goût de l’auto-analyse, du questionnement intérieur, encore accentué ici par le fait que le héros est un psychiatre : séduisant au début, cet aspect devient envahissant, on aurait aimé un narrateur moins bavard. Ensuite l’obsession de la culpabilité, liée à la même tradition puritaine que le premier défaut : comme toute l’humanité est issue de la Chute, tous les personnages ont leur face sombre, leur mauvaise conscience parfois excessive, tandis que le véritable salaud de l’histoire devient l’incarnation du Mal, dont la mort violente est manifestement censée nous réjouir… Ce thriller très efficace est ainsi nappé d’une sauce moralisatrice dont on se serait bien passé.

Catégorie : Policiers et thrillers (USA). Traduction : Fabrice Pointeau.

Liens : chez l’éditeur. Du même auteur, voir aussi la critique d’Emma dans la nuit (par Sylvaine Micheaux).

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